rognon
nom, masculin, /ʁɔɲɔ̃/ ou /ʁoɲɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Le rein d'un animal, surtout en parlant de ceux dont les reins sont bons à manger. Des rognons de mouton sautés à la poêle. Rognon de veau, se dit de toute la partie de la longe où se trouve le rognon.
Il [le bœuf] se couche ordinairement sur le côté gauche, et le rein ou rognon de ce côté gauche est toujours plus gros et plus chargé de graisse que le rognon du côté droit — Buffon (1707-1788)
Moi qui déjeune toujours avec des rognons à la brochette et des coquilles à la financière — SCRIBE
Populairement, il se dit des reins et de la région des reins, chez l'homme. Tenir, avoir, mettre la main, les mains, les poings sur les rognons, mettre la main sur les hanches, attitude que prennent souvent les gens qui se querellent.
Ô mes fidèles compagnons, Que j'aime plus que mes rognons — Scarron (1610-1660)
Ayant, ainsi qu'un pot, les mains sur les rognons — Mathurin Régnier (1573-1613)
Testicule, en parlant de certains animaux. Des rognons de coq. Rognon de coq, espèce de haricot, de prune et de raisin.
Terme de minéralogie. Se dit de petites portions de roche irrégulièrement arrondies, englobées dans des couches de terre ou dans d'autres masses minérales. Mine en rognons, celle qui se trouve en masses détachées, et non par couches ou par filons suivis.
Les ardoises de nos montagnes renferment souvent des rognons solides beaucoup plus durs que les lits feuilletés dans lesquels ils ont été formés — Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799)
Rognon des arbres, espèce de champignon.
Étymologie : Berry, avoir les rognons couverts, être dans l'aisance, par comparaison avec l'état d'un animal de boucherie bien gras ; prov. renho, ronho, runho ; catal. rony ; espagn. riñon ; du lat. ren (voy. REIN), avec une finale augmentative et péjorative. La forme correcte est le provençal renho ; les autres ont altéré la voyelle.
Historique : XIIe s. Jà de Gautier ne prendrai raençons, Tant que li mete le fer par les roignons XIIIe s. Levez vos sus, dame Hersent, Fetes li un petit de haste [broche] De deus roignons et d'une rate XVe s. Va, luy dirent ses compaignons, Et esguise tout ton engin à nous rechauffer les rongnons XVIe s. Si les rongnons sont offensés, le malade a difficulté d'uriner et pisse du sang Demourant au monde sans estre du monde, comme le roignon couvert et fermé de gresse et n'en tient rien
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Rein d’un animal. Il ne se dit guère qu’en parlant de Certains animaux dont les reins sont bons à manger. Rognons de veau. Rognons de boeuf. Des rognons sautés, au Madère. Des rognons de mouton à la brochette.
En parlant de Certains autres animaux, il signifie Testicule. Des rognons de coq.
En termes de Métallurgie, Mine en rognons, Celle qui se trouve en masses détachées, et non par couches ou par filons suivis.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- rognons — pluriel — /ʁɔɲɔ̃/ ou /ʁoɲɔ̃/
- rognon — singulier — /ʁɔɲɔ̃/ ou /ʁoɲɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rognon#53929.