révérence
nom, féminin, /ʁeveʁɑ̃sə/ ou /ʁɛvɛʁɑ̃sə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Grand respect mêlé d'une sorte de crainte. Fig.
Depuis aux bons sergents j'ai porté révérence — Mathurin Régnier (1573-1613)
Ou vous les exécuterez [les décrets] avec révérence, ou vous nous manderez la raison que vous croyez avoir de ne pas le faire — Pascal (1623-1662)
Populairement. Révérence parler, parlant par révérence, sauf votre révérence, excuse dont on se sert quand on dit quelque chose qui pourrait déplaire ou blesser.
Et moi, monsieur, que j'ai mon haut-de-chausse tout troué par derrière, et qu'on me voit, révérence parler.... — Molière (1622-1673)
Ce damoiseau, parlant par révérence, Me fait cocu, madame, avec toute licence — Molière (1622-1673)
Titre d'honneur qu'on donnait à certains religieux. En cet emploi, Révérence prend une majuscule. Populairement. On a bien parlé à Sa Révérence, on l'a bien réprimandé, on l'a bien gourmé.
Il n'y a pas même jusqu'aux religieux, qui, nonobstant les continuelles humiliations auxquelles leurs règles et leur profession les obligent, ne se traitent entre eux de Votre Révérence — CAILLIÈRES
Il dit Votre Révérence à un prince du sang et Votre Altesse à un jésuite — La Bruyère (1645-1696)
Mouvement du corps pour saluer, qu'on fait soit en s'inclinant, soit en pliant les genoux. Fig. Familièrement. Tirer sa révérence à quelqu'un, le saluer. Quand il passa, je lui tirai ma révérence. Familièrement. Tirer sa révérence, saluer en s'en allant, s'en aller. Je lui dis ce que j'avais à lui dire, et lui tirai ma révérence. Fig. Tirer sa révérence, se dit pour refuser, ne pas se prêter à. Ne comptez pas sur moi en cette affaire, je vous tire ma révérence. Particulièrement. Faire la révérence, sa révérence à quelqu'un, lui présenter ses hommages, et le saluer pour la première fois ou quand on a été quelque temps sans le voir. Fig. Fig. Faire la révérence, s'esquiver, déserter. Terme de manége. Faire la révérence, se dit d'un cheval qui fait un faux pas.
Un jeune homme bien fait, qui, rencontrant ma vue, D'une humble révérence aussitôt me salue : Moi, pour ne point manquer à la civilité, Je fis la révérence aussi de mon côté — Molière (1622-1673)
Apprenez-moi comme il faut faire une révérence pour saluer une marquise ; j'en aurai besoin. - Le maître à danser : Une révérence pour saluer une marquise ? — Molière (1622-1673)
Sorte d'hommage rendu à un souverain, en certaines occasions. Le roi a reçu les révérences.
Les voyages de Noisi sont plus fréquents que jamais, les révérences y sont plus réglées, les fontanges tout à fait établies — Mme de Maintenon (1635-1719)
Étymologie : Provenç. reverencia, reverensa ; espagn. reverencia ; ital. riverenza, du lat. reverentia, de revereri, révérer.
Historique : XIIe s. E depeschad [brisa] le serpent de arain que Moyses fist faire, pur ço que la gent jesque à cel tens li ourent ported reverence plus que faire ne dussent e fait oblatiuns XIIIe s. Ma mere est : si la crieng d'enfance, Ge li port moult grant reverence Et prioit par grant reverence Nostre-Seigneur, que par les merites du benoict saint Loys le delivrast de si grant langueur Reverence est cele vertus qui nos fait honor rendre as nobles persones et à celles qui ont aucune seignorie XIVe s. Lequel, oïz les noms des legaz, et le don, et le dieu à qui il estoit tramis, commença à avoir reverenc…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Respect profond, vénération. Il faut traiter les choses saintes avec révérence. Vous devez lui porter honneur et révérence.
Pop., Sauf révérence, révérence parler, en parlant par révérence, Formules d’excuse pour dire une chose qui pourrait blesser. Elles ont vieilli.
RÉVÉRENCE est aussi un Titre d’honneur qu’on donne à certains religieux. Votre Révérence veut-elle... Je prie Votre Révérence de remarquer...
Il désigne encore le Mouvement du corps qu’on fait pour saluer, en s’inclinant et en pliant les genoux. Grande, humble, profonde révérence. Révérence de cour. Faire la révérence bas, bien bas. Faire la révérence de mauvaise grâce. Elle fait ses révérences trop longues, trop courtes.
Fam., Tirer sa révérence à quelqu’un, Le saluer. Il signifie, particulièrement, Saluer en s’en allant, s’en aller. Je lui dis nettement ma façon de penser et je lui tirai ma révérence. Figurément, Je vous tire ma révérence, ne comptez pas sur moi.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- révérences — pluriel — /ʁeveʁɑ̃sə/ ou /ʁɛvɛʁɑ̃sə/
- révérence — singulier — /ʁeveʁɑ̃sə/ ou /ʁɛvɛʁɑ̃sə/
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