rets

rets

nom, masculin, /ʁɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Filet pour prendre du poisson, du gibier. Pans de rets, filets avec lesquels on prend ordinairement les grosses bêtes. Rets saillant, sorte de filet composé de mailles à losanges, et qui sert à prendre des pluviers, des canards et de plus petits oiseaux.

    Il s'élevait bien quelquefois une petite vapeur de la rivière voisine, qui l'enveloppait comme dans un rets — Guez de Balzac (1597-1654)

    Ceux qui viendront après nous liront en notre histoire que le cardinal de Richelieu a démoli la Rochelle et abattu l'hérésie, et que par un seul traité, comme par un coup de rets, il a pris trente ou quarante de ses villes pour une fois — Voiture (1597-1648)

  2. Fig. Tout ce qui sert à saisir, à prendre l'esprit, le cœur, comme fait un rets. Fig. Prendre quelqu'un dans ses rets, le faire tomber dans un piége.

    Que Zéphire en ses rets surprend Flore la belle — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Ils [les philosophes] quitteront les rets de leurs vaines et dangereuses subtilités, où ils tâchaient de prendre les âmes ignorantes et curieuses — Bossuet (1627-1704)

  3. Terme d'anatomie. Rets admirable, voy. RÉSEAU.

    Ces petites branches d'artères qu'on a nommées le rets admirable — Descartes (1596-1650)

  4. Rets marin. Nom vulgaire des masses de coques d'œufs de mollusques, que l'on trouve dans la mer.

Étymologie : Prov. ret, reth ; cat. ret ; espagn. red ; port. rede ; ital. rete ; du lat. rete, qui, d'après Curtius, est pour srete, se rattachant à serere, supin sertum, tisser (voy. SÉRIE). Dans l'ancien français rois, féminin et avec une s, indique non rete, mais le pluriel retia ; on sait que les pluriels neutres du latin deviennent souvent en français des singuliers féminins.

Historique : XIIIe s. Les rois dont [ils] soelent les pors [sangliers] prandre, Environ le bois [ils] ont fait tendre Et i puet l'en sa nef ariver et ses cordes lier as arbres qui sont nés, et sechier sa raiz, et destroser sa nef, et metre à terre seche Avant que le flum entre en Egypte, les gens qui ont accoustumé à ce faire, getent leur roys desliées parmi le flum au soir XVe s. Les deux seigneurs.... escheirent dedans les mains de leurs ennemis, et furent mieux pris qu'à la roix Le pescheur prist en sa rez une table d'or XVIe s. L'Evangile est une rets pour attirer toute sorte de poissons Ainsi qu'on pe…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Filet, ouvrage de corde, de fil, etc., noué par mailles et à jour, pour prendre du poisson, des oiseaux. Tendre des rets. Cet esturgeon a donné dans les rets.

  2. Fig., Prendre quelqu’un dans ses rets, Le faire tomber dans les pièges qu’on lui a tendus.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • rets — forme de base — /ʁɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rets#53425.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.