retiré

retiré

adjectif, /ʁətiʁe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Ramené en tirant. Un homme retiré vivant de dessous les décombres.

  2. Tiré en arrière, contracté.

    Ma peau est toute sèche et toute retirée — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Les pattes toutes brûlées et toutes retirées du pauvre Raton embrassent les mains des heureux Bertrands — Voltaire (1694-1778)

  3. En termes de vénerie, on dit qu'un cerf est retiré, lorsque, forcé, il est, pour ainsi dire, desséché, ce qui fait qu'il ne peut plus souffler ni tirer la langue.

  4. Il se dit des choses qu'on rentre pour les mettre à l'abri. Les récoltes retirées dans les granges. Fig. Il se dit des eaux qui rentrent dans leur lit.

    Tout le savoir du monde est chez vous retiré — Molière (1622-1673)

    Les eaux étaient alors retirées, puisque les deux grands continents [Asie et Amérique] étaient unis vers le nord, et également peuplés d'éléphants — Buffon (1707-1788)

  5. Qui a quitté un lieu, un séjour.

    Aujourd'hui même encor de deux sens affaibli, Retiré de la cour et non mis en oubli.... — Boileau (1636-1711)

  6. Établi en un lieu de retraite. Être retiré, vivre retiré, mener une vie fort retirée, vivre loin du commerce des hommes. En un sens analogue.

    Retiré dans la province de Saintonge, où se formaient déjà des factions, il les arrêta par sa vigilance — Fléchier (1632-1710)

    Évrard seul, en un coin prudemment retiré, Se croyait à couvert de l'insulte sacré — Boileau (1636-1711)

  7. Être retiré, se dit d'une personne qui est chez elle le soir et qui ne reçoit plus de visite. Qui a quitté le salon, le cabinet pour s'aller coucher.

    Et, retiré chez lui, le paisible marchand Va revoir ses billets et compter son argent — Boileau (1636-1711)

    Je l'écris [ma lettre] aujourd'hui, samedi au soir ; il n'est que dix heures, tout est retiré — Mme de Sévigné (1626-1696)

  8. Qui se plaît à la retraite. Il est toujours retiré en lui-même, il est taciturne et peu communicatif.

    Que, pendant ces discords, j'ai de fois désiré Le repos retiré De qui tant de grands saints nous ont montré l'exemple ! — Racan (1589-1670)

    La piété consiste dans les sentiments intérieurs d'une âme retirée en elle-même et occupée de Dieu — Bourdaloue (1632-1704)

  9. Qui a cessé d'exercer une profession. Un médecin retiré.

  10. Solitaire, peu fréquenté.

    Allez ; que l'on me laisse en ces lieux retirés — Voltaire (1694-1778)

    J'ai acheté à deux lieues de mes Délices une terre encore plus retirée, où je compte finir mes jours dans la tranquillité — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • retirées — pluriel féminin — /ʁətiʁe/
  • retirés — pluriel masculin — /ʁətiʁe/
  • retirée — singulier féminin — /ʁətiʁe/
  • retiré — singulier masculin — /ʁətiʁe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée retiré#53364.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.