rumeur
nom, féminin, /ʁymœʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Bruit sourd et général, excité par quelque mécontentement, annonçant quelque disposition à la révolte, à la sédition. Exciter de la rumeur. Apaiser la rumeur. De sourdes rumeurs. Des rumeurs menaçantes. Fig.
En ce temps un petit écrit de Luther mit en rumeur toute l'Allemagne — Bossuet (1627-1704)
Toute la ville est en rumeur ; toutes les bouches crient vengeance — Voltaire (1694-1778)
Bruit qui s'élève tout à coup, et qui a pour cause un accident, un événement imprévu.
Tout le monde était aux fenêtres, il semblait qu'il y avait eu une rumeur, ou quelque accident considérable — Marivaux (1688-1763)
Bruit confus de plusieurs voix.
Destin allait commencer son histoire, quand ils entendirent une grande rumeur dans la chambre voisine — Scarron (1610-1660)
En nos murs tout remplis d'une rumeur guerrière — BRIFF.
Réunion des opinions ou des soupçons du public contre quelqu'un. La rumeur publique l'accusait de cet assassinat.
Cependant la rumeur commençait ; on brûla le livre je ne sais où — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Bruits qui courent, qui se répandent.
J'avouerai les rumeurs les plus injurieuses — Jean Racine (1639-1699)
Quoi ! monsieur, une rumeur odieuse [contre Marie de Médicis] l'emportera sur les pièces authentiques du procès de Ravaillac ! — Voltaire (1694-1778)
Il se dit quelquefois de quelque grand bruit physique.
Bientôt je distinguai, confuses et voilées, Deux voix dans cette voix [la voix de l'océan] l'une à l'autre mêlées, De la terre et des mers s'épanchant jusqu'au ciel.... Et je les distinguai dans la rumeur profonde, Comme on voit deux courants qui se croisent sous l'onde — Victor Hugo (1802-1885)
Étymologie : Prov. rumor, rimor ; espagn. rumor ; ital. romore, rimore ; du lat. rumorem.
Historique : XIe s. De quinze liues en ot [ouit] hom la rimur XIIIe s. Ti oil [tes yeux] soient sans legiereté, et tes riz [ton rire] sanz huchier, et ta voiz sans cri, t'aleure sans rumor Quant il [les mangonneaux] furent dreciez, si furent tenduz ; si getterent chascun une pierre dedens la cité, et feurent les pierres aux maisons, et rompirent et confondirent tout, et firent moult remour et grant tempeste XVe s. Jehan de Lille et Gilles Marcel Furent mors et occis ce jour Semblablement en la rumour, Comme le prevost [Marcel] dessus dit XVIe s. Tellement que la servante du sieur Fagoet entendant ce rumeur…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Bruit confus d’un certain nombre de voix. Qu’est-ce que cette rumeur que j’entends?
Il se dit particulièrement d’un Bruit provoqué par quelque nouvelle imprévue et spécialement par une nouvelle suscitant un mécontentement. Cela causa une grande rumeur. Toute la ville est en rumeur. Apaiser les rumeurs de la populace. Des rumeurs menaçantes.
Il se dit aussi d’un Mouvement de suspicion publique contre quelqu’un. La rumeur publique l’accusait.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- rumeurs — pluriel — /ʁymœʁ/
- rumeur — singulier — /ʁymœʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rumeur#54440.