résidence

résidence

nom, féminin, /ʁɛzidɑ̃sə/ ou /ʁezidɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Demeure ordinaire en quelque lieu. Il a établi sa résidence en cet endroit. Par extension, action de garder la chambre, de demeurer chez soi.

    Encore un autre mort faisait sa résidence Non loin de ce tombeau.... — La Fontaine (1621-1695)

    Me voici, après le dîner, dans la chambre du chevalier [de Grignan] ; il est dans sa chaise, avec mille petites douleurs qui courent par toute sa personne.... cet état de résidence et de ne pouvoir sortir lui donne beaucoup de chagrins et de vapeurs — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Séjour actuel et obligé dans le lieu où l'on exerce quelque fonction. Les fonctions de ce magistrat l'obligent à la résidence. Par plaisanterie.

    Mais à l'ambition d'opposer la prudence, C'est aux prélats de cour prêcher la résidence — Boileau (1636-1711)

    Lois vénérables de nos pères, vœux si ardents et si anciens de toute l'Église sur la résidence des pasteurs, il vous connut, il vous respecta — Massillon (1663-1742)

  3. Lieu où réside un prince, un seigneur. Cognac fut longtemps la résidence de François Ier. Résidences royales, châteaux qui dépendent de la couronne.

  4. Emploi, dignité de résident auprès d'un prince. Il demanda telle résidence.

  5. Il se dit des propriétés qui sont attachées à certains corps.

    La résidence fixe, ainsi que la direction de la force magnétique.... dans le fer et l'aimant.... — Buffon (1707-1788)

Étymologie : Provenç. residensa, residencia ; espagn. residencia ; ital. residenzia, residenza ; du lat. residere (voy. RÉSIDER).

Historique : XIIIe s. Se uns frans hons y veut estre, soit qu'il face residence entre les sers ou aillors, il ne pert por ce l'estat de francise XIVe s. Et soit acreue ou amenuisie la quantité des choses [médicaments] selon la quantité et la residence [persistance] de la char [fongueuse] XVe s. J'ay fait plus continuelle residence avecques lui [Louis XI] que nul autre XVIe s. Il feit quelque temps sa residence en la ville d'Argos J'appelle personne, une residence en l'essence de Dieu.... or ce mot de residence doit estre pris en autre sens que celui d'essence La residence [sédiment des urines] est quelques…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Demeure ordinaire en quelque ville, en quelque lieu, en quelque pays. Il fait sa résidence en tel lieu. C’est le lieu de sa résidence. Il a depuis longtemps établi sa résidence en tel endroit. Une résidence agréable.

  2. Il se dit aussi du Séjour actuel et obligé d’un évêque, d’un magistrat, d’un fonctionnaire, etc., dans le lieu où ils exercent leurs fonctions. Ce magistrat ne peut faire de voyage, à cause de la résidence à laquelle ses fonctions l’obligent. Les évêques, les curés sont obligés à résidence, à la résidence. Cet emploi oblige à la résidence, à résidence, exige, demande résidence.

  3. Il désigne également le Lieu de la résidence ordinaire et officielle d’un souverain, d’un prince. Aix-la-Chapelle était la résidence de Charlemagne. Laon fut au Xe siècle résidence royale.

  4. Il se dit aussi du Séjour, de la demeure d’un résident. Il a été reçu à la résidence à Rabat.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • résidences — pluriel — /ʁezidɑ̃sə/ ou /ʁɛzidɑ̃sə/
  • résidence — singulier — /ʁezidɑ̃sə/ ou /ʁɛzidɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée résidence#55175.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.