rentier

rentier

nom, masculin, /ʁɑ̃tje/

Voir aussi : forme féminine rentière

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Celui, celle qui a des rentes constituées sur l'État ou sur quelque communauté.

    Les rentiers assemblés au nombre de plus de trois mille, tous bourgeois et vêtus de noir, avaient créé douze syndics pour veiller, disaient-ils, sur les prévarications du prévôt des marchands — Cardinal de Retz (1613-1679)

    Et ce visage enfin plus pâle qu'un rentier, à l'aspect d'un arrêt qui retranche un quartier — Boileau (1636-1711)

  2. Bourgeois qui vit de son revenu, sans négoce, ni industrie. Un gros rentier. Rentier viager, celui qui vit d'une rente viagère.

    Après le célibat ecclésiastique et le célibat militaire, l'un de profession et l'autre d'usage, il en est un troisième de convenance, introduit par le luxe, c'est celui des rentiers viagers — Raynal (1713-1796)

  3. Autrefois, celui, celle qui devait des rentes seigneuriales. Cette seigneurie avait beaucoup de rentiers et de rentières.

  4. Un rentier, rôle des rentes qui étaient dues à un seigneur.

Étymologie : Rente ; wallon, reinti ; prov. rendier ; ancien cat. render ; espagn. rentero ; port. rendeiro.

Historique : XIIIe s. Et disoient encore que li termes de paiement estoit de toute le [la] jornée, car li rentier pooient paier à quele hore qu'il lor plaisoit Sathan, plus de sept ans ai tenu ton sentier ; Maus chans m'ont fet chanter li vin de mon chantier : Mult felonesse rente m'en rendront mi rentier, Ma char charpenteront li felon charpentier XIVe s. Les devant diz fermiers, muniers ou asners desdiz moulins paieront chascun an aus rentiers ou aux fermiers qui tenront les rentes ou fermes de la dite ville de Meleun, quatre livres de Parisis XVe s. Mes depuis trois mois tous entiers Sui-je à la fievre …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Celui, celle qui a des rentes constituées sur l’état ou sur des particuliers. Les rentiers sont payés par trimestre, par semestre ou par année.

  2. Il se dit également d’un Bourgeois qui vit de son revenu, sans négoce ni industrie, ni fonction quelconque. Un gros rentier. Mener une existence de rentier. La crise actuelle atteint surtout les petits rentiers.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • rentiers — pluriel — /ʁɑ̃tje/
  • rentier — singulier — /ʁɑ̃tje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rentier#53042.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.