saison
nom, féminin, /sɛzɔ̃/
Définitions
Chacune des quatre grandes périodes de l'année marquées par des conditions climatiques propres.
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Période où dominent certains phénomènes atmosphériques récurrents.
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Moment de l'année où un produit ou une activité est à son apogée ou disponible.
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Fig. Période de la vie d'une personne.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (16 sens)
Littré (1873)
s. f.
Nom des quatre grandes divisions de l'année, comprenant chacune trois mois environ, et, astronomiquement, le temps employé par le soleil pour passer d'un solstice à un équinoxe ou d'un équinoxe à un solstice. Les quatre saisons de l'année sont : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver, le printemps et l'automne commençant aux équinoxes, l'été et l'hiver commençant aux solstices. Le langage ordinaire entend plus souvent les saisons dans leur sens météorologique que dans le sens astronomique ; ces saisons-là commencent un mois ou six semaines avant les équinoxes ou les solstices ; ainsi on dit qu'on est en hiver vers le 15 novembre, quoique l'hiver astronomique ne commence qu'au 20 ou 21 décembre ; on est de même en été vers le 15 mai au lieu du 21 juin, etc. Robe de demi-saison, robe qui tient le milieu entre une robe d'été et une robe d'hiver. La saison nouvelle, le printemps. La belle saison, la partie de l'année où le temps est beau. L'arrière-saison, l'automne, le commencement de l'hiver. La mauvaise saison, la fin de l'automne, l'hiver. La saison chaude, la saison froide, se dit des deux moitiés de l'année. Marchande des quatre saisons, se dit, à Paris, de marchandes ambulantes, qui, dans chaque saison, vendent les fruits ou les objets de consommation que cette saison produit ou dont elle fait naître le besoin.
Par là [la disposition de l'année, selon l'Église] toutes les saisons sont fructueuses pour les chrétiens ; tout y est plein de Jésus-Christ — Bossuet (1627-1704)
Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler — Bossuet (1627-1704)
Chez les Grecs, les trois Saisons (d'après une ancienne division de l'année), déesses qui présidaient à l'année.
Au-dessus de la tête de Jupiter, dans la partie supérieure du trône, on voit d'un côté les trois Grâces qu'il eut d'Eurynome, et les trois Saisons qu'il eut de Thémis — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Temps où dominent certains états de l'atmosphère. La saison des pluies, des frimas. La morte saison, la saison où la terre ne produit rien. Fig. Saison morte, morte saison, temps de l'année où une industrie chôme.
La lune, à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies — Pascal (1623-1662)
S'il [le roi] marchait au milieu des hivers, l'oraison de cette princesse pénétrait les nues pour lui préparer les saisons — Fléchier (1632-1710)
Époque de l'année où se fait une culture, où la terre donne telle ou telle production. La saison des fleurs, des semailles, des foins, des vendanges. Des légumes de la saison. La saison est avancée, les fruits de la saison sont plus avancés dans la maturité qu'ils ne le sont d'ordinaire à pareille époque. La saison des perdreaux, des cailles, des bécasses, etc. le moment de l'année où ces oiseaux abondent le plus, sont les meilleurs à manger. Poissons de saison, ceux qui ne paraissent sur les côtes que dans certaines saisons, ou dont la chair est meilleure en certaines saisons.
La saison des amours, le temps où les oiseaux entrent en amour.
Dans cette espèce [les perdrix rouges], qui est très lascive, les mâles se battent entre eux avec acharnement dans la saison de l'amour — Buffon (1707-1788)
La durée variable pendant laquelle il convient de prendre certaines eaux thermales. Une saison de Vichy.
Le temps de l'usage du remède s'appelle une saison ; la durée d'une saison est de vingt-sept jours — Diderot (1713-1784)
Temps favorable pour faire quelque chose. Faire ses provisions dans la saison. En temps et saison. Fig.
Les productions de la nature.... leur sont presque toujours présentées défigurées ou à contre saison — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
La saison favorable pour voyager dans l'intérieur de l'Afrique est depuis février jusqu'en septembre — Raynal (1713-1796)
En général, moment, circonstance. De saison, en opportunité, convenable. Il est saison de, il est temps de. Il n'est pas saison, est-il saison de, il n'est pas temps de, est-il temps de. Il n'est saison que de, avec un infinitif, la saison ne permet que de. Hors de saison, inopportun, qui ne convient pas.
Elles en avaient remis l'exécution au retour de Mme la princesse ; mais elles s'avisèrent depuis de ne pas différer plus longtemps, et qu'il ne fallait pas remettre des supplices à une saison qui devait être toute destinée à la joie — Voiture (1597-1648)
Ne t'épouvante point, tout vient en sa saison — Pierre Corneille (1606-1684)
âges de la vie. La première saison de la vie, la jeunesse. La dernière saison de la vie, la vieillesse. On dit dans le même sens : la belle saison ; la saison des plaisirs, des amours ; l'arrière-saison. Vie. Époque. Saison tardive n'est pas oisive, les printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat où les retours du froid sont habituels et funestes.
Vous entrez maintenant dans la belle saison de l'homme — Molière (1622-1673)
Homme, vante moins ta raison.... Aussi faible que toi, dans ta jeune saison Elle est chancelante, imbécile — Mme Deshoulières (1638-1694)
Étymologie : Wallon, sauhon ; prov. sazo ; espagn. sazon ; port. sazão ; du latin sationem, action de semer, de serere, semer, sata, les fruits de la terre, satus, fils. La série des sens est action de semer, temps propice aux semailles, puis temps propre à n'importe quoi, puis enfin les époques diverses de l'année. L'italien dit stagione, et l'espagnol, outre sazon, dit estacion. Scheler part de là pour mettre en doute l'étymologie par sationem ; il remarque qu'il est bien difficile que les langues romanes aient eu pour saison deux dénominations aussi voisines que saison et stagione, et cependant radicale
Historique : XIIe s. Quant li estez et la douce saisons Font foille et flour et les prés raverdir La folie [d'amour] Dont je m'iere [étais] gardez mainte saison Et la guerre dura tante mainte saison XIIIe s. Li rois Richars.... atourna son oirre [expédition] à grant esploit ; car il n'atendoit fors la saison dou nouviel tans XIVe s. En la morte saison Dites vostre voloir, veschi vo campion ; Car je vous ai servi, il a longue saison XVe s. Il n'est saison qui ne paye, ne fortune qui ne tourne, ne cueur courroucé qui ne s'esjouisse, ne resjoui qui n'ait des courroux Plus n'est saison qu'à nul bien m'abandonn…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
L’une des quatre parties de l’année, qui contiennent chacune trois mois et dont deux commencent aux solstices et deux aux équinoxes. Les quatre saisons de l’année sont le printemps, l’été, l’automne et l’hiver. L’ordre, la marche, le retour des saisons. La saison est bien avancée.
La saison nouvelle, Le printemps. L’arrière- saison, L’automne, le commencement de l’hiver.
Marchand, marchande des quatre-saisons. Voyez
QUATRE-SAISONS.
SAISON se dit aussi de l’époque où dominent, où se font le plus remarquer certains états, certains changements de l’atmosphère. La saison des pluies, des orages.
La belle saison, La partie de l’année où le temps est beau, c’est-à-dire la fin du printemps, l’été et le commencement de l’automne. La mauvaise saison, La fin de l’automne, l’hiver et le commencement du printemps.
Demi-saison, époque qui tient le milieu entre la belle et la mauvaise saison. Un vêtement de demi-saison.
SAISON se dit également de l’époque où paraissent certaines productions de la terre où l’on a coutume soit de semer, soit de recueillir. certains grains, certains fruits. La saison des fleurs. La saison des fruits. Saison des semailles, des foins. Les fruits de la saison. Des légumes de saison.
La saison est avancée, est en avance, Les fruits de la saison sont plus avancés, plus mûrs qu’ils ne le sont ordinairement à pareille époque.
La saison des perdreaux, des cailles, des bécasses, etc., L’époque où il y a une plus grande quantité de ces oiseaux et où ils sont meilleurs à manger.
La morte-saison, La saison où la terre ne produit rien.
Fig., La morte-saison, Temps de l’année dans lequel une Industrie ou un commerce chôme.
SAISON se dit aussi de l’époque de l’année particulière aux affaires, aux réunions mondaines, au tourisme, aux bains de mer, etc. La saison de Deauville, de Nice, de Londres. La saison des concerts. La saison théâtrale.
Saison d’eaux, Temps pendant lequel on se soigne dans une ville d’eaux. Faire une saison à Vichy, à Vittel.
SAISON signifie encore époque propre pour quelque chose, moment opportun. Ce que vous dites est hors de saison. Vos conseils ne sont plus de saison.
Il se dit, par extension, des âges de la vie. La première saison de la vie, La jeunesse. La dernière saison de la vie, La vieillesse. On dit dans le même sens : La belle saison; la saison des plaisirs, des amours; l’arrière-saison, etc.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- saisons — pluriel — /sɛzɔ̃/
- saison — singulier — /sɛzɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée saison#55669.