rudement
adjectif
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
D'une manière rude, violente. Fig. Aller rudement en besogne, travailler vigoureusement. Familièrement. Il y va rudement, se dit d'un homme qui fait quelque chose avec un excès d'ardeur, avec violence.
Certainement, rien ne nous heurte plus rudement que cette doctrine [le péché originel], et cependant, sans ce mystère, le plus incompréhensible de tous, nous sommes incompréhensibles à nous-mêmes — Pascal (1623-1662)
Elle [la cavalerie des Thébains] chargea rudement les Athéniens — Rollin (1661-1741)
Avec dureté, sans ménagement.
Je lui demandai s'ils ne décideraient pas formellement que la grâce est donnée à tous ; mais il me rebuta rudement, et me dit que ce n'était pas là le point — Pascal (1623-1662)
Je parlai bien rudement à Mme d'Aubigné sur ses mauvaises habitudes — Mme de Maintenon (1635-1719)
Sans ménagement.
Il [le chevalier de Grignan] a été rudement saigné ; il résista à la dernière fois, qui fut la onzième, mais les médecins l'emportèrent — Mme de Sévigné (1626-1696)
Populairement. Il mange, il boit rudement, beaucoup.
Étymologie : Rude, et le suffixe ment ; prov. rudament.
Historique : XIIIe s. Se Rustebues rudement rime Et se rudece en sa rime a, Prenez garde qui la rima XIVe s. Et ne scet l'en ceste chose geter si rudement ne si souef, qu'elle ne chiece [tombe] tousjours en une meisme maniere XVe s. Les Allemands.... sont rudes et vivent rudement XVIe s. Ilz le chargerent si rudement, qu'ilz le tournerent en fuitte Moyse donc parlant rudement comme le simple populaire Ainsi comme un vieux chesne agité rudement Par deux vents ennemis
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée RUDEMENT.