rétention
nom, féminin, /ʁɛtɑ̃sjɔ̃/ ou /ʁetɑ̃sjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de retenir. Terme de jurisprudence. Droit de rétention, faculté, accordée à certains créanciers, de retenir la chose qui est entre leurs mains, jusqu'à parfait payement de ce qui leur est dû.
La rétention ou l'empreinte de ces idées dans la mémoire — Descartes (1596-1650)
Action de retenir un chiffre pour le joindre aux chiffres qui doivent venir après.
Tu sais, comme en opérant par la plume [dans les calculs], on est à tout moment obligé de retenir ou d'emprunter les nombres nécessaires, et combien d'erreurs se glissent dans ces rétentions et emprunts, à moins d'une très longue habitude — Pascal (1623-1662)
Réservation, réserve. Rétention d'une pension sur un bénéfice.
Terme de palais. La rétention d'une cause, l'action des juges qui, décidant que la connaissance d'une cause leur appartient, la retiennent. On dit dans le même sens : un arrêt de rétention. La rétention d'une cause se dit aussi de la décision par laquelle une cause est retenue, conservée au rôle et en son rang.
Terme de médecine. Accumulation d'une substance solide ou liquide dans les conduits destinés à son excrétion, ou dans le réservoir qui est naturellement destiné à la contenir, mais où elle ne devrait séjourner que momentanément. Rétention d'urine, ou, simplement, rétention, accumulation de l'urine dans la vessie.
Le repos, les passions de l'esprit, les excrétions et rétentions,
Un vice de conformation dans la vessie me fit éprouver durant mes premières années une rétention presque continuelle — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Étymologie : Provenç. retentio ; espagn. retencion ; ital. ritenzione ; du lat. retentionem, de retentum, supin de retinere, retenir.
Historique : XVIe s. Le locataire peut user de retention de ses louages pour reparations necessaires Y apposant des retentions, courvées et autres conditions, selon la portée de son domaine Des soies seront aussi emploiées en habits, mais avec retention [retenue], de peur d'abuser de matiere tant precieuse Il perdit connoissance et raison, avec retention des excremens De la suppression ou retention d'urine Il ne m'en souvient [de ce que j'ai su] ; et, si je suis homme de quelque leçon, je suis homme de nulle retention
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de retenir. Clause de rétention sur des revenus. La rétention des fruits.
En termes de Médecine, Rétention d’urine ou simplement Rétention, Maladie dans laquelle la vessie ne peut se débarrasser de l’urine qu’elle contient.
En termes de Procédure, La rétention d’une cause, L’action des juges qui retiennent une cause, en décidant que la connaissance leur en appartient. On dit dans le même sens : Un arrêt de rétention. La rétention d’une cause se dit aussi de la Décision par laquelle une cause est retenue, conservée au rôle et en son rang, pour y être jugée sans aucun délai ni remise.
Droit de rétention, Faculté accordée à certains créanciers de retenir la chose qui se trouve entre leurs mains, jusqu’au paiement de ce qui leur est dû.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- rétentions — pluriel — /ʁetɑ̃sjɔ̃/ ou /ʁɛtɑ̃sjɔ̃/
- rétention — singulier — /ʁetɑ̃sjɔ̃/ ou /ʁɛtɑ̃sjɔ̃/
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