rendre
verbe · /ʁɑ̃dʁə/
Usage : très fréquent (488 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Restituer à quelqu'un ce qui lui appartient ou ce qu'on avait reçu de lui.
Il a rendu le livre à la bibliothèque hier.
Synonyme : restituer.
« C'est un homme d'honneur, de piété profonde, Et qui veut rendre à Dieu ce qu'il a pris au monde »Boileau (1636-1711)
« Allez, hypocrites, dit-il : rendez à César ce que vous confessez vous-mêmes être à César, et rendez à Dieu ce qui est à Dieu »Bourdaloue (1632-1704)
Faire passer quelqu'un ou quelque chose dans un état nouveau.
Cette nouvelle l'a rendu heureux.
« Bien loin d'interrompre le cours de mes desseins, tu ne fais qu'accomplir l'ouvrage que j'ai commencé.... achève donc, ô mort favorable, et rends-moi bientôt à mon maître »Bossuet (1627-1704)
Donner en retour l'équivalent de ce que l'on a soi-même reçu.
Exprimer, traduire ou reproduire fidèlement une idée, une impression ou une œuvre.
Ce peintre rend très bien la lumière du matin.
« Chavigni en parla à Monsieur en ces propres termes en présence de Madame, qui me les rendit le lendemain »Cardinal de Retz (1613-1679)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : donne se rendre
Expressions : rendre copie blanche · rendre hommage à · rendre justice à quelqu'un · rendre l'âme · rendre l'antenne · rendre la pareille · rendre la politesse · rendre la vie impossible à quelqu'un · rendre le dernier soupir · rendre les armes · rendre son tablier · rendre tripes et boyaux · se rendre à l'évidence · se rendre maître de
Grammaire et formes (51)
- rendrions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dʁijɔ̃/
- rendrais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dʁɛ/
- rendriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dʁije/
- rendrais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dʁɛ/
- rendraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dʁɛ/
- rendrait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dʁɛ/
- rendons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dɔ̃/
- rendez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃de/
- rends : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃/
- rendrons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dʁɔ̃/
- rendrai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dʁe/
- rendrez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dʁe/
- rendras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dʁa/
- rendront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dʁɔ̃/
- rendra : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dʁa/
- rendions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃djɔ̃/
- rendais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dɛ/
- rendiez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dje/
- rendais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dɛ/
- rendaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dɛ/
- rendait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃dɛ/
- rendîmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dimə/
- rendis : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃di/
- rendîtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃ditə/
- rendis : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃di/
- rendirent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃diʁə/
- rendit : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃di/
- rendons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dɔ̃/
- rends : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃/
- rendez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃de/
- rends : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃/
- rendent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃də/
- rend : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃/
- rendre : infinitif · /ʁɑ̃dʁə/
- rendues : participe passé pluriel féminin · /ʁɑ̃dy/
- rendus : participe passé pluriel masculin · /ʁɑ̃dy/
- rendue : participe passé singulier féminin · /ʁɑ̃dy/
- rendu : participe passé singulier masculin · /ʁɑ̃dy/
- rendant : participe présent · /ʁɑ̃dɑ̃/
- rendissions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃disjɔ̃/
- rendisse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃disə/
- rendissiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃disje/
- rendisses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃disə/
- rendissent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃disə/
- rendît : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃di/
- rendions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃djɔ̃/
- rende : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃də/
- rendiez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃dje/
- rendes : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃də/
- rendent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /ʁɑ̃də/
- rende : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /ʁɑ̃də/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 42 sens
v. a.
Remettre une chose, une personne à celui à qui elle appartient, redonner. Rendre le pain bénit, voy. PAIN, n° 6. Rendre le reste d'une pièce de monnaie, donner ce qui reste de la valeur d'une pièce, après avoir pris sur cette pièce ce qui était dû. Rendre à quelqu'un sa parole, le dégager de l'engagement qu'il avait pris. Populairement. Quand il emprunte, c'est à ne jamais rendre, c'est-à-dire il ne rend pas volontiers ce qu'on lui a prêté. Fig. Je lui ai rendu mon estime, ma confiance, mon cœur. Dans un sens analogue, se rendre, rendre à soi-même. Rendre un dépôt, remettre ce qui a été confié. Fig.
Je ne pus m'empêcher de lui répondre [à un seigneur qui hésitait à se lancer dans un hasard] : vous devez tant à la fortune, vous avez tant reçu d'elle ; ce ne sera pas lui donner beaucoup, ce ne sera que lui rendre quelque choseGuez de Balzac (1597-1654)
Bien loin d'interrompre le cours de mes desseins, tu ne fais qu'accomplir l'ouvrage que j'ai commencé.... achève donc, ô mort favorable, et rends-moi bientôt à mon maîtreBossuet (1627-1704)
Terme de marine. Rendre son bâtiment après le désarmement, le remettre et le laisser aux soins des directions du port. Rendre le quart, remettre le service du quart à celui ou à ceux qui le prennent après. Anciennement. Rendre le bord, revenir au port.
Il [le capitaine] ne rendra le bord qu'après avoir consommé tous ses vivres, en sorte qu'il ne lui en reste au plus que pour quinze jours lorsqu'il entrera dans le port où il devra désarmer,
Remettre à son adresse. Rendre un paquet. Rendre réponse, faire par écrit une réponse ou transmettre par un messager une réponse. Rendre un cartel, remettre un cartel.
Le cardinal de Bouillon, à qui la lettre était adressée, ne l'a point rendue au roi, et lui en a seulement rendu comptePellisson (1624-1693)
Ta lettre m'a été rendue à Erzeron où je suisMontesquieu (1689-1755)
Voiturer, porter, conduire. Rendre des marchandises en un lieu. Dans ce sens il se dit des personnes. Montez dans ma voiture, et dans une heure je vous rendrai chez vous. Rendre quelqu'un (avec un qualificatif), le ramener en tel ou tel état. Rendre quelqu'un en quelque lieu, avec un nom de chose pour sujet, l'y faire arriver.
Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Je vous rends dans trois mois au pied du CapitoleJean Racine (1639-1699)
M. d'Almare veut absolument que nous soyons rendus à Toulon vers les derniers jours d'avrilMme de Genlis (1746-1830)
Rendre de l'ouvrage, le remettre à celui à qui il est destiné. J'ai donné de l'ouvrage à mon tailleur qui ne me le rend pas.
Transmettre.
Du prince, en apparence, elle reçoit les vœux ; Mais elle les reçoit pour les rendre à RoxaneJean Racine (1639-1699)
Fig. S'acquitter, en parlant de certains devoirs, de certaines obligations, de marques de respect, de civilité. Absolument. Rendre le devoir conjugal, ou, simplement, rendre le devoir, satisfaire à l'intention du mariage. Rendre une reconnaissance, témoigner de la reconnaissance. Rendre des honneurs, accorder, décerner des honneurs. Terme de féodalité. Rendre foi et hommage, rendre aveu, reconnaître en qualité de suzerain. Rendre visite, aller visiter. Fig. Rendre ses visites, faire les visites que l'usage prescrit dans certaines circonstances. Rendre à quelqu'un sa visite, faire une visite à une personne qui est venue vous visiter. Rendre le salut, saluer quelqu'un par qui on a été salué. On dit de même : Je lui ai rendu son salut. Il ne m'a pas rendu mon salut.
Au nom de cette aveugle et prompte obéissance Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissancePierre Corneille (1606-1684)
J'adore ce grand cœur qui rend ce qu'il doit rendre Aux illustres aïeux dont on vous voit descendrePierre Corneille (1606-1684)
Rendre service à quelqu'un, l'obliger. Rendre de bons offices, de mauvais offices à quelqu'un, servir ou desservir quelqu'un de parole ou d'action. Il se dit parfois en un sens tout opposé. Rendre des mépris, témoigner des mépris. Rendre un déplaisir, rendre déplaisir, causer un déplaisir, causer déplaisir.
L'important service qu'il rendait continuellement à l'État, en faisant connaître les hommes capables de remplir les grandes placesBossuet (1627-1704)
Voulez-vous être rare ? rendez service à ceux qui dépendent de vousLa Bruyère (1645-1696)
Rendre preuve, s'est dit pour faire acte de. On a dit dans le même sens : rendre témoignage de.
La grande preuve qu'il avait rendue de sa vertu l'avait fait honorer de ses sujets et élever en l'état où il était
Ayant rendu toutes les preuves de générosité qu'on saurait attendre d'un princeARNAULD D'ANDILLY
Payer de retour soit en bien, soit en mal. Rendre la pareille. Rendre le réciproque. Rendre le change. Au passif et impersonnellement. Absolument. Le cheval rend à la main, il sent la bride et y obéit. Dieu vous le rende, phrase que prononcent d'ordinaire ceux à qui on fait l'aumône ou à qui on rend quelque service.
Et rendons le malheur à qui nous l'a donnéJean Mairet (1604-1686)
Et si c'est un bienfait qu'il faut rendre aujourd'hui, Comme il parla pour vous, vous parlerez pour luiPierre Corneille (1606-1684)
Rendre combat, rendre le combat, résister à une attaque, combattre. Fig. On a dit de même : rendre résistance, opposer de la résistance.
Timée, après avoir rendu un glorieux combat, demeura sur la placeVaugelas (1585-1650)
Où sont-ils ces combats que vous avez rendus ?Jean Racine (1639-1699)
Faire recouvrer ce qui a été perdu. Rendre la santé, la vue. Rendre la parole. Rendre la liberté. Par exagération. Rendre la vie, tirer d'une grande peine.
La mort de votre amant vous rendra-t-elle un père ?Pierre Corneille (1606-1684)
C'est ainsi que sa mort lui rend toute sa gloire, à vous toute l'Égypte, à César la victoirePierre Corneille (1606-1684)
Remettre en un certain état, avec un nom de personne pour régime. Ce médecin le rendit à la santé. Un arrêt de non-lieu l'a rendu à la liberté. Cela le rendit à lui-même, cela le remit en son état ordinaire, fit cesser ses illusions, ses préventions.
Et vous n'avez, seigneur, qu'à vous y faire voir Pour rendre d'un coup d'œil chacun à son devoirPierre Corneille (1606-1684)
Au jour que je fuyais c'est toi qui m'as rendueJean Racine (1639-1699)
Faire devenir, être cause qu'une personne ou une chose devient ce qu'elle n'était pas auparavant. Rendre suivi d'un participe passé ; tournure moins usitée qu'avec un adjectif, mais autorisée par les meilleurs auteurs.
Qui peut rendre pur celui qui est né d'un sang impur ?Lemaistre de Sacy (1613-1684)
J'aime tout en vous, et même votre beauté.... ayez pitié de votre portrait, ne le rendez point celui d'une autre [en devenant maigre par la maladie]Mme de Sévigné (1626-1696)
Produire, rapporter. Sa ferme lui rend dix mille francs par an. Absolument. Fig. Ce fermier rend tant de sa ferme, il en paye tant.
Quelques grains rendant cent pour un, d'autres soixante, et d'autres trenteLemaistre de Sacy (1613-1684)
Le cabinet de M. de Julienne a rendu à la vente beaucoup au delà de ce qu'il avait coûtéDiderot (1713-1784)
Il se dit du suc qui sort de certaines choses. Cette orange, cette viande rend beaucoup de jus. Cette volaille a rendu de la graisse.
Exhaler. Cette fleur rend une odeur agréable. Fig. Rendre l'âme, l'esprit, le dernier soupir, la vie, mourir.
Prêt à rendre l'âmeBossuet (1627-1704)
Quelques heures après il rendit doucement l'esprit, le dix-septième de janvier de l'année 395, l'an seizième de son empire et la cinquantième de son âgeFléchier (1632-1710)
Faire entendre. Cet instrument rend un son harmonieux.
.... Plainte Qu'encore ne rendrai-je en ces derniers efforts, Si....Mathurin Régnier (1573-1613)
Le zinc rend, lorsqu'on le plie, un petit cri comme l'étainBuffon (1707-1788)
Rejeter par les voies naturelles ou autrement. Rendre de la bile. Rendre par haut et par bas. Cette plaie, ce vésicatoire rend beaucoup, il en sort beaucoup d'humeur. Populairement. Rendre gorge, vomir pour avoir trop bu ou trop mangé ; et fig. restituer par la force ce que l'on a mal acquis. Absolument, rendre, vomir. Fig. et familièrement. Il a bon cœur, il ne rend rien, c'est-à-dire il ne rend pas ce qu'on lui prête.
[à Vichy] On tourne, on va, on vient, on se promène ; on entend la messe ; on rend les eaux, on parle confidemment de la manière qu'on les rend : il n'est question que de cela jusqu'à midiMme de Sévigné (1626-1696)
J'ai une médecine à prendre, à rendre et beaucoup de lettres à écrireMme de Maintenon (1635-1719)
Livrer, céder. Fig. Fig. Rendre les armes, s'avouer vaincu dans une contestation, dans une discussion. Rendre les armes signifie aussi s'avouer charmé. Rendre la main, céder le tour, céder la place.
Le gouverneur, vieil et barbu, ne dit au roi que ces paroles : Je viens rendre Gand à Votre Majesté, c'est tout ce que j'ai à lui direJean Racine (1639-1699)
Elle trahit mon père, et rendit aux Romains La place et les trésors confiés en ses mainsJean Racine (1639-1699)
Étymologie : Wallon, reind ; provenç. rendre, reddre, redre, retre ; catal. et espagn. rendir ; ital. rendere, du lat. reddere (par intercalation de la nasale n devant d), de re...., et dare, donner. On remarquera que quelques formes romanes n'ont pas intercalé l'n. D'après M. Baudry, dans reddere il y a deux racines confondues par homonymie : dare, radical dā, quand reddere signifie redonner ; et le radical dhā, poser, faire, quand reddere signifie faire ou faire devenir. Corssen aussi (Beitr. p. 117) reconnaît le radical dhā dans con-dere, ab-dere.
Historique : XIe s. [Que il] rendist ceo que il i avereit pris Franc e paien merveilus colps i rendent Malvais service le jur [ce jour] li rendit Guenes Tant il le guardent que le rendent à Charlun À Rolant [ils] rendent un estur fort e pesme La meie mort me rent si anguissus Rendre [il] le quidet u mort u recreant Pais ne amor [je] ne dei à paien rendre Et Bramidone les turs li ad rendues Bien [il] set parler e dreite raisun rendre XIIe s. Et tuit [tous] li rendirent treü [tribut] Dame, pour ce qu'à vous [je] me rent, merci À la plus bele du mont [monde] mon cuer [je] rent Mais je ne puis moi ne mon cuer …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 60 sens
v. tr.
Remettre une chose entre les mains de celui à qui elle appartient, de quelque manière qu’on l’ait eue. Rendre à quelqu’un l’argent qu’on lui a emprunté. Rendre une somme volée, touchée indûment. Rendre des livres qu’on a empruntés. Il ne rend jamais ce qu’on lui prête. Rendre un dépôt.
Prov., Il faut rendre à César ce qui appartient à César, Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû.
Rendre la monnaie d’une pièce, Donner ce qui reste de la valeur d’une pièce, après avoir pris sur cette pièce ce qui était dû.
Fig., Rendre à quelqu’un la monnaie de sa pièce, Lui rendre la pareille, répliquer, riposter.
RENDRE se dit aussi figurément. Je lui ai rendu mon amitié, mon estime, ma confiance.
Rendre à quelqu’un sa parole, Le dégager de la promesse qu’il avait faite.
RENDRE signifie encore Faire recouvrer certaines choses dont on était privé, qu’on avait perdues, comme la santé, les forces du corps, etc. Rendre la santé, la vue, l’ouïe. Ce remède lui a rendu la vie. Ce régime lui rendra des forces. Rendre l’appétit. Rendre la liberté. Ce jugement lui a rendu l’honneur. Cette nouvelle lui a rendu l’espoir, le courage, lui a rendu sa gaieté.
Fam. et par exagération, Vous me rendez la vie, Vous me tirez de peine, je vous ai une obligation extrême.
RENDRE se dit aussi, en parlant des Personnes, dans une acception à peu près semblable et signifie Les faire rentrer en possession d’une chose dont elles étaient privées, ou à laquelle elles avaient renoncé. Il vient d’être rendu à la liberté. Cela vous rend à l’honneur. Vos conseils le rendront à la vertu. Ce remède peut le rendre à la vie. On l’a rendu à ses amis. On dit dans un sens analogue : Cela le rendit à lui-même, Cela fit cesser l’illusion, la prévention, etc., qui troublait, qui égarait sa raison et qui l’empêchait de juger sainement.
RENDRE signifie aussi Remettre une chose à celui à qui elle est destinée. Rendre un paquet. Rendre une lettre. Il a vieilli en ce sens.
Rendre un paquet, des marchandises en un lieu, Les y porter, les y faire voiturer, les y conduire. Il m’a vendu tant de kilos de soie, et il doit me les rendre à Lyon.
Rendre de l’ouvrage, Le remettre à celui pour qui on l’a fait. Ce tailleur est bien long à rendre son ouvrage. Je lui ai donné de l’ouvrage, il ne me le rend pas.
RENDRE se dit figurément en parlant de Certains devoirs, de certaines obligations dont on s’acquitte, de certaines marques de respect, de déférence, de civilité, etc., que l’on donne à quelqu’un. Rendre ses devoirs, ses respects à quelqu’un. Je ne manquerai point de lui rendre ce que je lui dois. Rendre les derniers devoirs à son ami. Rendre les honneurs à un officier général, à un ambassadeur, à un prince étranger. Rendre obéissance. Rendre gloire, rendre grâce à Dieu. Grâces vous soient rendues. Rendre à chacun ce qui lui est dû.
En termes de Féodalité, Rendre foi et hommage, rendre aveu s’est dit pour Remplir certains devoirs à l’égard de son suzerain.
Rendre visite à quelqu’un, L’aller visiter. Rendre à quelqu’un sa visite, L’aller visiter après avoir reçu de lui une visite. Rendre ses visites, Faire les visites que l’usage prescrit dans certaines circonstances. Ces nouveaux mariés ont aimablement rendu leurs visites.
Rendre service à quelqu’un, Servir, obliger quelqu’un. Rendre de bons offices, de mauvais offices à quelqu’un, Servir ou desservir quelqu’un par ses paroles ou par ses actions.
RENDRE signifie aussi Donner en échange, payer de retour, soit en bien, soit en mal. Rendre la pareille. Rendre avec usure. Rendre le bien pour le mal. Rendre le mal pour le bien. Rendre injure pour injure. Il m’a fait un plaisir, je le lui ai rendu. Il m’a fait une cruelle offense, mais je le lui rendrai bien.
Dieu vous le rende, Expression de reconnaissance dont se servent ceux à qui on donne l’aumône, ceux à qui on fait quelque petit présent, à qui on rend quelque bon office.
Rendre le salut, Saluer quelqu’un dont on vient de recevoir le salut. Je lui ai rendu son salut. Il ne m’a pas rendu mon salut.
Rendre réponse à quelqu’un, Lui faire une réponse, par écrit ou oralement.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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