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rue

Sur cette page : rue · rué

rue

nom, féminin · /ʁy/

Usage : très fréquent (360 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Voie bordée de constructions, dans une ville ou un village, ouverte à la circulation des piétons et des véhicules.

    Elle habite dans une petite rue calme près du marché.

    « Pour traverser la rue au milieu de l'orage, Un ais sur deux pavés forme un étroit passage »Boileau (1636-1711)

    « Pour dormir dans la rue on n'offense personne »Jean Racine (1639-1699)

  2. Au sens figuré, ensemble des gens ordinaires, de la population telle qu'elle s'exprime dans l'espace public, par opposition aux pouvoirs en place : la colère de la rue.

    Le gouvernement redoute la rue après cette réforme.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • rues : pluriel · /ʁy/
  • rue : singulier · /ʁy/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 4 sens

s. f.

  1. Chemin bordé de maisons ou de murailles dans une ville, dans un bourg, etc. Rue Saint-Honoré. Rue Notre-Dame-des-Victoires. Avoir pignon sur rue, voy. PIGNON. Ce cheval a pris un clou de rue, voy. CLOU, n° 2. Être fou à courir les rues, être extrêmement fou. Cette histoire, cette nouvelle court les rues, elle est connue de tout le monde. L'esprit court les rues, il est commun ; tout le monde en a. Être vieux comme les rues, être fort vieux. Cela est vieux comme les rues, se dit d'une chose qui n'est plus à la mode. Le bout de la rue fait le coin, se dit pour se moquer du galimatias de quelqu'un. Fig. Les rues en sont pavées, se dit de choses extrêmement communes. Être bon à jeter dans la rue, n'être plus bon à rien.

    Envoyer des soldats à chaque coin des ruesPierre Corneille (1606-1684)

    Pour traverser la rue au milieu de l'orage, Un ais sur deux pavés forme un étroit passageBoileau (1636-1711)

  2. La grande rue, ou la grand' rue, rue principale d'une ville de province.

  3. Les habitants d'une rue.

    [à Rennes] On a chassé et banni toute une grande rue et défendu de les recueillir, sur peine de la vieMme de Sévigné (1626-1696)

  4. Espace qui reste vide dans une carrière, après qu'on a exploité les différents bancs de pierre dont elle se compose ; se dit aussi des chemins, issues, etc. qu'on pratique pour l'exploitation.

Étymologie : Provenç. espagn. et portug. rua ; anc. ital. ruga ; du bas-lat. ruga (rua, dans un texte du IXe s.), place, rue, que des étymologistes dans du Cange, approuvés par Diez, regardent comme tiré du lat. ruga, ride, au sens de sillon, de là rang, rue. Du Cange a aussi ruta, rutta, mais le g a l'antériorité ; cependant ruta fait songer au celtique rod, rut (voy. ROUTE à l'étymologie).

Historique : XIe s. Toutes les rues ù li bourgeis estunt XIIe s. Qui donc veïst le duc sur un cheval gascon Poindre parmi les rues, à sa main un baston.... Es rues de Seissuns se sunt entreveü XIIIe s. En ceste cité a CLX grans rues, et en chascune rue X mille maisons XIVe s. Et de pluseurs maisons est faite une rue, et de pluseurs rues une cité.... Ens i a Bauduins le [la] grant cité cherquie [parcourue], De rue en rue va Le suppliant se latita grant pieça par Paris en rues foraines [détournées] XVe s. Et nous fu dit par les gens là presens que ledit Mons. d'Orleans et ses gens avoient esté ainsi tuez et …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 2 · 2 sens

s. f.

  1. Genre de la famille des rutacées. Plante médicinale d'un goût âcre et amer.

  2. Rue des murailles, espèce de petite fougère, genre asplénie. Rue de chèvre, voy. GALÉGA. Rue de chien, espèce de scrofulaire. Rue des prés, thalictrum flavum, L.

Étymologie : Wallon, row ; génev. rote ; provenç. ruda, rutha ; espagn. ruda ; ital. ruta ; du lat. ruta, qui est le grec ῥυτὴ, mot du Péloponnèse, qui se rattache à ῥέω, la rue faisant couler les règles.

Historique : XIIIe s. Prenez vin e rue e peivre

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens

n. f.

  1. T. de Botanique — Plante ligneuse, et d’une odeur très forte, dont les feuilles ont un goût âcre et amer, et à laquelle on attribue diverses propriétés médicales.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée rue#54405.

Entrées anciennes, hors de la nomenclature actuelle

Attestées par un témoin historique, absentes de la nomenclature contemporaine (Morphalou). Mots disparus.

rué

adjectif

Voir aussi : participe passé de ruer

Témoignages historiques

Littré (1873) · 1 sens

part. passé

  1. Une pierre ruée contre un chien. Fig. Ses plus grands coups sont rués, se dit d'un vieillard dont les forces sont à bout, et aussi il se modère, il montre moins d'ardeur. Les plus grands coups sont rués, les plus grands efforts sont faits dans l'affaire dont il s'agit (ces phrases ont vieilli).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0, entrée RUÉ, ÉE.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.