réservé
adjectif, /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
part. passé
Retenu, en parlant d'une portion de chose, ou d'une chose entre plusieurs. La propriété d'un domaine vendue, mais l'usufruit réservé. Biens réservés, biens dont un testateur ne peut disposer au préjudice de ses héritiers.
Les biens ainsi réservés au profit des ascendants
Mis à part, mis hors de ce qu'on abandonne. Tout droit réservé.
Et, réservé l'amour et le courage, Rien de bon ne me suit — THÉOPHILE
Si nous avons pris un engagement postérieur, le vœu primitif a été réservé — Voltaire (1694-1778)
Gardé pour un autre temps, pour un autre usage, pour une autre occasion, pour une autre personne. Cas réservés, péchés dont on ne peut recevoir l'absolution que du pape ou de l'évêque, ou de prêtres qui ont reçu d'eux un pouvoir spécial. Fig. C'est un cas réservé, se dit d'une chose dont on fait mystère, et que l'on veut faire valoir par ce moyen.
Paris et tout le royaume, avec un fidèle et admirable empressement, reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages — Bossuet (1627-1704)
J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse.... et ma triste voix était réservée à ce déplorable ministère — Bossuet (1627-1704)
Fig. Qui réserve sa conduite, ses paroles, qui se retient de dire ou de faire. Réservé à, avec un infinitif. Substantivement. Il se dit aussi des choses.
Ce qui nous a donné le plus de peine, a été de régler les conversations entre les hommes et les femmes ; car nos pères [jésuites] sont plus réservés sur ce qui regarde la chasteté — Pascal (1623-1662)
Les prédicateurs doivent être réservés sur les louanges — Bossuet (1627-1704)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est circonspect, discret, qui a de la retenue, qui fait attention à ne pas dire ce qu’il convient de garder pour soi, à ne pas faire une démarche, une demande indiscrète. Il faut être fort réservé avec ces gens-là. On ne saurait être trop réservé à parier de soi, à critiquer les autres. Une autre fois je serai plus réservé à dire mon avis, à donner des conseils. Réservé en paroles. Cette femme est très réservée. Il a l’air réservé et mystérieux. Une conduite réservée.
Il s’emploie aussi substantivement. Cet homme fait bien le réservé. Cette femme fait la réservée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- réservées — pluriel féminin — /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
- réservés — pluriel masculin — /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
- réservée — singulier féminin — /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
- réservé — singulier masculin — /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
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