ruisseau
nom, masculin, /ʁɥiso/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Courant d'eau peu considérable. Fig.
On remarquera, dans celui [campement] de Chatenoy, l'éminence qu'occupa ce grand capitaine, et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Selestad — Bossuet (1627-1704)
Ruisseau, nous paraissons avoir un même sort ; D'un cours précipité nous allons l'un et l'autre, Vous à la mer, nous à la mort — Mme Deshoulières (1638-1694)
Canal par où passe un courant d'eau. Le ruisseau est à sec. Élargir, curer un ruisseau.
Eau qui coule au milieu ou sur les deux côtés de la chaussée d'une rue. Il tomba dans le ruisseau. Il a été traîné dans le ruisseau. Cette chose est traînée dans le ruisseau, traîne dans le ruisseau, elle est commune, triviale. Cette nouvelle est ramassée dans le ruisseau, elle a été prise dans le bas peuple. L'endroit par où l'eau s'écoule dans les rues. Il y a un ruisseau de chaque côté de la chaussée. Terme de paveur. Ruisseau en biseau, celui qui n'a ni caniveaux ni contre-jumelles. Fig. Laisser quelqu'un dans le ruisseau, le laisser dans une position basse, misérable.
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières — Boileau (1636-1711)
De proverbes traînés dans les ruisseaux des halles — Molière (1622-1673)
Toute chose liquide qui coule en abondance. Par extension. Fig.
Et combien de ruisseaux coulèrent de mes yeux ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang, Avant qu'aucun résiste ou reprenne son rang — Pierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Berry, riau, roussiau (avec le primitif ry, ris) ; bourguig. russéa ; picard, rio, riou, riu, (c'est le primitif) ; ital. ruscello (dérivé du français) ; du lat. fictif rivicellus, diminutif de rivus (voy. RU).
Historique : XIIe s. De sanc i corent grant roisseaus Et li douz sons de ruissel sur gravele L'awe [l'eau] del ruysel XIIIe s. Il dutent [craignent] que li roisseus preinne De la saveur de la funtaine Ce dist dou leu [loup] e dou aignel, Qui beveient à un rossel XIVe s. Du sanc des detrainchiés un russiaux y coroit XVe s. Sa robe de veloux bien large, Et son cheval et couverture, Estoient de mesme à feuillage De ruisseaulx d'argent et brodure XVIe s. Dessus, et près de ces ruisseaux courans, Les oiselets du ciel sont demourans
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Cours d’eau d’une largeur trop peu considérable pour recevoir le nom de rivière. Clair ruisseau. Ruisseau bourbeux. Le murmure d’un ruisseau. Sur le bord d’un ruisseau. Le cours d’un ruisseau.
Prov. et fig., Les petits ruisseaux font les grandes rivières, Plusieurs petites sommes réunies en font une grande.
RUISSEAU se dit aussi, dans les rues, de l’Eau qui coule au milieu ou sur les deux côtés de la chaussée ou du Conduit, à ciel ouvert destiné à recevoir cette eau. Balayer un ruisseau. Les paveurs n’ont pas donné assez de pente au ruisseau. Il n’y a pas une goutte d’eau dans le ruisseau.
Il se dit au figuré d’une Situation dégradante. C’est un homme tombé au ruisseau. Il a tiré cette femme du ruisseau.
Il se dit encore, par extension, de Toutes les choses liquides qui coulent en abondance. Des ruisseaux de vin, des ruisseaux de sang.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- ruisseaux — pluriel — /ʁɥiso/
- ruisseau — singulier — /ʁɥiso/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ruisseau#54432.