sacrifice
nom, masculin, /sakʁifisə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Chez les Hébreux, offrande faite à Dieu avec certaines cérémonies et consistant en des victimes ou des dons. Sacrifice perpétuel, sacrifice par lequel on offrait tous les jours quatre agneaux en holocauste, deux le matin et deux le soir. Sacrifice de jalousie, cérémonie à laquelle le sacrificateur soumettait une femme dont le mari suspectait la fidélité. Terme de l'Écriture. Offrir un sacrifice de louanges, célébrer les louanges de Dieu. En un sens analogue. Un sacrifice de larmes, de prières. Faire d'une vertu son sacrifice du matin et du soir, la pratiquer avec une constance inviolable.
Que les sacrifices des païens seront reçus de Dieu, et que Dieu retirera sa volonté des sacrifices des Juifs — Pascal (1623-1662)
Qu'on lise le Vieil Testament en cette vue [qu'il est figure du Nouveau Testament], et qu'on voie si les sacrifices étaient vrais, si la parenté d'Abraham était la vraie cause de l'amitié de Dieu.... — Pascal (1623-1662)
Chez les chrétiens, le sacrifice de Jésus-Christ, la mort de Jésus-Christ sur la croix pour la rédemption du genre humain. Son sacrifice continuel, sa présence perpétuelle dans l'hostie consacrée. Le saint sacrifice de la messe, ou, simplement, le saint sacrifice, le sacrifice de la messe. Absolument. Le sacrifice, le saint sacrement.
Pour considérer ce que c'est que la mort, et la mort en Jésus-Christ, il faut voir quel rang elle tient dans son sacrifice continuel et sans interruption, et pour cela remarquer que dans les sacrifices la principale partie est la mort de l'hostie — Pascal (1623-1662)
Les prêtres offrent pour elle le sacrifice de Jésus-Christ sur les autels — Fléchier (1632-1710)
Il se dit de ce qui était offert aux dieux, dans le polythéisme. Fig. Faire sacrifice, sacrifier. Fig. Un sacrifice, une victime.
Mais nous devons aux dieux demain un sacrifice — Pierre Corneille (1606-1684)
Vous armez contre Troie une puissance vaine, Si, dans un sacrifice auguste et solennel, Une fille du sang d'Hélène De Diane en ces lieux n'ensanglante l'autel — Jean Racine (1639-1699)
Sacrifices humains, sacrifices dans lesquels la victime est un être humain. Sacrifices sanglants, sacrifices dans lesquels on immole des victimes.
Nous serions amplement dédommagés des fatigues extrêmes de cette campagne, si nous pouvions parvenir à détruire l'usage des sacrifices humains, qu'on dit être généralement répandus chez les insulaires de la mer du Sud — LA PÉROUSE
Il se dit de la consécration à la vie religieuse.
Allez à l'autel, victime de la pénitence, allez achever votre sacrifice — Bossuet (1627-1704)
Fig. Abandon, privation, perte à laquelle on se résigne. Un sacrifice d'argent. Il a fait de grands sacrifices pour l'éducation de son fils.
Que ces sacrifices particuliers [de nos affections] honorent et préviennent le sacrifice universel où la nature entière doit être consommée par la puissance de Jésus-Christ — Pascal (1623-1662)
Je veux, dit-il, m'arracher jusqu'aux moindres vestiges de l'humanité ; reconnaissez-vous un chrétien qui achève son sacrifice, qui fait le dernier effort, afin de rompre tous les liens de la chair et du sang, et ne tient plus à la terre ? — Bossuet (1627-1704)
Terme de peinture. Artifice qui consiste à négliger certains accessoires d'un tableau, pour mieux faire ressortir les parties principales. Obéissance vaut mieux que sacrifice, la prompte obéissance est particulièrement agréable.
Étymologie : Wallon, sacrifieg ; provenç. sacrifici ; espagn. sacrificio ; ital. sagrifizio ; du lat. sacrificium, de sacer, sacré, et facere, faire : action de faire une œuvre sacrée. L'ancienne langue disait sacrifiement.
Historique : XIVe s. Les sacrifices anciennement ordenés et teles assemblées estoient faites après ce que les fruis sont cuillis XVIe s. Les sacrifices qu'immoloyent pour lors les Israelites Henri Cardinal, maintenant roi, craignant que Dom Antonio present le fist deposer, comme heritier par les masles, ou craignant du roi d'Espagne ce qui parut après, lui fit un sacrifice de calicuth, c'est à dire de peur, jetta dans le feu cet arrest et touttes les pieces justificatives de Dom Antonio
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Action par laquelle on offre certaines choses à Dieu avec certaines cérémonies, pour rendre hommage à sa souveraine puissance. Sacrifice solennel. Sacrifice propitiatoire, expiatoire. Les sacrifices de l’ancienne loi. Le sacrifice d’Abraham. Offrir un sacrifice, quelque chose en sacrifice. Le ministre du sacrifice. L’appareil du sacrifice. La victime destinée au sacrifice. L’autel des sacrifices. JÉSUS-CHRIST s’est offert en sacrifice à son Père sur la croix. Le sacrifice de la croix. JÉSUS- CHRIST est offert tous les jours en sacrifice sur nos autels. Le saint sacrifice de la messe ou simplement Le saint sacrifice.
En termes de l’écriture sainte, Offrir un sacrifice de louanges, Célébrer les louanges de Dieu.
SACRIFICE se dit aussi en parlant du Culte qu’on rendait aux idoles, aux fausses divinités, en leur offrant des victimes ou des dons. Les païens faisaient des sacrifices aux dieux, aux idoles. Le sacrifice d’Iphigénie. La victime destinée au sacrifice.
Sacrifice sanglant, Celui où l’on immole une créature vivante. Sacrifice humain, Celui où l’on immole un être humain.
SACRIFICE signifie, au figuré, Abandon volontaire de quelque chose, privation que l’on s’impose, ou qu’on accepte, pour l’amour de Dieu ou d’une personne, ou en considération de quelque chose. Faire à Dieu le sacrifice de soi- même, de ce que l’on a de plus cher. Si j’oublie l’injure qu’il m’a faite, c’est un sacrifice que le vous fais. Je fais volontiers ce sacrifice à notre ancienne amitié. Avoir l’esprit de sacrifice. Il a recueilli le fruit de son sacrifice. C’est un sacrifice que l’honneur vous commande. Un sacrifice d’argent. Il a fait le sacrifice de sa vie. Elle a fait de grands sacrifices pour l’éducation de ses enfants.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sacrifices — pluriel — /sakʁifisə/
- sacrifice — singulier — /sakʁifisə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sacrifice#55563.