révélation
nom, féminin, /ʁɛvɛlasjɔ̃/ ou /ʁevelasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de révéler. La révélation d'un complot. Ces mémoires contiennent de curieuses révélations. En termes d'officialité : on publia des monitoires pour avoir révélation de telle chose. Fig. C'est toute une révélation, se dit d'un fait qui, connu, en découvre une infinité d'autres.
L'on peut avoir la confiance de quelqu'un sans en avoir le cœur ; celui qui a le cœur n'a pas besoin de révélation ou de confiance, tout lui est ouvert — La Bruyère (1645-1696)
Toute révélation d'un secret est la faute de celui qui l'a confié — La Bruyère (1645-1696)
L'inspiration par laquelle Dieu fait connaître surnaturellement certaines choses. Il se dit aussi des communications supposées avec les dieux, dans le paganisme. Fig. Savoir une chose par révélation, la savoir sans l'avoir apprise. Révélation intérieure, suggestion intime qu'on rapporte à une origine divine.
Vous n'aurez pour vision qu'une nuit sombre, et pour révélation que des ténèbres — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Le Seigneur, le Dieu des armées, m'a fait entendre cette parole dans une révélation — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Absolument. La révélation divine ou la religion révélée. On dit quelquefois les trois révélations, en parlant de la religion juive, de la religion chrétienne et de la religion musulmane.
L'autorité de l'Écriture sainte est fondée sur la révélation
Une religion pour vous conduire et une révélation pour vous éclairer — Montesquieu (1689-1755)
Chose révélée. Les révélations de saint Jean.
Étymologie : Provenç. revelacio ; espagn. revelacion ; ital. rivelazione ; du lat. revelationem, de revelare, révéler.
Historique : XIIe s. Après tant halte revelation XIIIe s. Ou se Diex par tex [telles] visions Envoie revelacions Ke plusurs almes [âmes] veirement Veient ke lur ert à venir.... Plusurs par revelaciun, E d'autres par avisiun
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de révéler. Révélation d’un secret, d’un complot, d’une conspiration, d’un crime. La non-révélation des crimes qui peuvent compromettre la sûreté de l’état. Révélation des complices.
Il se dit spécialement de Certaines informations, orales ou écrites, qui expliquent des événements obscurs, ou font connaître des faits nouveaux. Ces mémoires contiennent des révélations importantes, curieuses, étranges. Il est venu trouver la police, disant qu’il avait des révélations à faire.
Fig., C’est une révélation se dit d’un Fait inattendu que l’on apprend soudain, ou d’un Fait qui une fois connu en explique un grand nombre d’autres. Il se dit encore, familièrement, en parlant d’une Personne qui manifeste tout à coup des qualités, un talent qu’on ignorait. La publication de cette oeuvre a été une révélation.
RÉVÉLATION désigne aussi, dans les diverses religions, la Manifestation directe de la pensée et de la volonté divines. Dans le christianisme, il désigne spécialement les Enseignements directs ou l’inspiration par lesquels Dieu a fait connaître ses mystères, sa volonté, sa venue, etc. Révélation divine. Saint Paul a eu des révélations.
Il se prend absolument et désigne la Révélation divine ou la Religion révélée. L’autorité de l’écriture sainte est fondée sur la révélation. Croire à la révélation.
Il se dit aussi des Choses révélées. Les révélations de saint Jean.
Il se dit de même des Communications supposées des païens avec leurs dieux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- révélations — pluriel — /ʁevelasjɔ̃/ ou /ʁɛvɛlasjɔ̃/
- révélation — singulier — /ʁevelasjɔ̃/ ou /ʁɛvɛlasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée révélation#55389.