ronce
nom, féminin, /ʁɔ̃sə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Genre de la famille des rosacées. Arbuste épineux et rampant dont le fruit, assez agréable, est nommé muron ou mûre sauvage, rubus fruticosus, L.
Il croîtra des ronces et des chardons sur leurs autels — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Les ronces dégouttantes Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Tout ce qui pique, nuit comme la ronce.
Oh ! que de mon esprit triste et mal ordonné, Ainsi que de ce champ par toi si bien orné, Ne puis-je faire ôter les ronces, les épines ! — Boileau (1636-1711)
Chacun trouve ses voies semées de ronces et d'épines — Massillon (1663-1742)
Ronce framboise, le framboisier, rubus idaeus, L.
Espèce de raie.
Se dit des veines orbiculaires qu'on voit sur les lames de Damas et sur les bois noueux.
Étymologie : Wallon, ronh ; poitevin, ronde ; provenç. roize, s. m. et ronzer, s. m. Diez le tire du lat. rumex, rumicem, qui signifiait une sorte de dard, alléguant rumec qui en languedocien signifie ronce, et les formes analogues, ponce de pumicem, pouce de pollicem, etc. Cela est fort possible. Pourtant le sens n'est pas tout à fait satisfaisant ; et d'autre part le bas-latin donne une série de mots très voisins de ronce : c'est runcalis ou runca, lieu couvert de ronces ; c'est runcus, runchus, ronchus, ronce ; c'est ronscher, dans un texte du XIVe siècle (du Cange, runcare) ; tous mots rattachés au lat
Historique : XIIe s. Molt i ot voie felenesse, De ronces et d'espines plainne Mais à voz letres puis e veeir e sentir, Que ne puis pas les grapes des espines cuillir, Ne des runces les fiches.... XIIIe s. Kar il s'entreheient de mort ; Li uns fu runce, l'autre espine, E issu de male racine XVe s. Enrossiné [piqué] d'une ronsse XVIe s. Et les quatre pilliers du petit bastiment [une cage] Sont d'une grosse ronce en quatre parts fendue Un rochier à l'escart, emmy des ronces
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Arbuste épineux et rampant, de la famille des Rosacées, qui vient dans les haies et dans les bois et qui porte un fruit assez semblable à une petite mûre et appelée pour cette raison Mûre sauvage. S’accrocher, se déchirer aux ronces.
Ronce artificielle, Fil de fer garni de petites pointes métalliques, dont on se sert pour les clôtures. On dit aussi Fil de fer barbelé.
RONCE se dit figurément des Difficultés, des désagréments que l’on rencontre. Il trouve partout des ronces et des épines. La vie est semée de ronces et d’épines.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- ronces — pluriel — /ʁɔ̃sə/
- ronce — singulier — /ʁɔ̃sə/
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