réveil
nom, masculin, /ʁevɛj/ ou /ʁɛvɛj/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Passage du sommeil à l'état de veille. Fig. Batterie de tambour, ou sonnerie de trompette qui annonce l'heure du lever. Fig. Il a eu un fâcheux réveil, se dit d'un homme qui a été détrompé d'une illusion flatteuse.
Un songe.... Qui d'un amas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains objets que le réveil détruit — Pierre Corneille (1606-1684)
....à son réveil il treuve L'attirail de la mort alentour de son corps — La Fontaine (1621-1695)
Poétiquement. Le réveil de l'aurore, le point du jour. Le réveil de la nature, le printemps, époque où la nature semble renaître.
Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil — DE LAPRADE
Il se dit de la sortie hors du sommeil de la tombe.
De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge Que leur restera-t-il ? ce qui reste d'un songe Dont on a reconnu l'erreur ; à leur réveil (ô réveil plein d'horreur !).... — Jean Racine (1639-1699)
Toute la vie n'est peut-être qu'un songe continuel ; peut-être que le moment de la mort sera un réveil soudain — Fénelon (1651-1715)
Fig. Mouvement moral comparé à un réveil.
Dès que le moment de ce réveil terrible sera venu, dès qu'ils [les peuples] auront pensé qu'ils ne sont pas faits pour leurs chefs, mais que leurs chefs sont faits pour eux — Raynal (1713-1796)
En quel insensible sommeil, Europe, restes-tu plongée ! Le cri de la Grèce égorgée Ne hâte-t-il pas ton réveil ? — Pierre Lebrun (1785-1873)
Machine d'horlogerie pour éveiller, dite aussi réveille-matin. Il faut mettre le réveil à telle heure.
Nom que l'on donnait à un canon de 96 livres de balles.
Espèce d'euphorbe, dite plus souvent réveille-matin.
Étymologie : Re..., et éveil ; provenç. revelh. On trouve dans Froissart et dans Perceforest resveil au sens de divertissement, mais ce paraît être une confusion avec l'ancien substantif revel qui a ce sens.
Historique : XVIe s. ....Par ambassades, missives, reveils [sérénades] et aubades Las ! ce qui m'a tant pleu n'estoit rien qu'un faux songe, Et mon mal au contraire est un ferme reveil
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Cessation de sommeil. Un doux réveil. à mon réveil. Il apprit cette nouvelle à son réveil, à l’heure de son réveil. Il a eu après son opération un réveil très pénible.
Battre, sonner le réveil, Exécuter une batterie de tambour, une sonnerie de clairon ou de trompette pour annoncer aux soldats qu’il est l’heure du lever.
Fig., Il a eu un fâcheux réveil se dit d’un Homme qui a été détrompé cruellement de quelque espérance, de quelque illusion flatteuse.
RÉVEIL se dit figurément de Tout mouvement d’ordre moral que l’on compare à un réveil d’ordre physique. Le réveil de son ambition, de ses espérances. Le réveil de l’esprit de parti.
RÉVEIL désigne encore une Petite pendule appelée aussi Réveille-matin. Voyez ce mot. Il faut mettre le réveil sur telle heure.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- réveils — pluriel — /ʁevɛj/ ou /ʁɛvɛj/
- réveil — singulier — /ʁevɛj/ ou /ʁɛvɛj/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée réveil#55330.