rogue
adjectif, /ʁɔɡə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Terme familier. Arrogant avec une nuance de rudesse en plus. Il se dit du ton, des manières.
M. d'Elbeuf, qui, selon le caractère de tous les gens faibles, était rogue et fier, parce qu'il se croyait le plus fort — Cardinal de Retz (1613-1679)
Je voudrais bien que les gens qui sont si fiers et si rogues sur leurs paillers voyageassent un peu dans l'Europe — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Diez le tire de l'islandais hrok, insolent, et croit que le mot a été apporté par les hommes du Nord qui s'établirent dans la Neustrie ; il regarde l'équivalent celtique comme emprunté au mot scandinave. Cependant la plupart des dialectes celtiques ont le mot : bas-bret. rok, rog, fier ; gaél. rucas, fierté ; irl. rucas, rocas, fierté. Cela rend douteuse l'opinion de Diez. Dans l'anglais, rogue signifie coquin et aussi espiègle.
Historique : XIIIe s. Et des sieges aiment as tables Les plus haus, les plus honorables, Et les premiers as synagogues, Com fiers et orguilleus et rogues Ajoutez : XVIe s. On voit clairement le fruict qu'a produit la doctrine de Luther, c'est qu'elle a rendu le peuple si rogue et rebelle, qu'on n'en peut plus jouir
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est hautain, arrogant, d’un abord raide et désagréable. Un homme rogue. Une humeur rogue. Il a l’air rogue, la mine rogue. Un ton rogue.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- rogues — pluriel — /ʁɔɡə/
- rogue — singulier — /ʁɔɡə/
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