rideau

rideau

nom, masculin, /ʁido/

Définitions

  1. Pièce d'étoffe suspendue servant à couvrir ou masquer une fenêtre, un lit ou une ouverture.

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  2. Grande toile mobile qui sépare la scène d'un théâtre de la salle.

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  3. Ce qui masque ou dissimule quelque chose à la vue ou à la connaissance.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terme de guerre. Petite élévation de terre derrière laquelle on peut se cacher (par une dérivation du sens original, qui est froncement, repli).

    Vauban espère de pouvoir dérober le travail, la moitié de la nuit, à la faveur d'un rideau qui s'y rencontre — Pellisson (1624-1693)

  2. Terme de ponts et chaussées. Talus élevé au-dessus d'une roue, d'un canal, etc. Mur pour soutenir le pied d'un talus, d'une berge.

  3. Morceaux d'étoffe auquel sont attachés des anneaux coulant sur une tringle, et qu'on tire pour couvrir, cacher ou conserver quelque chose. Rideaux de lit, de fenêtre, de carrosse. Fig. Tirer le rideau, le fermer, cacher quelque chose avec un rideau. Tirez le rideau, je veux dormir. Tirer le rideau sur un tableau. Fig. Tirer le rideau sur, passer sous silence, ne plus s'occuper l'esprit de. Tirer le rideau signifie aussi, en un sens contraire, l'ouvrir de devant quelque chose. Tirez le rideau, que je me lève. Tirer le rideau de devant un tableau. Fig. Tirer le rideau, écarter de devant les regards de l'esprit ce qui les intercepte. Fig. Se tenir derrière le rideau, conduire une affaire sans se mettre en avant, sans se faire connaître. On dit dans un sens analogue : il y a quelqu'un derrière le rideau.

    Tu fermais les rideaux et veillais à l'entour — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    ....un de ces tableaux Sur lesquels on met des rideaux — La Fontaine (1621-1695)

  4. Il se dit de tout ce qui est disposé comme un rideau de lit ou de croisée. Fig. Tirez le rideau, la farce est jouée, tout est fini. Fig. Passer derrière le rideau, se retirer derrière le rideau, cesser d'être en évidence, ne plus s'occuper de.

    Le fond [à l'opéra] est un grand rideau peint grossièrement, et presque toujours percé ou déchiré, ce qui représente des gouffres dans la terre ou des trous dans le ciel, selon la perspective ; chaque personne qui passe derrière le théâtre et touche le rideau, produit, en l'ébranlant, une sorte de tremblement de terre assez plaisant à voir — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Il me paraît que vous êtes si contente de la fortune de vos frères, que vous ne comptez plus sur la vôtre, vous vous retirez derrière le rideau — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Toile d'un théâtre qu'on lève pour montrer le spectacle aux spectateurs, et qu'on baisse pour leur cacher la scène. La pièce fut sifflée, et le rideau tomba avant la fin. Fig.

    Ici finit l'histoire [d'une querelle de Boileau avec un jésuite], le rideau tombe ; Corbinelli me promet le reste — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Haie ou palissade d'arbres ou d'arbrisseaux, produisant de l'ombre, ou rompant la violence du vent ou de l'eau. Cette allée d'arbres, cette suite de maisons forme rideau, elle arrête la vue et cache les objets plus éloignés.

    Partout se présente sur le rivage un rideau de palétuviers, alternativement détruit et renouvelé par la vase et par le sable — Raynal (1713-1796)

    Comme je n'aime pas les curieux, je fais planter devant leurs croisées un double rideau de peupliers — A. DUVAL

  7. Fig. Il se dit de tout ce qui borne la vue.

    Je ne veux point que vous disiez que j'étais un rideau qui vous cachait ; tant pis si je vous cachais, vous êtes encore plus aimable quand on a tiré le rideau : il faut que vous soyez à découvert pour être dans votre perfection — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Tertullien a dit : Le temps est comme un grand voile et un grand rideau qui est étendu devant l'éternité et qui nous la couvre — Bossuet (1627-1704)

  8. Terme de ponts et chaussées. Ensemble des chaînes, tringles et barres de fer, qui soutiennent le plancher d'un pont suspendu.

  9. Terme de fumiste. Assemblage de trois ou quatre lames de tôle qui ouvrent ou ferment à volonté le devant d'une cheminée.

Étymologie : Rider 1. Le sens propre est froncement, petite ride.

Historique : XVe s. Demi journel de terre.... tenant d'une part au ridel ou hollon [petite colline] Rideau de taffetas roge tout d'une piece XVIe s. Vous allez montant de rideaux en rideaux aisez à escarper jusques aux maisons de la ville ....Ville n'aiant point de rampars, commandée tout de son long de divers rideaux de terre Serillac encores fut arresté par les harquebusiers de Boisseau et Poupeliniere, qui avoient fourni un rideau à 150 pas du village, et lesquels encores qu'ils ne fussent que 80....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Pièce d’étoffe, qu’on emploie pour cacher, couvrir, entourer quelque chose. Rideau de taffetas. Rideau de damas, de toile. Rideau de lit. Rideau de fenêtre. Rideau de vitrage. Une paire de rideaux. On a mis un rideau devant ce tableau. Les rideaux d’une bibliothèque. Ouvrir les rideaux. Relever les rideaux. Un anneau de rideau.

  2. Tirer le rideau, Fermer un rideau, cacher quelque chose avec un rideau. Tirer le rideau sur un tableau. Tirez le rideau, je veux dormir. Il signifie également Ouvrir le rideau de devant quelque chose. Tirez le rideau de devant ce tableau. Tirez les rideaux de mon lit.

  3. Fig., Tirer le rideau sur une chose, Ne plus parler, ne plus s’occuper l’esprit de quelque chose de fâcheux, de désagréable. C’est une chose sur laquelle il faut tirer le rideau. Tirons le rideau sur cette aventure.

  4. Fig., Il se tient derrière le rideau se dit d’un Homme qui a soin de ne pas se laisser apercevoir dans une affaire qu’il conduit.

  5. RIDEAU se dit spécialement de l’étoffe, de la grande toile qu’on lève ou qu’on baisse pour montrer ou pour cacher la scène aux spectateurs. Lever, baisser le rideau. Au lever du rideau.

  6. Lever de rideau, Petite pièce que l’on joue avant la pièce principale. Cette comédie n’est qu’un lever de rideau.

  7. Prov. et fig., Tirez le rideau, la farce est jouée, C’en est fait; tout est fini.

  8. Par extension, Rideau de fer, Cloison métallique destinée à isoler la scène d’un théâtre en cas d’incendie. Il se dit aussi d’un Dispositif métallique qui sert à protéger les devantures de magasins.

  9. RIDEAU se dit aussi figurément des Arbres, de arbrisseaux plantés en haie ou en palissade, pour produire de l’ombre ou pour rompre la violence du vent. Un rideau de peupliers abrite cette propriété.

  10. Il se dit encore de Tout ce qui borne la vue, de tout ce qui sert à cacher, à couvrir. Un rideau de collines. Un rideau de nuages. Pour couvrir sa retraite, il laissa devant l’ennemi un rideau de troupes.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • rideaux — pluriel — /ʁido/
  • rideau — singulier — /ʁido/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rideau#53664.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.