roseau

roseau

nom, masculin, /ʁozo/ ou /ʁɔzo/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Plante dont la tige, lisse et droite, est creuse et remplie de moelle.

    Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; Un roitelet pour vous est un pesant fardeau — La Fontaine (1621-1695)

    Un appui de roseau soulageait leurs vieux ans — La Fontaine (1621-1695)

  2. Fig. Il se dit de l'être humain comparé pour sa faiblesse au roseau. C'est un roseau qui plie à tous les vents, se dit d'un homme qui cède à toutes les impulsions. S'appuyer sur un roseau, mettre sa confiance en quelqu'un qui n'a ni force ni crédit, etc. Roseau peint en fer, esprit qu'on croit ferme et qui est faible.

    L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant — Pascal (1623-1662)

    Comme un chêne est le confrère d'un roseau, le roseau, en levant sa petite tête, dit au chêne : Ceux de Dodone n'ont jamais mieux parlé — Voltaire (1694-1778)

  3. Roseau des étangs ou de la passion, roseau à quenouille, ainsi dit parce que son épi a l'air d'une quenouille nommé aussi roseau canne ou roseau des jardins, l'arundo donax, graminées. Roseau à balais, arundo phragmites, L. Roseau des Indes, bambou. Roseau odorant, acore.

  4. Terme d'architecture. Se dit de certains ornements dont on remplit par le bas les cannelures des colonnes rudentées.

Étymologie : Wallon, rozaî ; prov. rauzel, rauzeu ; d'un radical ros ou raus qui se trouve dans l'ancien français et dans le provençal ; Berry, rauche, roseau ; norm. ros ; du goth. raus, jonc ; allem. mod. Rohr.

Historique : XIIe s. E nostre sires ferrad [frappera] Israel, e croler le frad si cume fait li rosels par cele riviere Cez de Egypte ki sunt cume bastons de rosel pesceed, [rompu], Sur qui si l'um se apuied, tost falsed et depiesced XVIe s. Appuiez-vous, après Dieu, sur ces espaules fermes, et non sur ces roseaux tremblans à tous vents Estançonner le mensonge d'un roseau Ung vaisseau d'argent doré, de forme ronde, de la longueur de près d'une aulne de Paris, dedans lequel estoit le roseau qui fut baillé à N. S. Jesus-Crist, quant Pilate dict aux Juifs : Ecce homo

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Plante aquatique dont la tige, lisse et droite, est ordinairement creuse et remplie de moelle. Roseau pliant. Couvrir une maison de roseaux. Des touffes de roseaux. Un marais plein de roseaux. Frêle comme un roseau.

  2. Fig., C’est un roseau qui plie à tous les vents se dit d’un Homme qui n’a point de fermeté, qui cède à toutes les impulsions qu’on veut lui donner.

  3. Fig., Il s’appuie sur un roseau, Celui en qui il met sa confiance n’a pas la force, le crédit, l’autorité nécessaire pour le soutenir.

  4. Fig., et fam., C’est un roseau peint en fer se dit d’un Homme qui a l’apparence de la fermeté, mais qui au fond est faible et irrésolu.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • roseaux — pluriel — /ʁɔzo/ ou /ʁozo/
  • roseau — singulier — /ʁɔzo/ ou /ʁozo/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée roseau#54078.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.