saint

saint

adjectif, /sɛ̃/

Définitions

  1. Qui est consacré à Dieu ou réservé au culte religieux.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Se dit d'une personne que l'Église a reconnue digne d'un culte public.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Qui mène une vie conforme aux exigences de la religion, d'une vertu exemplaire.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Qui inspire un respect absolu et ne saurait être transgressé.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (33 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui appartient à la religion, qui est dédié à des usages sacrés (sens le plus voisin du sens étymologique, le mot étant le participe de sancire, consacrer). La sainte messe. Les églises sont des lieux saints. La sainte hostie. La sainte Bible. L'Écriture sainte. Le peuple saint, le peuple juif. La tribu sainte, la tribu de Lévi. La cité sainte, Jérusalem. Fig. La cité sainte, la Jérusalem céleste, le paradis. Le saint-père, voy. PÈRE, n° 13. Le saint-siége, voy. SIÉGE. Le saint-office, voy. OFFICE 1, n° 9. Le saint-empire romain, ou, absolument, le saint-empire, l'empire d'Allemagne autrefois. Saint sépulcre, voy. SÉPULCRE. Les lieux saints, les saints lieux, voy. LIEU 1, n° 3. Terre sainte, voy. TERRE. Villes saintes, voy. VILLE. Semaine sainte, voy. SEMAINE. L'année sainte, l'année du grand jubilé qui est la dernière année de chaque siècle ; et aussi l'année de chaque jubilé, qui arrive de vingt-cinq ans en vingt-cinq ans.

    L'extrême-onction, annoncée à ce philosophe chrétien, excite autant sa piété qu'avait fait le saint viatique ; les saintes prières des agonisants réveillent sa foi — Bossuet (1627-1704)

    Les pratiques extérieures de la piété dans les saintes observances de l'Église, et la fréquentation des saints sacrements — Bossuet (1627-1704)

  2. Qui vit selon la loi de Dieu, qui observe ses commandements. Une âme sainte. Saint à Dieu, saint à l'égard de Dieu. Il se dit des choses en un sens analogue. Mener une vie fort sainte.

    Louis XI y est enterré [à Cléry] ; on le voit à genoux sur son tombeau.... le bon apôtre de roi fait là le saint homme, et est bien mieux pris que quand le Bourguignon le mena à Liége — La Fontaine (1621-1695)

    Le lendemain [de l'exécution de la Brinvilliers] on cherchait ses os, parce que le peuple disait qu'elle était sainte — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Il se dit des esprits bienheureux et des créatures les plus parfaites. La sainte Vierge. Les saints martyrs. Les saints patriarches. Les apôtres saint Pierre et saint Paul. Les saints Pères. Par abréviation on écrit : S. Jean ou St Jean, Ste Geneviève, les SS. Pères, etc. La sainte Famille, voy. FAMILLE, n° 4. Fig. Découvrir saint Pierre pour couvrir saint Paul, remédier à un inconvénient par un autre. Fig. La prison de saint Crépin, voy. CRÉPIN. Saint Roch, voy. ROCH. Fig. et par plaisanterie. Sainte liberté, l'absence de toute contrainte, de toute gêne. Par imitation, saint s'est dit de personnages soit païens, soit autres, dont on voulait relever le haut caractère.

    Ange saint, qui présidiez à l'oraison de cette sainte princesse — Bossuet (1627-1704)

    Il fut enterré à Milan ; on grava sur son tombeau : Ci-gît Bernard de sainte mémoire ; il semble que le nom de saint en ce temps-là ne fut qu'un titre honorifique — Voltaire (1694-1778)

  4. Souverainement pur ; il ne se dit en ce sens que de Dieu. La sainte Trinité. L'Esprit-Saint. Le Saint-Esprit. L'ordre du Saint-Esprit, voy. ESPRIT, n° 4. Un Saint-Esprit, l'insigne de cet ordre.

    Avec le saint nom de Dieu et avec le nom de la cité sainte, la nouvelle Jérusalem — Bossuet (1627-1704)

    Il veut vous envoyer votre cordon bleu avec deux Saint-Esprit — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Digne d'un grand respect, qui ne peut être violé sans une sorte d'impiété.

    L'auguste et saint ministère de la justice — Bossuet (1627-1704)

    D'ailleurs vous le savez, en bannissant ses rois, Rome à ce nom, si noble et si saint autrefois, Attacha pour jamais une haine puissante — Jean Racine (1639-1699)

  6. S. m. et f. Un saint, une sainte, personne qui vit ou qui est morte en état de sainteté. La communion des saints, la communication mutuelle de biens spirituels entre tous les membres de l'Église, sur la terre, au purgatoire, au ciel. Par extension. Dans un sens analogue. Sénèque était le saint de Diderot. Les saints de glace, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, dont les fêtes tombent au 11, 12 et 13 mai, jours auxquels, dans le centre de la France et de l'Allemagne, il se fait souvent sentir des froids insolites. C'est un pauvre saint, c'est un saint qui ne guérit de rien, se dit d'un homme qui a peu de crédit. C'est un petit saint de bois, se dit d'un hypocrite. C'est un saint qu'on ne chôme plus, se dit en parlant d'une personne qui n'a plus d'influence, de crédit. Familièrement. De petits saints, des personnes qui affectent l'apparence de sainteté. Le saint du jour, se dit d'un homme qui est à la mode ou en crédit depuis peu. Il ne sait à quel saint se vouer, voy. VOUER. Prêcher pour son saint, louer, vanter une chose, une personne en vue de son intérêt personnel. Mal de saint, l'épilepsie ; on dit aussi mal Saint-Jean. Feu Saint-Antoine, voy. feu 1, n° 37. Ile des saints, l'Irlande. Les saints, noms que se donnaient les puritains durant la révolution d'Angleterre et sous Cromwell. Saints du dernier jour, titre que se donnent les mormons, sectaires américains.

    Ces faux saints ne servent pas Jésus-Christ, mais ils se servent de lui ; ils sollicitent leurs affaires en son nom, et recommandent sa cause bien que ce soit leur procès — Guez de Balzac (1597-1654)

    ....On nous ruine en fêtes ; L'une fait tort à l'autre, et monsieur le curé De quelque nouveau saint charge toujours son prône — La Fontaine (1621-1695)

  7. Chez les Juifs, le saint, l'espace qui était avant le saint des saints. Le saint des saints, la partie la plus profonde et la plus sacrée du tabernacle, et ensuite du temple de Salomon, celle où l'arche était renfermée. Fig.

    Le voile séparera le saint d'avec le saint des saints — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    L'homme n'habite que dans les parois les plus extérieures de ce temple où il adore le grand être ; il ne lui est point permis de pénétrer dans le sanctuaire, bien moins encore dans le saint des saints — Charles Bonnet (1720-1793)

  8. Le Saint des saints, Dieu.

    Avoir une dévotion pure et solide pour celle qui a été la mère du Saint des saints — Bourdaloue (1632-1704)

    Dieu, qui est le Saint des saints, n'est avec les pécheurs et les impies que par la nécessité de son être — Bourdaloue (1632-1704)

  9. Saint se joint par un trait d'union avec les noms de saint, et signifie le jour où l'on célèbre la fête du saint ; il est féminin. La Saint-Jean, la Saint-Pierre, etc. Les herbes de la Saint-Jean, voy. HERBE, n° 1. L'église Saint-Germain, l'église Saint-Gervais, et, absolument, au masculin, Saint-Germain, Saint-Gervais, l'église qui est sous l'invocation de saint Germain, de saint Gervais. Aller entendre la messe à Saint-Gervais. On remarquera qu'alors on écrit Saint avec une majuscule, la Saint-Jean, tandis que, quand on nomme le saint, on ne met ni majuscule ni trait d'union, saint Jean. Quand ces noms deviennent noms de localité ou autres, on les écrit comme pour la fête, c'est-à-dire avec un trait d'union et une majuscule à Saint. La ville de Saint-Germain. La prison de Sainte-Pélagie. La croix de Saint-André. L'ordre de Saint-Lazare. La rue Saint-Honoré. Le faubourg Saint-Jacques. La porte Saint-Antoine.

  10. Un saint Augustin, un saint Jérôme, etc. les œuvres de saint Augustin, de saint Jérôme, etc.

Étymologie : Provenç. sanct, sant, san ; espagn. san, santo ; portug. santo, sao ; ital. santo ; du lat. sanctus, qui est le participe passif de sancire, prescrire par loi, par précepte. Sancire est le dénominatif de sacer, sancus (semo sancus), dont l'étymologie est le radical sanscrit sac, suivre, et quelquefois, dans le Rigvéda, adorer.

Historique : XIe s. Vus le suirez à feste Saint Michel Plus valt [vaut] Mahum que seint Pere de Rume Ne croit en Deu le fil sancte Marie Quant Carles oit [ouït] la sainte voiz del angle Ne place Deu ne ses seinz ne ses angles XIIIe s. Et que pourront dire li ennemi Là où li saint trembleront de doutance Devant celui qui onques ne menti ? Je sui cil qui trop se plaint ; El mont [monde] n'a si caitif [chétif] saint, Fors moi, qui se [sa] feste n'ait Moult erent [ils étaient] bone gent et de très sainte vie Par trestoz les sainz que l'en prie, Vos ressemblez le chien qui crie Ainz que la pierre soit cheüe Li …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est essentiellement pur, souverainement parfait. Il ne se dit en ce sens que de Dieu. La Sainte-Trinité. Le Saint- Esprit. L’Esprit-Saint.

  2. Il se dit, par extension, des Créatures les plus parfaites et des esprits bienheureux. La Sainte Vierge. Les saints anges. La sainte Famille. Les saints patriarches. Les saints apôtres. Les saints Pères. Les apôtres saint Pierre et saint Paul. Saint Jean Baptiste. Sainte Madeleine. Sainte Geneviève. Par abréviation, on écrit : S. Jean ou St Jean, Ste Geneviève, les SS. Pères.

  3. Sainte Famille se dit aussi des Tableaux qui représentent la Sainte Vierge, saint Joseph et l’enfant Jésus. La sainte Famille de Raphaël. Ce curé vient d’acheter une sainte Famille pour son église.

  4. La Saint-Jean, la Saint-Martin, etc., Le jour où l’on célèbre la fête de saint Jean, de saint Martin, etc. L’église Saint-Germain, l’église Saint-Gervais, etc., et, absolument, Saint-Germain, Saint-Gervais, etc., L’église consacrée à Dieu sous le vocable de saint Germain, de saint Gervais, etc.

  5. Fig. et fam., Employer toutes les herbes de la Saint-Jean, Employer, pour réussir en quelque affaire, tous les moyens dont on peut s’aviser.

  6. En règle générale, le mot Saint placé devant un nom propre s’écrit avec une s minuscule quand il s’agit d’une personne mise au rang des bienheureux. Le roi saint Louis. Au contraire, il prend une majuscule et se joint par un trait d’union au nom qu’il modifie, dans tous les autres cas, où il forme avec ce dernier un nom nouveau qui ne se rapporte plus que d’une manière indirecte à un saint personnage. La ville de Saint-Germain-en-Laye ou absolument Saint-Germain-en-Laye. La rue Saint-Honoré. La porte Saint-Antoine. L’hôpital Saint-Louis. L’ordre de Saint-Lazare. Une croix de Saint- André. C’est aujourd’hui la Saint-Louis.

  7. SAINT se dit également des Hommes qui vivent selon la loi de Dieu. Un saint homme. Un saint personnage. Une âme sainte. Le plus grand pécheur peut devenir saint.

  8. Il se dit de même des Actions, des sentiments inspirés par l’amour de Dieu, par la piété. Une action sainte. Une pensée sainte. Une sainte inspiration. Une sainte ferveur. Mener une vie très sainte. être animé d’une sainte indignation. Un saint respect.

  9. Il se dit aussi de Ce qui appartient à la religion, de ce qui se rapporte à Dieu, de ce qui est dédié, consacré à Dieu, ou qui sert à quelque usage sacré. Toutes les églises sont des lieux saints. Les saints mystères. Le saint sacrifice de la messe. La sainte messe. Les saintes espèces. La sainte table. Le saint ciboire. Les saintes huiles. Le saint chrême. La sainte ampoule. Les saintes reliques. La sainte Bible. L’écriture sainte. Les livres saints. La sainte église.

  10. Le Saint-Père, titre que l’on donne au pape. On dit aussi : Notre Saint-Père le Pape; et en lui parlant ou en lui écrivant : Très Saint- Père.

  11. Le Saint-Siège, Le siège du chef de la religion catholique. Pendant la vacance du Saint- Siège. On le dit aussi de la Cour de Rome, du pape même. Il fut ordonné par le Saint-Siège. Les décisions du Saint-Siège.

  12. Le Saint-Office, La congrégation de l’inquisition établie à Rome; le tribunal de l’inquisition. Il fut jugé par le Saint-Office.

  13. Le Saint-Empire romain ou absolument Le Saint-Empire s’est dit de l’Empire d’Occident rétabli par Charlemagne, puis de l’Empire germanique. Le Saint-Empire romain germanique. Prince du Saint-Empire.

  14. Les lieux saints, les saints lieux, Les lieux où se sont opérés les principaux mystères de notre rédemption. La Terre Sainte, La Palestine. Visiter les saints lieux, la Terre Sainte.

  15. Terre sainte, Terre qui a été bénite pour inhumer les fidèles. Il n’a pas été enterré en terre sainte.

  16. Le Saint Sépulcre, Le sépulcre où Notre- Seigneur fut déposé après sa mort. Gardien du Saint Sépulcre.

  17. La Semaine sainte. On nomme ainsi la Semaine qui précède le jour de Pâques; et tous les jours de cette semaine s’appellent saints. L’office du Jeudi saint. Le Vendredi saint.

  18. L’année sainte, L’année pour laquelle le Pape promulgue un jubilé.

  19. SAINT se dit, par extension, d’une Chose qui est digne d’un grand respect, d’une vénération particulière. La sainte union conjugale. Le saint ministère de la justice. Les devoirs saints et sacrés de la piété filiale.

  20. Fam., Toute la sainte journée, La journée tout entière.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • saintes — pluriel féminin — /sɛ̃tə/
  • saints — pluriel masculin — /sɛ̃/
  • sainte — singulier féminin — /sɛ̃tə/
  • saint — singulier masculin — /sɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée saint#55652.

saint

nom, masculin, /sɛ̃/

Voir aussi : forme féminine sainte

Grammaire et formes (2)
  • saints — pluriel — /sɛ̃/
  • saint — singulier — /sɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée saint#55651.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.