réponse
nom, féminin, /ʁɛpɔ̃sə/ ou /ʁepɔ̃sə/
Définitions
Ce que l'on dit ou écrit à la suite d'une question ou d'une demande.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. f.
Ce qu'on dit à celui qui fait une demande ou une question. Avoir réponse à tout, ne rester court à rien, et, par extension, trouver toute sorte d'expédients. Familièrement. Une réponse de Normand, une réponse équivoque. Dans la conversation familière, réponse du berger à la bergère, se dit quand on annonce qu'on va répondre quelque chose. Réponses de droit, décisions des anciens jurisconsultes sur les questions qui leur étaient proposées.
Les capucins n'ont pas pu seulement tirer parole d'elle [une vieille courtisane] qu'elle se repentirait au grand jubilé ; pour toute réponse, elle a dit qu'elle n'avait pas achevé encore — Guez de Balzac (1597-1654)
C'est là que.... Je puis honorer Rome en son ambassadeur, Faire réponse en reine.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Réfutation. Cela est sans réponse, il n'y a pas moyen de réfuter cela. Terme de pratique. Il se dit des écritures qu'une partie fait signifier pour répondre aux moyens que l'autre a présentés. Fournir sa réponse, ses réponses.
J'ai vu un écrit que vous avez publié, où vous m'accusez d'imposture.... j'espère que vous y verrez [dans une lettre prochaine] une réponse exacte, et dans peu de temps, mes pères, ensuite de laquelle je crois que vous n'aurez pas envie de continuer cette sorte d'accusation — Pascal (1623-1662)
Lettre par laquelle on répond à une autre lettre. Dans faire réponse, réponse, étant sans article, ne peut pas régulièrement être représenté ensuite par un pronom. Cependant, quand le sens est clair, cela peut se dire :
J'avais dessein de te faire réponse sur la première lettre que tu m'écrivis — Pascal (1623-1662)
J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne, que M. le chevalier a fort approuvée — Mme de Sévigné (1626-1696)
Résolution, décision écrite au bas d'une pétition.
J'attends, avec un peu d'espérance respectueuse, la réponse de mon placet — Molière (1622-1673)
Nom d'un jeu en dialogue. Jouer à la réponse, ou mieux aux demandes et aux réponses.
Terme de musique. La rentrée du sujet dans une fugue, par une autre partie.
Terme de bourse. Réponse des primes, voy. PRIME 6, n° 4.
Terme de forestier. Réponse d'une vente, certaine étendue de terrain autour de cette vente, dans laquelle l'adjudicataire est responsable des délits.
Terme de féodalité. Réponse en cour, droit de siéger en une cour judiciaire. Telle demande, telle réponse, à sotte demande, sotte réponse, à sotte demande, à folle demande point de réponse, c'est-à-dire celui qui fait une demande sotte, ridicule, s'attire une réponse peu agréable, ou n'en reçoit pas du tout.
C'est le contraire dans les crimes : le noble perd l'honneur et réponse en cour — Montesquieu (1689-1755)
Étymologie : Wallon, responss ; provenç. respos ; catal. respons ; espagn. responso ; ital. responso, risponso ; du lat. responsum, de respondere (voy. RÉPONDRE).
Historique : XIe s. [Il] Loat [remercia] son Deu, ne fist autre respunt XIIe s. Et je la [ma dame] proi [prie] sanz biau respons avoir Sire, fait quens Roberz, suffrez pur Saint Denis, Que vostre respuns ait oï li reis Heinris XIIIe s. Qui à son seignour faut à son besoin, ne doit avoir respons en court Car par raison et par droiture Doit fame estre de biau respons Le roy ot conseil que il feroit response au soudanc de Damas par ses messages propres Vraiment, fist-il, c'est bien repondu ; que [car] ceste reponse que vous avez faite, est escripte en cest livre que je tieng en ma main XIVe s. Et dit li cardi…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Parole dite à celui qui fait une demande, une question. Bonne réponse. Réponse laconique, sèche, sotte, impertinente, ridicule. Réponse favorable. Cette réponse ne me satisfait pas. Sa réponse fut affirmative, négative. Rendre réponse de quelque chose, sur quelque chose. Les réponses des oracles étaient ordinairement ambiguës. Donnez-moi une réponse. Donnez-moi réponse. Faire une réponse. Faire réponse. Il a réponse à tout. Les réponses d’un homme qu’on interroge. Un ouvrage par demandes et par réponses.
Fig. et fam., Une réponse de Normand, Une réponse équivoque. Il m’a fait une réponse de Normand.
Prov., Telle demande, telle réponse, Celui qui fait une demande sotte, ridicule, impertinente, s’attire ordinairement une raillerie, une réponse peu agréable. On dit dans le même sens : à sotte demande, sotte réponse. On dit encore : à sotte demande, à folle demande, point de réponse.
RÉPONSE se dit aussi d’un écrit, d’une lettre répondant à un autre écrit. Il m’a écrit en réponse à ma lettre de tel jour. Il m’a fait réponse très promptement. J’ai reçu sa réponse. Je n’ai pas encore reçu de réponse de lui. Attendre réponse. Il n’y a pas de réponse.
En termes de Postes et Télégraphes, Réponse payée, Télégramme dont la taxe est acquittée d’avance par celui qui demande une réponse à son propre télégramme.
RÉPONSE signifie aussi Réfutation. Nous verrons bientôt sa réponse au livre qui a paru contre sa théorie. Il vient de m’attaquer, ma réponse ne se fera point attendre. Sa réponse est victorieuse. Le droit de réponse.
Il se dit particulièrement, en termes de Procédures des écritures qu’une partie fait signifier pour répondre aux moyens que l’autre a présentés. Fournir sa réponse, ses réponses. La réponse aux défenses, aux griefs d’appel a été signifiée tel jour.
Il se dit encore, en termes de Musique, du Motif d’une fugue qui répond, qui correspond au sujet.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- réponses — pluriel — /ʁepɔ̃sə/ ou /ʁɛpɔ̃sə/
- réponse — singulier — /ʁepɔ̃sə/ ou /ʁɛpɔ̃sə/
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