sabbat

sabbat

nom, masculin, /saba/

Voir aussi : variante shabbat

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom donné chez les Juifs au repos religieux. Prescription d'observer le repos religieux. Jour du sabbat, ou, simplementi, le sabbat, le septième jour de la semaine, c'est-à-dire le samedi, auquel il était commandé de garder le repos. Chemin du sabbat, distance à laquelle il est permis aux Juifs de s'éloigner de leurs demeures le jour du sabbat.

    Recueillez pendant les six jours la manne ; car le septième jour c'est le sabbat du Seigneur — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Assemblée nocturne des sorciers ; dérivation injurieuse du sens de sabbat, à cause de l'opinion populaire qui, condamnant les Juifs, assimila leur fête à une réunion de sorciers. Fig.

    Un balai pour brûler en allant au sabbat — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Je gage que cet innocent [en me montrant Blanc-Ménil] croit avoir été au sabbat, parce qu'il s'est trouvé ici à onze heures du soir — Cardinal de Retz (1613-1679)

  3. Familièrement. Grand bruit avec désordre.

    Pendant tout le sabbat qu'il [le chat] fit avec sa dame — La Fontaine (1621-1695)

    On avait fait [à Bruxelles] .... une criaillerie et un sabbat si épouvantable par malice, qu'.... elle [la comtesse de Soissons, accusée d'empoisonnement] avait été obligée.... de quitter la place — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Fig. et populairement. Gronderie, criaillerie.

    Vous pouvez penser si j'ai fait un beau sabbat à la poste [qui avait mal fait son service] — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Il est toujours vrai que c'étaient des sabbats d'enfer du vivant de son mari — TH. LECLERCQ

Étymologie : Bourg. saibay ; prov. sabbat, sabat, sapte, sabde ; espagn. sabado ; port. sabbado ; ital. sabato ; du lat. sabbatum, qui vient de l'hébreu schabat, se reposer. On a voulu trouver l'étymologie du sabbat, réunion de sorciers, dans les sabazies ; mais la forme ne le permet pas ; d'ailleurs comment, au moyen âge, aurait-on connu les sabazies ?

Historique : XIIe s. Li anemi [les démons].... si eschernirent [se moquèrent] les sabbaz Jà n'est pas ui [aujourd'hui] sabat ne tens de festeer XIVe s. Comme il ait esté mandé que la place ou lieu appellé le sabbat à juifs en la ville de Soissons.... XVe s. Et les Anglois menoient leur sabat En grans pompes, baubans et tyrannie ; Or a tourné Dieu ton dueil [de toi, France] en esbat XVIe s. Mais en faut-il faire un si grand sabat ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Nom donné chez les Juifs au dernier jour de la semaine, c’est-à-dire au samedi. Le Jour du sabbat. Les Juifs observent fort exactement le sabbat. Le repos du sabbat.

  2. Il désigne aussi l’Assemblée nocturne que, suivant une opinion populaire, les sorciers tiennent pour adorer le diable. Aller au sabbat. Le bruit courait que les sorciers tenaient leur sabbat dans cette forêt.

  3. Il se dit, figurément et familièrement, d’un Grand bruit qui se fait avec désordre, avec confusion, tel que l’on s’imagine celui du sabbat des sorciers. Ces ivrognes ont fait un terrible sabbat. Quel sabbat fait-on là-haut?

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sabbats — pluriel — /saba/
  • sabbat — singulier — /saba/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sabbat#55462.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.