route
nom, féminin, /ʁutə/
Définitions
Voie aménagée pour la circulation des véhicules entre deux lieux.
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Direction, itinéraire suivi pour se rendre quelque part.
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Ensemble des voies de circulation d'un pays ou d'une région.
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Chemin suivi pour parvenir à un but.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (17 sens)
Littré (1873)
s. f.
Grande allée percée dans une forêt, pour la commodité du charroi, de la chasse, de la promenade (cela est le sens propre). Ouvrir des routes dans une forêt. On a percé une route dans ce bois. Terme de vénerie. Une bête va à la route quand elle suit le grand chemin.
Ces spéculatifs qui visent d'ordinaire au delà du but, qui quittent les chemins pour prendre les routes, qui s'égarent pour arriver plus tôt où ils vont — Guez de Balzac (1597-1654)
Comme on voit qu'en un bois que cent routes séparent, Les voyageurs sans guide assez souvent s'égarent — Boileau (1636-1711)
Voie pratiquée pour aller d'un lieu à un autre. Une route dégradée, enfoncée, mal pavée. Route royale, impériale, route entreprise et exécutée aux frais de l'État, par opposition à route départementale. La grande route, ou la grand' route, se dit de la route principale. Fig. La grande route, les errements connus, vulgaires. Routes militaires ou stratégiques, chemins qui ont été percés pour faciliter les opérations des troupes, et aux travaux desquels on a fait concourir des corps de l'armée. Routes militaires de l'Ouest, de la Vendée.
Je pris une route de traverse pour ne pas me retrouver dans les mêmes auberges où j'avais séjourné avec lord Clarendon — Mme de Genlis (1746-1830)
 Smolensk, il [Napoléon] se trouve au nœud des routes de Pétersbourg et de Moscou, à vingt-neuf marches de l'une de ces deux capitales, et à quinze de l'autre — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Direction qu'on suit pour aller en un lieu. La route de Paris à Bordeaux. Fig. Mettre en route, faire partir. La route de tel lieu à tel autre est très bonne, très mauvaise, dangereuse, peu sûre, etc. on trouve sur cette route des commodités, des incommodités, des dangers, peu de sûreté, etc. Fig. Être sur la route de quelqu'un, lui faire obstacle.
Il [Alexandre] ramena son armée par une autre route que celle qu'il avait tenue — Bossuet (1627-1704)
D'Argos, dans un moment, vous reprenez la route — Jean Racine (1639-1699)
Terme de marine. Chemin que fait ou doit faire un navire dans une direction donnée. En route, à la route, commandement fait au timonier pour l'avertir de ne pas dévier de la route qui lui a été indiquée, ou de reprendre la route dont on s'est momentanément écarté. Faire route, naviguer. Faire fausse route, s'écarter à dessein de la route qu'on avait prise ou s'écarter de son droit chemin sans le vouloir. Fig. Faire fausse route, se fourvoyer, employer des moyens contraires au but qu'on se propose. Donner la route, prescrire à quelle aire de vent l'officier de quart doit faire gouverner. Être en route, avoir le vent favorable. Faire valoir la route, manœuvrer le mieux possible. Porter à la route, se diriger exactement sur un endroit. Chef de route, se disait, dans la marine marchande, d'un officier ayant à peu près les fonctions de chef d'escadre.
Je suis bien aise d'apprendre.... que les vaisseaux commandés par le sieur de Beaulieu aient mis à la voile par un vent favorable pour leur route — COLBERT
Je ferai que le pilote perdra sa route, et qu'il s'éloignera d'Ithaque où il veut aller — Fénelon (1651-1715)
Terme de chirurgie. Fausse route, accident qui a lieu lorsque, en sondant un malade, l'instrument s'écarte de la direction du canal de l'urèthre, et s'enfonce plus ou moins dans les parties environnantes, après avoir percé les parois uréthrales.
Terme de guerre. Chemin et logement qu'on marque aux gens de guerre en voyage. Donner une route à des troupes. Indemnité de route. Feuille de route, ou, simplement, route, écrit déterminant le chemin que doit suivre et les logements que doit occuper une troupe ou un militaire qui voyage isolément. Une feuille de route pour trente hommes. La feuille de route tient lieu de passe-port. Demander route, se disait d'une troupe militaire qui demandait à être renvoyée chez elle.
Les Suisses demandent de l'argent.... sinon, ils s'en veulent aller, et même ont demandé route qu'on leur a accordée et promise — Gui Patin (1601-1672)
Fig. Espace que parcourent les astres, les eaux, etc. La route du soleil. La route d'un fleuve.
Zéthès et Calaïs, ces héros emplumés, Qu'aux routes des oiseaux leur naissance a formés — Pierre Corneille (1606-1684)
La lune est dans le ciel, et le ciel est sans voiles.... Elle éclaire de loin la route des étoiles, Et leur sillage blanc dans l'océan d'azur — Lamartine (1790-1869)
Fig. Ce que l'on suit pour arriver à quelque résultat, comme on suit une route pour arriver au terme du voyage.
Je ne m'endors pas auprès de Mme de Coulanges et de l'abbé Têtu ; cette route est bien disposée et fort en notre main — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il avait acquis, par ses lectures continuelles, des habitudes dans tous les pays et dans tous les siècles.... il connaissait toutes les routes de la vertu et de la gloire ancienne et nouvelle — Fléchier (1632-1710)
À vau-de-route, voyez VAU-DE-ROUTE.
Étymologie : Bourguig. rôte ; du bas-lat. via rupta, voie rompue, voie qu'on a faite en rompant la forêt et le terrain (voy. ROMPRE). Il ne faut pas confondre ce mot avec l'ancien route qui signifiait bande, ni avec route ou roupte qui signifiait défaite et qui vient aussi de rupta, de rumpere. Si la dérivation latine n'était pas si bien établie, on aurait été tenté d'accepter une étymologie celtique : Roto-magus, Rouen, très probablement la ville du passage, de rod, rut, roto, gué, passage, chemin ; en vieil armoricain, rid, rit, ryt ; même sens en cambrien ; rod, voie, route, en irlandais.
Historique : XIIIe s. Ge oi [j'eus] envie seur les felons, veanz la pais des pecheours ; par poi que ne ting leur route J'ai ma route perdue, s' [si] en ai le cuer dolent XIVe s. Lesdiz religieus avoient vendu les rouptes [bois rompu] et les lignes [bois tombé] et laies.... XVIe s. Après diverses opinions conclud de marcher contre les ennemis ; si furent mis espies par chemin, coureurs par la campaigne, charois en voye, pietons en marche, hommes d'armes en la route, et les vivres en erre Il est vray que les gens de bois et de forests appellent routes ces longues allées et tranchis faits au travers des fore…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Voie praticable par les voitures. Route fréquentée. La grande route ou La grand-route. Route pavée, empierrée, macadamisée, goudronnée. Une route ravinée, dégradée défoncée. L’entretien des routes. Un croisement de routes.
Route nationale, Celle qui est entretenue aux frais de l’état.
Route départementale, Celle qui est entretenue aux frais du département.
Route stratégique, Celle qui est destinée à faciliter les opérations militaires.
ROUTE se dit aussi de l’Ensemble des routes. La route et le rail. Le code de la route.
Venir à Paris par la route, Y venir en voiture, en automobile, par opposition à la voie ferrée ou à la voie aérienne.
ROUTE désigne encore une Grande allée percée dans un bois, dans une forêt, pour la commodité du charroi, de la chasse, de la promenade, etc. Les routes de telle forêt. On a ouvert plusieurs routes dans la forêt. On a percé une route dans ce bois.
ROUTE se dit aussi de la Direction qu’on suit ou qu’on peut suivre, par terre, par mer ou par les airs, pour aller en quelque lieu. La route de terre est de quarante kilomètres plus longue que la route par eau, que la route par mer, par les airs. Quelle route prendrez-vous? Prendre une route de traverse. Il a pris sa route par telle province. Sur la route de Paris à Bordeaux. La flotte prit la route d’Alger, la route d’égypte. Le vaisseau a fait route vers le nord. Se tromper de route.
La route de tel lieu à tel autre est bonne, mauvaise, dangereuse, peu sûre, etc., se dit en parlant de l’état bon ou mauvais d’une route, des dangers qu’on peut y courir.
En termes de Marine, Faire fausse route, Se détourner de la route qu’on avait prise et en prendre une différente, pour se dérober à la poursuite d’un ennemi. Il signifie aussi S’écarter de son droit chemin sans le vouloir, se fourvoyer.
Fig., Faire fausse route, Se tromper dans quelque affaire, employer des moyens contraires à la fin qu’on se propose.
ROUTE se dit encore de l’Action de cheminer, de voyager. Il y a quinze jours qu’ils sont en route, qu’ils se sont mis en route. Allons, en route! Il est resté en route. Nous avons fait route ensemble. Interrompre sa route. Reprendre sa route.
Feuille de route se dit d’un Papier délivré à un soldat qui voyage isolément. Donner une feuille de route à un soldat. Faire viser sa feuille de route.
Indemnité de route, Somme allouée à un soldat qui a un voyage à faire.
Chanson de route, Chanson que l’on chante en cheminant, en marchant.
ROUTE se dit encore du Parcours des astres, des eaux, etc., se dirigeant d’un point vers un autre. La route du soleil. Ce fleuve se grossit sur sa route d’une infinité de petites rivières.
Au figuré, il désigne la Conduite qu’on tient pour arriver à quelque fin, les moyens qui y mènent. Il a pris la bonne route pour arriver à son but. La route qu’il a choisie ne le mènera pas à la fortune, ne le conduira pas à la gloire. Il s’est engagé dans une route où il ne peut que s’égarer. On lui a tracé, on lui a marqué sa route. La route qu’il prend pour arriver à ses fins est la plus aisée, la plus courte, la plus honorable, la plus sûre. La route des dignités, des honneurs. La route de la vertu. La route du ciel.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- routes — pluriel — /ʁutə/
- route — singulier — /ʁutə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée route#54311.