sainteté

sainteté

nom, féminin, /sɛ̃təte/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Qualité de qui est saint. Maisons de sainteté, les couvents. Il se dit par excellence en parlant de Dieu.

    [Chez nous chrétiens] non pas un abaissement qui nous rende incapable du bien, ni une sainteté exempte du mal — Pascal (1623-1662)

    S'ils [les jansénistes] disent que notre salut dépend de Dieu, ce sont des hérétiques.... s'il se fait des miracles parmi eux, ce n'est plus une marque de sainteté, c'est un soupçon d'hérésie — Pascal (1623-1662)

  2. Qualité de ce qui est saint.

    Mais, pour vous dire tout, la sainteté des lieux.... Le rendant [un serment] et plus saint et plus inviolable — Pierre Corneille (1606-1684)

    Et vous, doctes interprètes des lois, fidèles dépositaires de leurs secrets, et implacables vengeurs de leur sainteté méprisée — Bossuet (1627-1704)

  3. Titre dont on se sert en parlant du pape ou en parlant au pape (avec une majuscule à Sainteté et à l'adjectif possessif). Il plaira à Votre Sainteté. Le jubilé que Sa Sainteté a accordé. Autrefois ce titre se donnait aux évêques et même aux prêtres. Ce titre se donnait aussi aux empereurs de Constantinople. Votre Sainteté, se dit par plaisanterie à une personne qui a la prétention de devenir sainte.

    Le pape donna, par ses lettres et par ses légats, le titre de Votre Sainteté au patriarche Photius [de Constantinople] — Voltaire (1694-1778)

    On appelait l'empereur de Constantinople Sa Sainteté ; on voit dans l'histoire que souvent Sa Sainteté était un très méchant homme — Saint-Foix (1698-1776)

Étymologie : Prov. sanctitat, sanctetat ; cat. santetad ; espagn. santitad ; ital. santità ; du lat. sanctitatem, de sanctus, saint.

Historique : XIIe s. La grandece de glorie de la tue sainteed [ils] parlerunt, e la tue grandece recunterunt XIIIe s. Seinteez et grandece sunt en la seinte fiance de lui [Dieu] Ysaies fu hom de grant santité Que il pleust à Sa Sainteé [il s'agit d'un évêque]... La sainteé de si devot prince [Louis IX] XVe s. [Saint Louis] Ce est li glorieus patrons Qui par ses prieres protege Ledit royaume, et qui l'alege De pluseurs maulx par sa sainté XVIe s. Mesmes en avoit escrit à la Saincteté du pape, lequel luy avoit promis un chapeau pour un de ses serviteurs

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Qualité de ce qui est saint, dans les différents sens du mot. Il est mort en odeur de sainteté. La sainteté de sa vie. La sainteté d’un lieu. La sainteté des mystères de la religion catholique. La sainteté du mariage. Il se dit par excellence en parlant de Dieu. Dieu est la sainteté même.

  2. Il est aussi un Titre d’honneur et de respect, dont on se sert en parlant au Pape ou du Pape. Il plaira à Votre Sainteté. Le jubilé que Sa Sainteté nous a accordé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • saintetés — pluriel — /sɛ̃təte/
  • sainteté — singulier — /sɛ̃təte/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sainteté#55654.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.