relique

relique

nom, féminin, /ʁəlikə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ce qui reste de Jésus-Christ, des saints et des martyrs, soit parties du corps, soit objets à leur usage, soit instruments de leur supplice. Garder une chose comme une relique, la garder soigneusement. Il en fait une relique, des reliques, se dit d'un homme qui fait grand état de quelque chose. Familièrement. Je n'en veux pas faire des reliques, se dit d'une chose dont on veut se servir, dont on permet de se servir. Fig. et familièrement. Je n'ai pas grande foi à ses reliques, je ne prendrai pas de ses reliques, il ne m'inspire aucune confiance.

    Un baudet chargé de reliques S'imagina qu'on l'adorait ; Dans ce penser il se carrait, Recevant comme siens l'encens et les cantiques — La Fontaine (1621-1695)

    Les corps saints sont habités par le Saint-Esprit jusqu'à la résurrection.... c'est pour cette raison que nous honorons les reliques des morts — Pascal (1623-1662)

  2. Au plur. Dans le style élevé. Débris, restes de quelque chose de grand (mot qui vieillit, mais qui est défendu par l'autorité de Racine, et que A. de Musset a heureusement rajeuni). Fig.

    Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité ; Tous ces chef-d'œuvres antiques Ont à peine leurs reliques.... — Malherbe (1555-1628)

    Il rentra dans Babylone avec les tristes reliques de l'armée — Vaugelas (1585-1650)

Étymologie : Wallon, rilik ; provenç. reliquias ; espagn. et ital. reliquia ; du lat. reliquiae, restes, de relinquere, laisser, de re, et linquere, de même radical que λιπ dans λείπειν, laisser ; sansc. ric.

Historique : XIe s. Sur les reliques de s'espée jura XIIIe s. Mais or sai bien ke reliques n'a mie En molt de lieus où li saint sont cuidié Des saintuaires ne des hautes reliques qui i estoient ne covient-il mie parler XIVe s. Ne passe tant d'oneur les termes, Que dedans ta chambre t'enfermes Pour homme qui veingne à ta court.... On diroit : c'est une relique Qu'on ne voit qu'une fois l'année ; Pis en vauroit ta renommée À Jehan du Vivier orfevre et varlet de chambre du roy, pour avoir fait et forgié un petit reliquaire d'or pendant à une chayenne d'or, ouquel a de la vraye croix de Rodes et de plusieurs a…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ce qui reste d’un saint après sa mort, soit le corps entier, soit une partie du corps, soit même ce qui lui a appartenu, qui a été à son usage; il se dit de Tout ce qui reste des instruments de la passion de Notre-Seigneur, de celle des martyrs, aussi bien que des vêtements des saints, de leurs ornements sacerdotaux, etc. Précieuse relique. Les reliques de la Passion. Les reliques des saints. Exposer les reliques des martyrs. Vénérer des reliques. Baiser des reliques. Porter des reliques en procession. Le culte des reliques. Il a des reliques de tel saint. Enchâsser des reliques.

  2. Fig., Garder une chose comme une relique, La garder soigneusement, Elle garde cette lettre comme une relique.

  3. RELIQUE désigne aussi, sans y attacher le sens religieux, Quelque chose de précieux que l’on garde en souvenir. Les reliques du passé. Les reliques du coeur.

  4. Il désigne encore les Restes de quelque chose de grand. Les reliques de sa fortune. Les reliques d’une ancienne splendeur.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • reliques — pluriel — /ʁəlikə/
  • relique — singulier — /ʁəlikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée relique#52755.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.