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réserve

Sur cette page : réserve · réservé

réserve

nom, féminin · /ʁezɛʁvə/ ou /ʁɛzɛʁvə/

Usage : fréquent (36 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Quantité de biens mise de côté en prévision d'un besoin futur.

    Nous avons une réserve d'eau pour trois jours.

    Synonymes : provision, stock.

    « Supprimant l'usage arbitraire des permissions, et établissant un temps fixe pour la coupe des réserves »Buffon (1707-1788)

    « N'avez-vous pas quelque coin de réserve ? »La Fontaine (1621-1695)

  2. Restriction ou objection formulée à l'égard d'une approbation ou d'un jugement.

    Il a accepté le projet, mais avec quelques réserves.

    Synonyme : restriction.

    « Je vous supplie.... de faire en sorte que, s'ils [les Anglais] se convertissent de leurs autres hérésies, ce soit à la réserve de celle-ci [la bonne opinion qu'ils ont de moi] »Guez de Balzac (1597-1654)

  3. Attitude de discrétion et de retenue dans les propos ou le comportement.

    Elle parle avec réserve de sa vie privée.

    Synonymes : retenue, discrétion.

    « Les lettres de l'amant sont pleines de chaleur et de force, celles de Julie, de tendresse et de raison ; cependant il y en a quelques-unes où elle me semble manquer de réserve et de modestie »D'Alembert (1717-1783)

    « Il n'y avait que le seul Mentor pour lequel il n'avait aucune réserve »Fénelon (1651-1715)

  4. Territoire protégé où la faune, la flore ou un mode de vie sont préservés.

    Cette réserve naturelle abrite des oiseaux migrateurs.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : devoir de réserve · émettre des réserves · sans réserve · sous réserve de

Grammaire et formes (2)
  • réserves : pluriel · /ʁezɛʁvə/ ou /ʁɛzɛʁvə/
  • réserve : singulier · /ʁezɛʁvə/ ou /ʁɛzɛʁvə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 18 sens

s. f.

  1. Action de réserver. Dans ce contrat il a fait plusieurs réserves. Donation d'un bien sous réserve d'une pension. Commerce de réserve, spéculation qui consiste à acheter des marchandises quand elles sont abondantes et à bas prix, pour les revendre quand elles deviendront rares et chères. Faire la réserve, tricher à certains jeux de cartes, en faisant la distribution.

    Ton intérêt dès lors fit seul cette réserve ; Tu m'as laissé la vie afin qu'elle te servePierre Corneille (1606-1684)

    N'avez-vous pas quelque coin de réserve ?La Fontaine (1621-1695)

  2. Au plur. Choses réservées. Les réserves de sa terre montent plus haut que le fermage.

  3. Terme de jurisprudence. Réserve légale, portion de biens que la loi déclare non disponible, en la réservant à certains héritiers. Anciennement. Réserves coutumières, toutes les parts et portions que les coutumes assignaient aux héritiers ab intestat, dans les propres ou les autres biens. Réserve ecclésiastique, part réservée à celui des enfants qui avait reçu les ordres.

    Les héritiers au profit desquels la loi fait une réserve

  4. Réserves apostoliques, rescrits par lesquels les papes se réservaient la nomination et la collation de certains bénéfices vacants.

  5. Application qu'on fait des cas réservés.

    Je vous avoue qu'à la vérité je ne sais pas bien si la réserve a lieu à l'égard des religieuses, et si, en cas qu'elle ait lieu, leurs confesseurs sont censés avoir les cas réservés à leur égardBossuet (1627-1704)

  6. Terme de liturgie. Saintes espèces conservées pour la communion des malades et des fidèles communiant aux messes où l'on n'a point consacré de petites hosties.

  7. S. f. pl. Terme de jurisprudence. Protestations faites par une partie contre les inductions que l'on pourrait tirer d'un acte émané d'elle. Fig. Faire ses réserves, garder un dissentiment qu'on exprimera plus tard. Je vous écoute en faisant mes réserves ; nous discuterons plus tard.

  8. Armée de réserve, ou, simplement, réserve, partie de l'armée qu'on n'appelle sous les drapeaux que quand les circonstances l'exigent. Corps de réserve, ou, simplement, réserve, troupes qu'on tient un jour de bataille, à distance de l'action, pour les diriger sur les points faibles ou menacés.

    Les Romains ont trouvé, ou ils ont bientôt appris l'art de diviser les armées en plusieurs bataillons et escadrons, et de former le corps de réserveBossuet (1627-1704)

  9. Cadre de réserve, par opposition à cadre d'activité, cadre sur lequel sont portés les officiers généraux arrivés à un certain âge. Dans les villes de garnison, toute garde qui n'a pas de surveillance à exercer, et qui est réunie seulement pour attendre des ordres ; c'est ce qu'on nomme autrement piquet.

  10. Terme de marine. Un certain nombre de vaisseaux placés hors des lignes et destinés à secourir ceux qui en ont besoin, ou à remplacer ceux qui sont trop désemparés pour conserver leur poste. Vieux vaisseau qu'on fait servir, dans les ports, à certains usages.

  11. Terme de chasse. Canton de réserve, ou, simplement, réserve, canton qui est réservé pour celui à qui la chasse appartient.

  12. Bois de réserve, ou, simplement, réserve, partie de bois qu'on laisse croître en futaie, et qu'on ne peut couper qu'après en avoir prévenu l'autorité compétente.

    Supprimant l'usage arbitraire des permissions, et établissant un temps fixe pour la coupe des réservesBuffon (1707-1788)

  13. Terme de gravure par les acides. Dissolution de gomme laque ou de toute autre matière résineuse qui protége, réserve une portion de la planche.

  14. S. f. pl. Terme de teinturier. Substances qu'on applique sur certaines parties des toiles, pour les empêcher de prendre la couleur bleue de la cuve d'indigo, et de manière à obtenir des dessins blancs ou colorés sur le fond bleu.

  15. Fig. Sorte de prudence qui nous retient de dire ou de faire. N'avoir aucune réserve pour quelqu'un, lui tout dire, ne lui cacher aucun secret.

    Il y a un autre Anglais qui vaut bien mieux que lui [Bolingbroke] ; c'est Hume, dont on a traduit quelque chose avec trop de réserveVoltaire (1694-1778)

    Vous vous tenez sur la réserve pour une mince explication avec moi !COLLÉ

  16. À la réserve de, loc. prépos. à l'exception. À la réserve que, loc. conjonct.

    Je vous supplie.... de faire en sorte que, s'ils [les Anglais] se convertissent de leurs autres hérésies, ce soit à la réserve de celle-ci [la bonne opinion qu'ils ont de moi]Guez de Balzac (1597-1654)

    Despréaux soutint les anciens à la réserve d'un seul moderne [Pascal]Mme de Sévigné (1626-1696)

  17. Sans réserve, loc. adv. Sans faire exception ou restriction.

    J'obéis sans réserve à tous vos sentimentsPierre Corneille (1606-1684)

    N'ayant plus rien à craindre au dehors, il [le peuple] s'est abandonné sans réserve à sa passionBossuet (1627-1704)

  18. En réserve, loc. adv. à part, de côté.

    L'on a trouvé le nombre de lits, matelas, draps et couvertures que vous marquez par votre mémoire ; la ville en fournit quelques-uns qui étaient en réserve chez le receveurBossuet (1627-1704)

    La vente des vins et des blés qui restent donne un fonds qu'on laisse en réserve pour les dépenses extraordinairesJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Étymologie : Voy. RÉSERVER.

Historique : XVIe s. C'est celui qu'aujourd'hui mesmes les papistes nomment penitentier en leurs eglises cathedrales, lequel a quelque reserve des crimes les plus enormes J'en feis bientost des reserves notables [d'argent], selon ma condition Non pour en faire magasin et reserve à mes heritiers Il luy envoya le brevet de la reserve de la lieutenance au gouvernement de Bretaigne, signé de sa main, advenant la mort du duc d'Estampes Toute eau, quoique de pluie, n'est bonne pour reserve en cisterne

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 28 sens

n. f.

  1. Action de réserver. Dans ce contrat, il a fait plusieurs réserves. Il a fait donation de son bien, sous la réserve d’une pension. Il a loué sa maison avec réserve, sous réserve de résilier en cas de vente.

  2. Il signifie aussi Restriction en vue de certaines éventualités qu’on ne peut prévoir ou qu’on ne veut pas préciser. Faire ses réserves.

  3. Sous toutes réserves, Formule placée fréquemment à la fin des actes de procédure pour la garantie de clauses, de conditions, dont la stipulation n’est point formellement portée dans ces actes. Elle s’emploie aussi dans le langage ordinaire pour signifier Sans garantie. Nous publions cette nouvelle sous toutes réserves.

  4. RÉSERVE se dit aussi des Choses réservées. J’ai une réserve de provisions. Constituer une réserve, des réserves. J’ai pris cela dans ma réserve. Les réservés de sa terre montent plus haut que ce qui est affermé.

  5. En termes de Jurisprudence, Réserve légale, Portion de biens dont la loi ne permet pas de disposer par testament et qu’elle réserve à certains héritiers.

  6. RÉSERVE se dit spécialement de la Portion des forces militaires d’un pays qui, en temps de paix, n’est pas maintenue sous les drapeaux ou n’y est appelée que pour des périodes d’instruction et qui, en cas de mobilisation générale, rejoint les autres troupes. Division de réserve. Troupes de réserve.

  7. Officier de réserve, Officier homme seulement au titre de la réserve et à qui un certain nombre des dispositions de la loi sur le statut des officiers ne sont pas applicables.

  8. Cadre de réserve, Cadre sur lequel sont portés les officiers généraux arrivés à un certain âge.

  9. En termes de Guerre, Corps de réserve, Troupes que le chef d’une armée maintient à distance de la ligne de combat afin de les faire donner quand l’occasion le demandera. Dans ce sens, on dit aussi simplement Réservé. On a détaché une partie de la réserve pour soutenir l’aile gauche qui pliait. On n’a pas eu besoin de la réserve, la réserve n’a pas donné.

  10. En termes de Marine, Escadre de réserve, Escadre de deuxième ligne.

  11. RÉSERVE se dit, en termes de Bibliothèque, de l’Ensemble de livres précieux qui sont classés à part et qui ne sont communiqués que dans certaines conditions. Ce volume est à la réserve.

  12. Il désigne, en termes de Forêts, un Canton de bois qu’on laisse croître en futaie et dont la coupe est réservée. Bois de réserve.

  13. Il désigne, en termes de Chasse, un Canton qui est réservé pour celui à qui la chasse appartient.

  14. Il désigne aussi un Territoire, réservé pour la conservation de certains animaux et de certaines plantes.

  15. Il désigne encore un Bassin d’eau de mer dans lequel on conserve des poissons et des crustacés vivants.

  16. Il se dit, en termes de Beaux-Arts, des Parties qu’on laisse en blanc dans certains procédés comme l’aquarelle et le lavis.

  17. En termes de Physiologie, Réserves nutritives, Parties de l’alimentation absorbées et digérées, qui n’ont pas été utilisées et se déposent dans les tissus.

  18. En termes de Liturgie, Sainte réserve, Hostie consacrée, conservée pour être présentée à l’adoration des fidèles ou employée à la communion en dehors de la messe.

  19. RÉSERVE signifie, figurément, Discrétion, circonspection, retenue. Cet homme ne parle jamais qu’avec beaucoup de réserve. Il était fort inconsidéré, il en use maintenant avec plus de réserve. Il affecte, il montre une grande réserve. Il use de réserve. Il se tient sur la réserve. Il manque de réserve. C’est une jeune fille modeste et pleine de réserve.

  20. SANS RÉSERVE

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée réserve#55164.

réservé

adjectif · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/

Usage : d'usage courant (5.71 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui montre de la retenue et de la discrétion dans son comportement.

    C'est une jeune fille réservée qui parle peu.

    Synonyme : discret.

    « S'il est réservé, nous l'accusons de dissimulation et de fourberie »Bourdaloue (1632-1704)

    « Autant il était réservé à parler des fautes et des travers d'autrui, autant il aimait a célébrer les belles actions »D'Alembert (1717-1783)

  2. Qui est mis de côté à l'avance pour quelqu'un ou pour un usage particulier.

    Ces places sont réservées aux personnes à mobilité réduite.

    « Et j'approuve les soins du monarque guerrier [Alexandre] Qui ne pouvait souffrir qu'un artisan grossier Entreprît de tracer d'une main criminelle Un portrait réservé pour le pinceau d'Apelle »Boileau (1636-1711)

    « J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse.... et ma triste voix était réservée à ce déplorable ministère »Bossuet (1627-1704)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : domaine réservé

Grammaire et formes (4)
  • réservées : pluriel féminin · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
  • réservés : pluriel masculin · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
  • réservée : singulier féminin · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
  • réservé : singulier masculin · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 4 sens

part. passé

  1. Retenu, en parlant d'une portion de chose, ou d'une chose entre plusieurs. La propriété d'un domaine vendue, mais l'usufruit réservé. Biens réservés, biens dont un testateur ne peut disposer au préjudice de ses héritiers.

    Les biens ainsi réservés au profit des ascendants

  2. Mis à part, mis hors de ce qu'on abandonne. Tout droit réservé.

    Et, réservé l'amour et le courage, Rien de bon ne me suitTHÉOPHILE

    Si nous avons pris un engagement postérieur, le vœu primitif a été réservéVoltaire (1694-1778)

  3. Gardé pour un autre temps, pour un autre usage, pour une autre occasion, pour une autre personne. Cas réservés, péchés dont on ne peut recevoir l'absolution que du pape ou de l'évêque, ou de prêtres qui ont reçu d'eux un pouvoir spécial. Fig. C'est un cas réservé, se dit d'une chose dont on fait mystère, et que l'on veut faire valoir par ce moyen.

    Paris et tout le royaume, avec un fidèle et admirable empressement, reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvragesBossuet (1627-1704)

    J'étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse.... et ma triste voix était réservée à ce déplorable ministèreBossuet (1627-1704)

  4. Fig. Qui réserve sa conduite, ses paroles, qui se retient de dire ou de faire. Réservé à, avec un infinitif. Substantivement. Il se dit aussi des choses.

    Ce qui nous a donné le plus de peine, a été de régler les conversations entre les hommes et les femmes ; car nos pères [jésuites] sont plus réservés sur ce qui regarde la chastetéPascal (1623-1662)

    Les prédicateurs doivent être réservés sur les louangesBossuet (1627-1704)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens

adj.

  1. Qui est circonspect, discret, qui a de la retenue, qui fait attention à ne pas dire ce qu’il convient de garder pour soi, à ne pas faire une démarche, une demande indiscrète. Il faut être fort réservé avec ces gens-là. On ne saurait être trop réservé à parier de soi, à critiquer les autres. Une autre fois je serai plus réservé à dire mon avis, à donner des conseils. Réservé en paroles. Cette femme est très réservée. Il a l’air réservé et mystérieux. Une conduite réservée.

  2. Il s’emploie aussi substantivement. Cet homme fait bien le réservé. Cette femme fait la réservée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée réservé#55171.

réservé

nom, masculin · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/

Voir aussi : forme féminine réservée

Grammaire et formes (2)
  • réservés : pluriel · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/
  • réservé : singulier · /ʁezɛʁve/ ou /ʁɛzɛʁve/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée réservé#55170.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.