ridicule
adjectif · /ʁidikylə/
Usage : fréquent (54 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui prête à rire, digne de moquerie par son caractère absurde ou déplacé.
Il avait l'air ridicule avec ce chapeau trop grand.
Synonymes : grotesque, risible.
« Comme la mode est parmi nous la raison excellente, nous jugeons des actions, des idées et des sentiments sur leur rapport avec la mode ; tout ce qui n'y est pas conforme est trouvé ridicule »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
« Fi donc ! c'est une ridicule ; à son âge épouser un jeune homme ! »Dancourt (1661-1725)
Qui est tellement dérisoire ou insignifiant qu'il en devient absurde et prête à rire.
On lui a proposé un salaire ridicule pour tout ce travail.
Synonyme : dérisoire.
« Ce qui est nécessaire n'est jamais ridicule »Cardinal de Retz (1613-1679)
« Oh ! je vois bien que vous n'avez pas compris les perfections de la plaisanterie, toute sagesse y est renfermée ; on peut tirer du ridicule de tout »Fontenelle (1657-1757)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- ridicules : pluriel · /ʁidikylə/
- ridicule : singulier · /ʁidikylə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 5 sens
adj.
Digne de risée, en parlant des personnes et des choses. Je suis ridicule, je m'émeus facilement, je pleure facilement (parce que ne pas retenir ses larmes devant le monde passe pour ridicule). En un sens analogue, avoir le cœur ridicule, s'attacher facilement.
Je ne m'étonne pas que vous ayez ri tout votre soûl, en m'écrivant l'étrange bruit qui court de moi, que je n'ai ni bonté ni amitié ; car, sans mentir, il ne s'est jamais rien dit de si ridiculeVoiture (1597-1648)
Allons fouler aux pieds ce foudre ridiculePierre Corneille (1606-1684)
S. m. et f. Un ridicule, une ridicule, une personne ridicule.
Ne voyez-vous pas que c'est un ridicule qu'il fait parler ?Molière (1622-1673)
La constance n'est bonne que pour des ridiculesMolière (1622-1673)
S. m. Ce qu'il y a de ridicule dans une personne ou dans une chose. En ridicule, d'une manière qui excite la moquerie. Tourner, traduire en ridicule, se moquer. Par un jeu de mots sur traduire en ridicule, qui veut dire rendre ridicule, et sur traduire signifiant translater. Donner, prêter un ridicule, rendre ridicule. Se donner un ridicule, des ridicules, se rendre un objet de moquerie.
Le ridicule déshonore plus que le déshonneurLa Rochefoucauld (1613-1680)
Ce mot [pris substantivement] n'est pas fort ancien ....on n'a pas toujours dit : trouver le ridicule d'une choseDominique Bouhours (1628-1702)
Discours ou acte par lequel on se moque d'une personne.
Nos vices ne sont pas les vices qu'Horace et Juvénal ont repris ; nous devons employer un autre ridicule, et nous servir d'une autre censureSaint-Évremond (1614-1703)
Vous êtes cruelle de donner en l'air des traits de ridicule à des endroits [de l'opéra de Roland] qui vous feront pleurerMme de Sévigné (1626-1696)
Terme de théâtre. Ce qui prête au comique.
Il peut y avoir un ridicule si bas, si grossier, ou même si fade et si indifférent, qu'il n'est ni permis au poëte d'y faire attention, ni possible aux spectateurs de s'en divertirLa Bruyère (1645-1696)
Que les caractères qui sont susceptibles de ridicules en grand sont presque entièrement épuisés ; qu'il ne nous reste guère à peindre que des ridicules fugitifs, des ridicules de société et de mode, plus faits pour les sages que pour le parterreD'Alembert (1717-1783)
Étymologie : Lat. ridiculus, de ridere, rire.
Historique : XVIe s. Et feut ridicule l'humeur de Polycrates, tyran de Samos, lequel, pour interrompre le cours de son continuel bonheur... alla jecter en la mer le plus cher et precieux joyau qu'il eut
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
adj. des deux genres
Qui est digne de risée, de moquerie. Cet homme s’est rendu ridicule. Il a des manières ridicules. Une posture ridicule. Discours ridicule. Conduite ridicule. Vanité ridicule. Que cela est ridicule! Il nous a dit des choses fort ridicules. Saisir le côté ridicule d’une chose.
Il s’emploie substantivement en parlant des Personnes. Alceste, du Misanthrope, est un ridicule.
RIDICULE, nom masculin, signifie aussi Ce qui est ridicule, ce qu’il y a de ridicule dans une personne ou dans une chose. Ce serait un grand ridicule. Cela est d’un parfait ridicule, d’un ridicule achevé. C’est le comble du ridicule. Saisir, apercevoir, relever les ridicules. Donner, prêter des ridicules à quelqu’un. Il s’est donné là un grand ridicule. Tomber dans le ridicule. Quel poète comique sut mieux peindre les ridicules?
Tourner quelqu’un en ridicule, Se moquer de lui, faire voir aux autres ce qu’il y a de ridicule dans sa personne, dans ses actions, dans ses discours.
RIDICULE désigne encore les Traits par lesquels on se moque d’une personne, on fait rire les autres à ses dépens. Manier l’arme du ridicule. Braver le ridicule. Périr sous le ridicule. Tomber, crouler sous le ridicule.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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