roi

roi

nom, masculin, /ʁwa/

Définitions

  1. Souverain qui exerce le pouvoir suprême dans un État monarchique, le plus souvent à titre héréditaire.

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  2. Personne ou chose qui domine son domaine, considérée comme la plus importante.

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  3. Pièce maîtresse du jeu d'échecs, dont la mise en échec définitive termine la partie.

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  4. Carte à jouer figurant un personnage couronné, placée au-dessus de la dame.

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Voir aussi : forme féminine reine

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (26 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (41 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Chef souverain de certains États. Fig. Faire le roi, exercer une autorité comparée à l'autorité royale. Fig. Vivre en roi, faire une dépense de roi, vivre, dépenser magnifiquement. Il a un cœur de roi, c'est un homme généreux, libéral. Être heureux comme un roi, comme un petit roi, être extrêmement heureux dans sa condition. Parler en roi, faire le roi, trancher du roi, être impérieux et hautain. Par exagération. Se croire le roi du monde, être au comble du bonheur. C'est un plaisir de roi, c'est un grand plaisir. Un manger de roi, un morceau de roi, un morceau digne de la bouche d'un roi, se dit d'un mets exquis, délicieux. Fig. Souhait de roi, fils et fille. Jouer au roi dépouillé, se dit quand plusieurs personnes sont après quelqu'un pour le piller, le ruiner. Roi détrôné, jeu d'enfants qui consiste en ce que, l'un étant monté sur un banc, un tas de feuilles ou de paille, un tertre quelconque, d'autres tâchent, en le tirant ou le poussant, de le faire descendre et de prendre sa place. Jouer au roi détrôné. Fig. En parlant de deux ou plusieurs personnes qui s'enlèvent successivement ou réciproquement une position regardée comme avantageuse. Ils jouent au roi détrôné. C'est un roi en peinture, un roi de cartes, un roi de carreau, se dit d'un prince faible qui ne sait pas user de son autorité. Fig. C'était du temps du roi Guillemot, c'était dans l'ancien temps.

    De grands rois tous les jours la fortune se joue — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Les rois ne sont jamais de faibles ennemis — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Le roi Catholique, le roi d'Espagne. Anciennement. Le roi Très Chrétien, le roi de France. Roi des Romains, titre que l'on donnait dans l'empire germanique à celui qui était désigné par les électeurs pour succéder à la dignité d'empereur. Roi de Rome, titre que Napoléon 1er avait donné à son fils. Terme d'histoire ancienne. Le grand roi, le roi de Perse. Roi des Juifs, se dit, dans l'Écriture, de Jésus-Christ. Roi d'Yvetot, nom que prenaient les seigneurs d'Yvetot, terre dans le pays de Caux, en Normandie.

    La reine d'Espagne crie toujours miséricorde.... elle arrêta l'autre jour le roi par delà l'heure de la messe, il lui dit : Madame, ce serait une belle chose que la reine Catholique empêchât le roi Très Chrétien d'aller à la messe — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Et malgré les serments que Louis de Valois, Que le roi Très Chrétien a prêtés sur la croix — C. DELAVIGNE

  3. Roi des rois, se dit d'un roi qui, par prééminence, commande à d'autres rois. Fig. Le roi des rois, Dieu. Le roi du ciel, Dieu.

    Ce nom de roi des rois et de chef de la Grèce Chatouillait de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse — Jean Racine (1639-1699)

    Il y a cette différence entre les rois de la terre et le roi des rois, que les princes ne rendent pas leurs sujets fidèles, mais qu'ils les trouvent tels ; au lieu que Dieu ne trouve jamais les hommes qu'infidèles, et qu'il les rend fidèles quand il le faut — Pascal (1623-1662)

  4. Quand on dit absolument le roi, on entend le roi qui règne dans le pays où l'on est. Le feu roi, le prédécesseur du roi régnant. Servir le roi, se disait pour être militaire, servir dans les troupes du royaume. Dans la marine, bâtiment du roi, bâtiment armé par le gouvernement et monté par des officiers et des marins de la marine royale. Il est noble comme le roi, se dit d'un homme de noblesse ancienne. Cela est vrai ou le roi n'est pas noble, se dit pour affirmer une chose. Le roi n'est pas son cousin, se dit de quelqu'un qui est fier ou glorieux, ou qui vient d'obtenir quelque grand succès. Être sur le pavé du roi, être dans la rue. Loger dans la maison du roi, être en prison. Être au pain du roi, manger le pain du roi, se disait des soldats et aussi des prisonniers. Qui aura de beaux chevaux, si ce n'est le roi ? se dit quand quelqu'un s'étonne de voir un homme riche bien logé, bien meublé, etc. Pour se moquer de celui qui dit d'un ton absolu : je veux, on répond : le roi dit : nous voulons. Populairement. Aller où le roi va à pied, ne va qu'en personne, n'envoie personne, aller à ses nécessités.

    Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine.... — Molière (1622-1673)

    Les Écossais, à qui il [Charles 1er] se donne, le livrent aux parlementaires anglais, et les gardes fidèles de nos rois trahissent le leur — Bossuet (1627-1704)

  5. Le roi ne meurt pas, se disait en France pour signifier qu'à la mort du roi, son parent mâle le plus proche est dans l'instant, et par le seul droit de sa naissance, en possession de l'autorité royale. De par le roi, voy. PAR, n° 17. Vive le roi ! acclamation publique pour la longue vie et la prospérité du roi. La maison du roi, voy. MAISON, n° 19. La bouche du roi, ou, simplement, la bouche, les officiers qui apprêtent le manger pour le roi, et les offices où ils travaillent. Commissaire du roi, homme du roi, celui qui a commission du roi pour quelque affaire relative au service du roi ou du public. Procureur du roi, avocat du roi, se disait quand la France était en royaume, voy. PROCUREUR, AVOCAT. On disait de même au palais : les gens du roi. Lieutenant de roi de telle place, celui qui en a le commandement en l'absence du gouverneur.

  6. Anciennement. Main du roi, la puissance et l'autorité du roi interposées dans les procédures judiciaires entre particuliers. Dans l'ancien style de la procédure, mettre quelque chose sous la main du roi, saisir quelque chose en justice au nom du roi.

  7. Anciennement. Les ordres du roi, les ordres de chevalerie de Saint-Michel et du Saint-Esprit. L'ordre du roi, l'ordre de Saint-Michel, pris séparément.

  8. Anciennement. Coin du roi, morceau de fer trempé et gravé pour marquer la monnaie. Taux du roi, le prix d'une chose réglé par l'autorité du roi (on dit aujourd'hui taux légal). Poids du roi, et, plus ordinairement, poids de roi, le lieu où l'on pèse les grosses marchandises (on dit aujourd'hui poids public). Les deniers du roi, le produit des impositions. Les coffres du roi, les finances du roi. Pied de roi, ancienne mesure, la sixième partie de la toise, ou 325 millimètres.

  9. Vraiment roi, prince qui accomplit tous les devoirs de la royauté. Le plus roi, le prince qui porte le plus le caractère de la royauté. Être moins roi, sortir un peu de la dignité royale. Le moins roi, le prince qui a le moins les défauts des rois.

    Mais un roi vraiment roi qui, sage en ses projets, Du bonheur du public ait cimenté sa gloire, Il faut, pour le trouver, courir toute l'histoire — Boileau (1636-1711)

    L'estime que le plus grand, ou, pour parler avec M. Pellisson, le plus roi entre les rois [Louis XIV] a conçue de votre mérite

  10. Le Livre des Rois, les quatre livres de l'Ancien Testament contenant l'histoire des Hébreux depuis Samuel jusqu'à la captivité de Babylone.

  11. Celui qui commande aux choses comme fait un roi à ses sujets. Fig.

    Roi de ses passions, il a ce qu'il désire — Racan (1589-1670)

    L'homme de la nature est le chef et le roi — Boileau (1636-1711)

  12. Fig. et familièrement. Le premier, le principal, le meilleur en son genre. C'est le roi des hommes, se dit d'un homme excellent qui aime à obliger, à faire plaisir. Le roi des fous, l'homme le plus fou qu'il y ait.

    J'ai le roi des maris, Il n'en est pas de meilleur dans Paris — La Fontaine (1621-1695)

    Je sais.... Qu'on te peut appeler le roi des serviteurs — Molière (1622-1673)

  13. Roi d'armes, le chef des hérauts d'armes. Le roi du bal, celui qui donne le bal, ou en l'honneur de qui on donne le bal et qui ouvre la danse. Le roi de la basoche, celui d'entre les clercs du palais qui présidait une certaine juridiction qu'ils tenaient autrefois. Le roi des pèlerins, celui d'entre eux qui a vu le premier le clocher du lieu où ils vont en pèlerinage. Le roi de l'oiseau, celui des tireurs d'arbalète qui abat l'oiseau. Chez les anciens, le roi du festin, celui qui présidait à un festin.

    Nous tirâmes au sort le roi du festin ; il devait écarter la licence, sans nuire à la liberté — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  14. Titre qui se donnait à tous les chefs de corporation jouissant de quelque privilége public. Roi des barbiers, des merciers, etc.

    Roi des violons, le chef des vingt-quatre violons du roi et de tous les violons de France, sans la permission duquel il n'y avait pas de violon qui osât jouer publiquement, — Richelet (1626-1698)

  15. Roi, titre que l'on donnait, à Malte, au plus ancien des chevaliers embarqués sur une des galères de l'ordre ; il commandait la garde, et avait à sa charge les armes du navire.

  16. Roi de théâtre, l'acteur qui fait les rois. Fig. Un roi de théâtre, synonyme de roi en peinture, voy. plus haut, n° 1. Roi de théâtre se dit aussi d'un prince qui veut toujours se montrer, se produire en public.

    Tiens-toi un peu, enfonce ton bonnet en méchant garçon ; campe-toi sur un pied ; mets la main au côté ; fais les yeux furibonds ; marche un peu en roi de théâtre — Molière (1622-1673)

  17. Chez les catholiques, le jour des Rois (avec une R majuscule), l'Épiphanie. Faire ou tirer les Rois, dîner ou souper en société ou en famille le jour des Rois, et partager entre les convives un gâteau où il y a une fève. Gâteau des Rois, le gâteau où il y a une fève, ce jour-là. Chandelle des Rois, voy. CHANDELLE. Le roi de la fève, voy. FÈVE. Ce fut un tel qui fut roi. Le roi boit, cri que poussent les convives pendant que le roi de la fève boit.

    Où j'étais résolu.... De boire et de manger comme aux veilles des Rois — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Mon fils est retourné en basse Bretagne faire les Rois — Mme de Sévigné (1626-1696)

  18. Roi se dit de certains animaux qu'on regarde comme les plus nobles de tous. Le roi des animaux, le lion. Le roi des oiseaux, l'aigle. Roi des animaux se dit quelquefois de l'homme. Par extension, le roi des forêts, le chêne.

    De par le roi des animaux, Qui dans son antre était malade, Fut fait savoir à ses vassaux, Que chaque espèce en ambassade Envoyât gens le visiter — La Fontaine (1621-1695)

    Ce maître prétendu qui leur donne des lois, Ce roi des animaux, combien a-t-il de rois ? — Boileau (1636-1711)

  19. Roi des chevrotains, nom donné à l'antilope pygmée de Pallas, ruminants (Cap). Roi des cailles, le râle des genêts. Roi de a mer, la coryphène hippure (poissons acanthoptérygiens), appelée dauphin. Roi des rougets, l'apogon commun. Le roi, nom vulgaire du papillon grand nacré. On dit aussi roi des papillons. Roi du sud, belle variété de cône (coquilles).

  20. Le roi des abeilles, voy. ABEILLE.

Étymologie : Bressan, ray ; prov. roi, rey, re ; esp. rey ; ital. re ; du lat. règem ; comparez le gothique reiks, le kymrique rîx, l'irl. rig, et le sanscr. rajan.

Historique : Xe s. Chi [qui] rex eret à cels dis sovre pagiens XIe s. E qui enfraint la pais le rei Charles li reis, nostre emperere magne XIIe s. Que roi [l'amour] me fait de folie Car cil qui voit tel amor desevrer [séparer].... A assez plus de duel [deuil] et de pesance Que n'auroit jà li rois s'il perdoit France Raoul ot droit, si con je ai apris ; Le tort en ot li rois de Saint Denis XIIIe s. [Il y] Avoit un roi en France de moult grant seigneurie Ha ! Diex, fait-ele, sire, vrai rois, vrai gouvernere [Dieu] C'est li rois souverains en cui du tout [je] m'afi Ha ! Diex, con je seroie rois [quelle satisf…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Terme du jeu du piquet à écrire. Nom d'une division de la partie qui comprend deux ides. Une partie complète est de douze rois ou vingt-quatre ides.

Étymologie : D'après Rabelais, voy. son Glossaire, roie était la marque, la raie servant à noter les coups, les parties dans divers jeux, notamment aux cartes ; il faudrait écrire : jouer en six roies, en douze roies, et non rois, comme fait l'Académie (JAUBERT, Glossaire).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Monarque, prince souverain d’un état ayant le titre de royaume. Roi légitime. Roi absolu. Roi constitutionnel. Roi héréditaire. Roi électif. Roi de France et de Navarre. Les rois d’Israël. La cour d’un roi. Proclamer un roi. Couronner, sacrer un roi. élire un roi.

  2. Le roi des rois, le roi du ciel et de la terre, Dieu.

  3. Le roi très chrétien, Le roi de France. Le roi catholique, Le roi d’Espagne. Le roi très fidèle, Le roi de Portugal.

  4. Roi des Romains, Titre que l’on donnait dans l’empire germanique, à celui qui était désigné par les électeurs pour succéder à la dignité d’empereur.

  5. Grand roi, Titre porté dans l’antiquité, par le roi des Perses.

  6. Les livres des Rois, Les quatre livres de l’Ancien Testament qui contiennent l’histoire du peuple de Dieu, depuis Samuel jusqu’à la captivité de Babylone.

  7. Les rois mages, Les trois personnages qui vinrent de l’Orient à Bethléem pour adorer l’Enfant Jésus.

  8. Le jour des Rois, la fête des Rois, Le jour de l’épiphanie, qui commémore l’adoration des rois mages. Tirer les Rois, Partager, au moment de l’épiphanie, un gâteau dans lequel a été mise une fève. On appelle Gâteau des Rois ou Galette des Rois Ce même gâteau; et Roi de la fève Celui à qui échoit la part où se trouve la fève. Ce fut un tel qui fut roi. Le roi boit.

  9. Fig., Il est heureux comme un roi se dit d’un Homme extrêmement heureux dans sa condition.

  10. Fig. et fam., C’est un morceau de roi se dit d’un Mets exquis et délicieux. Il se dit aussi d’une Belle fille.

  11. Fig., C’est un plaisir de roi, C’est un plaisir très grand, très vif.

  12. Fig. et fam., C’est la cour du roi Pétaud, chacun y est maître, ou simplement C’est la cour du roi Pétaud se dit d’une Maison, d’une compagnie où chacun parle haut et veut commander.

  13. Prov. et fig., Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Voyez

  14. AVEUGLE.

  15. ROI, employé absolument, se dit du Roi qui règne dans le pays où l’on est, ou dans le pays et au moment dont on parle. Par commandement exprès du roi. Le service du roi. Le lever du roi. Un emploi à la nomination du roi. Le roi séant en son conseil.

  16. De par le roi, Formule qui signifie De la part du roi, au nom du roi et qui se mettait au commencement de divers actes publics portant sommation, injonction, etc.

  17. La maison du roi. Voyez

  18. MAISON.

  19. Les gens du roi se disait des Procureurs et avocats généraux, des procureurs et avocats du roi.

  20. Fig., La bouche du roi ou simplement La bouche, Les officiers qui apprêtaient les repas du roi, et les offices où ils travaillaient.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • rois — pluriel — /ʁwa/
  • roi — singulier — /ʁwa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée roi#53942.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.