rêverie
nom, féminin, /ʁɛvəʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Idée chimérique semblable à un rêve. Faire une rêverie, concevoir une idée étrange, avoir une distraction.
Est-ce une illusion, est-ce une rêverie ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Les indépendants.... parmi lesquels on voit les trembleurs, gens fanatiques, qui croient que toutes leurs rêveries leur sont inspirées — Bossuet (1627-1704)
Délire causé par une maladie, par la fièvre.
Les cheveux hérissés, j'entre en des rêveries De contes de sorciers, de sabbats, de furies — SAINT-AMAND
Dans mes rêveries de ma grande maladie, je trouvais, et je croyais, et je disais que j'avais une cuisse bleue — Mme de Sévigné (1626-1696)
État de l'esprit occupé d'idées vagues. Titre de certains morceaux de poésie ou de musique.
Par le travail, on charmait l'ennui, on ménageait le temps, on guérissait la langueur de la paresse et les pernicieuses rêveries de l'oisiveté — Bossuet (1627-1704)
Il faut aimer pour ressentir Le charme de la rêverie — Philippe Quinault (1635-1688)
Pensées riantes ou tristes auxquelles se laisse aller l'imagination.
Éveiller son esprit troublé de rêverie — Mathurin Régnier (1573-1613)
Ne revenez donc plus, tragiques rêveries — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Produit de l'action de rêver, de méditer.
J'occupe ma raison d'utiles rêveries — Boileau (1636-1711)
Dans peu vous allez voir vos froides rêveries Du public exciter les justes moqueries — Boileau (1636-1711)
Étymologie : Rêver.
Historique : XIVe s. Et faisoient leurs resveries, Leur caroles, leur chanteries, Leur regars, leur ris, leur manieres, Leur demandes et leur prieres ; Ainsi chascuns se deduisoit XVIe s. Il trouva remede à ceste resverie par une aultre resverie [à une pensée qui l'obsédait] De toutes les resveries du monde, la plus universelle est le soing de la gloire Les resveries qui sont les songes des veillants, et pires que songes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
état de l’esprit occupé d’idées vagues qui l’intéressent, de pensées riantes ou tristes auxquelles il se laisse aller, où il se complaît. Profonde, continuelle rêverie. Agréable, douce rêverie. S’enfoncer dans une sombre rêverie. Il passe des heures entières dans la rêverie. De mélancoliques rêveries. Il se plaît dans ses rêveries. S’abandonner à la rêverie, ses rêveries.
Il signifie aussi Idée extravagante, chimère. Il veut débiter ses rêveries pour des vérités. Cet ouvrage est plein de rêveries. Ce que vous dites est une rêverie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- rêveries — pluriel — /ʁɛvəʁi/
- rêverie — singulier — /ʁɛvəʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rêverie#55433.