s. f.
Le bord d'un fleuve, d'une rivière, d'un lac, d'un étang. Fig. Fig. C'est une affaire, une question qui n'a ni fond ni rive, c'est une affaire, une question fort embrouillée. On appelle rive droite ou rive gauche d'un cours d'eau, la droite ou la gauche d'une personne qui est censée marcher dans le fleuve, dans la rivière, etc. en tournant le dos à la source.
Que je peigne en mes vers quelque rive fleurie — La Fontaine (1621-1695)
Un poëte : Halte-là ; on ne dit point en notre langue, sur la rive du fleuve, mais sur le bord de la rivière — Boileau (1636-1711)
En poésie, il se dit aussi des bords de la mer. Fig.
Nous avons pour partir un vaisseau sur la rive — Pierre Corneille (1606-1684)
Et des rives du Pont aux rives du Bosphore Tout reconnut mon père — Jean Racine (1639-1699)
On dit aussi quelquefois, en poésie, rive pour contrée.
Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ? Que ce soit aux rives prochaines — La Fontaine (1621-1695)
Le ciel porta vos pas aux rives de la France — Voltaire (1694-1778)
Chemin de halage d'une rivière ou d'un canal.
Par extension. La rive d'un bois, le bord, la lisière d'un bois.
La rive d'un four, le bord d'un four. Pain de rive, pain cuit sur la rive du four, et qui, n'ayant point touché les autres pains, se trouve cuit et doré tout à l'entour.
Un pain de rive à biseau doré, relevé de croûte partout, croquant tendrement sous la dent — Molière (1622-1673)
Nom donné, dans les papeteries, aux bords d'une feuille de papier.
Terme de paveur. Se dit des deux faces latérales de chaque pavé lorsqu'il est placé.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).