ruade
nom, féminin, /ʁyadə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action par laquelle le train de derrière subitement enlevé permet à l'animal de lancer vivement en arrière les membres postérieurs, pour frapper, ou pour compléter un saut en franchissant un obstacle.
L'autre [le cheval].... lui lance [au loup] une ruade Qui vous lui met en marmelade Les mandibules et les dents — La Fontaine (1621-1695)
Je voulus monter sur ma mule, qui me lança une ruade dont j'aurais été peut-être estropié toute ma vie, si j'eusse reçu le coup de plus loin — Lesage (1668-1747)
Fig. Emportement, violence, brutalité inattendue.
Charles X croit que la révolution qui l'a renversé est une conspiration creusée, minée, chauffée de longue main ; erreur, c'est tout simplement une ruade du peuple — Victor Hugo (1802-1885)
Se disait autrefois, dans la danse, du mouvement par lequel le danseur lançait le pied en arrière.
Étymologie : Ruer.
Historique : XVIe s. Ruade seiche Et ce que les Italiens disent qu'en la bataille de Fornuove, le cheval du roy [Charles VIII] le deschargea, à ruades et coups de pieds, des ennemis qui le pressoient....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action d’un cheval, d’un mulet, etc., qui lance vivement en arrière les pieds de derrière, en s’appuyant sur les pieds de devant. Lancer, détacher la ruade. Ce cheval lui lança, lui détacha, lui allongea une ruade. Ce cheval lui cassa la jambe d’une ruade.
Il se dit, figurément et familièrement, d’une Brutalité inattendue de quelque homme grossier et emporté.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- ruades — pluriel — /ʁyadə/
- ruade — singulier — /ʁyadə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ruade#54345.