rêne
nom, féminin · /ʁɛnə/
Usage : d'usage courant (3.98 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Équitation. Courroie fixée au mors d'un cheval, que le cavalier tient pour le diriger.
La cavalière a raccourci les rênes avant l'obstacle.
« Les tritons conduisaient les chevaux, et tenaient les rênes dorées »Fénelon (1651-1715)
« Sa main sur ses chevaux laissait flotter les rênes »Jean Racine (1639-1699)
Fig., au pluriel, pouvoir, direction ou contrôle d'une affaire, d'une organisation ou d'un pays.
Le nouveau directeur a pris les rênes de l'entreprise.
« Ah ! si de telles mains, justement souveraines, Toujours de cet empire avaient tenu les rênes »André Chénier (1762-1794)
« Elle se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du plus haut des cieux les rênes de tous les empires »Bossuet (1627-1704)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- rênes : pluriel · /ʁɛnə/
- rêne : singulier · /ʁɛnə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Courroie de la bride d'un cheval. Une des rênes de la bride. Ajuster les rênes, saisir les rênes avec le pouce et l'index de la main droite, et les élever perpendiculairement jusqu'au bouton fixe qui se trouve à leur extrémité. Partager les rênes, prendre une rêne dans chaque main et conduire ainsi son cheval. Fausse rêne, longe de cuir dont on se sert quelquefois pour forcer un cheval à plier l'encolure. Familièrement. Prendre la cinquième rêne, s'attacher aux crins et à la selle pour retrouver son équilibre sur le cheval.
Sa main sur ses chevaux laissait flotter les rênesJean Racine (1639-1699)
Les tritons conduisaient les chevaux, et tenaient les rênes doréesFénelon (1651-1715)
Fig. Gouvernement, direction.
Lorsque Justinien tient les rênes du mondeRotrou (1609-1650)
Elle se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du plus haut des cieux les rênes de tous les empiresBossuet (1627-1704)
Terme d'anatomie. Rênes ou frein de la glande pinéale, nom donné aux pédoncules supérieurs de ce corps.
Étymologie : Provenç. regna ; espagn. rienda ; port. redea ; ital. redina ; du lat. retinere, retenir. Les formes romanes supposent un bas-lat. rétina (accent sur re), d'où l'ital. rédina ; le provenc. regna pour retna ; le français resne, avec une s d'allongement à cause du t supprimé.
Historique : XIe s. Son cheval [il] broche, si li lasche la resne XIIe s. La cruiz arcevesqual fist porter à sa destre, E la reisgne del frein tint en la main senestre XIIIe s. Si tost com l'achoisit [l'aperçut], [il] a sa resne tirée [a arrêté son cheval] XVIe s. S'estant parfaictement commis l'un à l'autre, ils [Lélius et Gracchus] tenoient parfaictement les renes de l'inclination l'un de l'autre
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. f.
Courroie fixée au mors d’un cheval et dont le cavalier se sert pour diriger sa monture. Rêne de bride. Rêne de mors. Ajuster les rênes. Il y a une rêne de rompue. La rêne droite est plus courte que la gauche.
Fig. et dans le style soutenu, Les rênes de l’état, du gouvernement, L’administration souveraine, la haute administration de l’état. Prendre en main les rênes de l’état. Quitter les rênes du gouvernement et les remettre en d’autres mains.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée rêne#55427.