retranchement

retranchement

nom, masculin, /ʁətʁɑ̃ʃəmɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Suppression de quelque partie d'un tout.

    Il serait à souhaiter que les destins nous eussent accordé une vie plus longue ou plus heureuse ; mais, puisque quelque démon envieux a raccourci notre félicité par le retranchement de nos jours, il faut tâcher de la faire durer le plus que nous pouvons — Perrot d'Ablancourt (1606-1664)

    Le maréchal de Bellefond est à la Trappe pour la semaine sainte ; il parla fort fièrement à M. de Louvois, qui voulut faire quelque retranchement sur sa charge de général, sous M. le Prince — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Terme de marine. Peine de discipline (voy. RETRANCHER, n° 7).

  3. Il se dit quelquefois pour suppression totale. Le retranchement de sa pension le réduit à la misère. Le retranchement des abus.

    Une mort chrétienne, préparée par des infirmités sensibles et humiliantes, par un retranchement des plaisirs et des consolations humaines — Fléchier (1632-1710)

  4. En grammaire, terme générique par lequel on désigne toute suppression de lettres ou de syllabes dans un mot, de mots dans une phrase.

  5. Économie, réduction de dépense. Particulièrement, réduction dans les rentes que l'État payait.

    Ô Dieu, quel changement, quel retranchement, quelle économie dans cette maison ! huit enfants, n'avoir pas eu le temps d'obtenir la moindre grâce ! — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Que n'avez-vous fait un équipage proportionné à celui des autres, à la misère du temps, au.... retranchement dont le roi donne l'exemple ? — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Suppression de certaines avances ou saillies dans les rues et sur les chemins publics.

  7. Espace retranché d'un plus grand. Son domestique couche dans un retranchement.

    Elle poussa une porte qui n'était couverte que d'une tapisserie, et par où l'on entrait dans un petit retranchement où je me mis — Marivaux (1688-1763)

  8. Terme de guerre. Disposition employée pour couvrir les défenseurs d'une position et arrêter les assaillants (ainsi dite parce que les retranchements forment un espace coupé dans un plus grand). Se dit aussi d'un obstacle naturel, comme un ravin, un bois, un cours d'eau, etc. servant à se retrancher.

    Un bois impénétrable, dont le fond est un marais, et, derrière des ruisseaux, de prodigieux retranchements — Bossuet (1627-1704)

    On remarquera l'éminence qu'occupa ce grand capitaine, et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Selestadt — Bossuet (1627-1704)

  9. Fig. Les défenses, les arguments dont on use. Forcer quelqu'un dans ses retranchements, dans ses derniers retranchements, dans son dernier retranchement, détruire ses plus fortes raisons.

    Elle [Mme de Bury, dans son procès avec la maison de Grignan] croyait bien nous jeter dans le labyrinthe des semestres.... c'était un très bon retranchement pour la quintessence de la chicane — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Il ne lui resta aucun retranchement à son erreur — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Retrancher.

Historique : XVIe s. Le retranchement de la superfluité de la depense J'eusse soulagé mon lecteur par les retranchements que j'apporte aux longues harangues, mais.... L'usage des retranchemens, qui est un remede merveilleusement utile, peu pratiqué par le passé ; mais en nos guerres civiles on a appris d'en très bien user

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Suppression de quelque partie d’un tout. Depuis le retranchement qu’il a fait dans sa dépense, il paie ses dettes. Le retranchement d’une scène dans une comédie, d’un chapitre dans un livre. Le retranchement d’une lettre dans un mot.

  2. Il signifie aussi Suppression totale. Le retranchement de sa pension le réduit à la misère. Le retranchement des abus.

  3. RETRANCHEMENT désigne aussi les Travaux qu’on fait à la guerre pour arrêter les attaques des ennemis; en ce sens, il s’emploie le plus souvent au pluriel. Il est impossible de forcer leurs retranchements, de les forcer dans leurs retranchements. On entra dans leurs retranchements l’épée à la main.

  4. Fig., Forcer quelqu’un dans ses retranchements, dans ses derniers retranchements, Triompher de ses dernières résistances.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • retranchements — pluriel — /ʁətʁɑ̃ʃəmɑ̃/
  • retranchement — singulier — /ʁətʁɑ̃ʃəmɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée retranchement#53405.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.