religion
nom, féminin, /ʁəliʒjɔ̃/
Définitions
Ensemble de croyances et de pratiques relatives à une ou plusieurs divinités.
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Culte particulier organisé autour de ces croyances.
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Foi personnelle, attachement sincère à une croyance.
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État de vie de ceux qui se sont engagés par des vœux religieux.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
s. f.
Ensemble de doctrines et de pratiques qui constitue le rapport de l'homme avec la puissance divine. La religion juive. La religion chrétienne. La religion païenne. La religion de Mahomet, de Bouddha. Les guerres de religion, les guerres occasionnées par la différence de religion, et, particulièrement, les guerres entre catholiques et protestants en France pendant le XVIe siècle. Paix de religion, traité conclu à la diète d'Augsbourg, entre l'empereur et les princes protestants d'Allemagne, en 1555. Religion de l'État, religion d'État, celle que l'État déclare être la sienne, exclusivement à toutes les autres qu'il ne fait que tolérer. Religion naturelle, religion qu'on suppose indépendante de toute révélation et qui est une forme du déisme.
Le chevalier d'Harcourt s'y était opposé, disant que c'était une affaire entre les couronnes de France et d'Espagne, dont la religion ne se devait point mêler — Pellisson (1624-1693)
Je vois des foisons de religions en plusieurs endroits du monde et dans tous les temps.... j'aurais refusé également la religion de Mahomet, et celle de la Chine, et celle des anciens Romains, et celle des Égyptiens, par cette seule raison que, l'une n'ayant pas plus de marques de vérité que l'autre, la raison ne peut pencher plutôt vers l'une que vers l'autre — Pascal (1623-1662)
La religion prétendue réformée, la religion réformée, ou, absolument, la religion, la croyance des calvinistes.
Pour prévenir les désordres dont on était menacé par les gens de la religion — Mme de La Fayette (1634-1693)
Foi, piété, croyance. Il a beaucoup de religion. Il est sans religion.
Je parle de cette foi respectueuse qui est saisie d'une horreur de religion à la seule présence du sanctuaire, qui approche de l'autel comme Moïse du buisson sacré — Massillon (1663-1742)
Les épicuriens, qui n'avaient nulle religion, recommandaient l'éloignement des affaires publiques, l'étude et la concorde — Voltaire (1694-1778)
Sentiment de respect, de scrupule, comparé au sentiment religieux. Se faire une religion d'une chose, s'en faire une obligation indispensable. Violer la religion du serment, manquer à son serment. Surprendre la religion du prince, la religion des juges, la religion d'un tribunal, surprendre la justice du prince, des juges, d'un tribunal, les tromper par un faux exposé. Voltaire se trompe ; il prend cette locution comme un néologisme de son temps, et il le blâme. Cette locution est beaucoup plus ancienne ; elle se trouve déjà dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie, en 1696.
Vous savez que M. de Grignan n'est pas sur ses intérêts comme sur ceux du roi son maître : il a une religion et un zèle pour ceux-ci, qui ne se peut comparer qu'à la négligence qu'il a pour les siens — Mme de Sévigné (1626-1696)
Ce m'est une religion que la vénération que j'ai pour cette maison [de Toiras] — Mme de Sévigné (1626-1696)
L'état des personnes engagées par des vœux à une certaine règle autorisée par l'Église. Entrer en religion, se faire religieux ou religieuse. Mettre une fille en religion, la faire religieuse. Couvent. Nom de religion, nom que des religieux, des religieuses prennent en entrant au couvent. Fig. et par plaisanterie. Cette personne veut être de la religion de saint Joseph, avec quatre pantoufles sous le lit, elle veut se marier.
Un religieux avec son habit de religion — Pascal (1623-1662)
Mlle de la Basinière est en religion, tout auprès de Mme de la Fayette ; quelques intérêts de famille et une très désagréable humeur ont causé cette retraite où elle s'ennuie fort — Mme de Sévigné (1626-1696)
Absolument. La religion, l'ordre de Malte. Les galères de la religion.
Étymologie : Prov. religio, religion ; espagn. religion ; ital. religione ; du lat. religionem, dont l'étymologie est douteuse entre relegere, recueillir, et religare, relier. Pour relegere, on dit que religare aurait fait religatio (ce qui est inexact, car re-lig-io se conçoit, exemple opt-io), et on cite la phrase : religentem esse oportet, religiosum nefas (voy. FREUND) ; en ce sens, religio voudrait dire recueil (c'est probablement le sens primitif de lex), recueil de formules religieuses, de pratiques. Pour religare, on cite la phrase d'Aulu-Gelle (II, 28) : falsa religione alligare, alium [deum] pro
Historique : XIe s. Yglise de religium [monastère] XIIIe s. Du grant ator que ele avoit, Bien puet cognoistre qui la voit, Qu'el n'est pas de religion Puet l'en trover religion En seculiere maison ? Servise de voie à cimetire est de droit privé, et por ce le puet l'en chalongier au signor cui la teneure est ; et cest servise puet estre aquis por la religion de l'enterrement Cil qui sunt en religion ne poent pas revenir au siecle Quant il veut entrer en religion Religions est cele vertus qui nos fait curious de Dieu et faire son servise Quicunques n'est fors et fiers [ferme] en sa loi et en sa religion, à p…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Culte qu’on rend à la divinité. La religion juive. Le religion chrétienne. La religion naturelle. La religion révélée. La vraie religion. Une fausse religion. La religion de Mahomet. être de telle ou telle religion. Professer, pratiquer une religion. Faire profession d’une religion. Fonder une nouvelle religion. Se faire une religion à sa mode. Embrasser une religion. Changer de religion. Abandonner, abjurer sa religion. Renoncer à sa religion. Se convertir à la religion chrétienne, à la religion catholique. Le religion du pays. Religion d’état. La religion dominante. La religion de nos pères. Les préceptes, les pratiques d’une religion. C’est un point de religion. Il ne sait pas, il ne connaît pas sa religion.
Les guerres de religion, Les guerres occasionnées par la différence des religions, et particulièrement les guerres entre les catholiques et les protestants au seizième siècle.
La religion prétendue réformée ou, absolument la Religion se disait de la Religion réformée, du protestantisme.
RELIGION désigne aussi la Conception personnelle que quelqu’un se fait de la religion. La religion de Pascal. Chacun se fait sa religion.
Il signifie aussi Foi, croyance, piété, dévotion. La religion console, élève, purifie l’âme. Il a toujours eu de la religion. Les secours de la religion. C’est un homme qui a beaucoup de religion. C’est un homme sans religion. Il n’a guère de religion. Il n’a pas de religion.
Il se dit encore de l’état des personnes engagées par des voeux à suivre une certaine règle autorisée par l’église. Ce bénédictin a trente ans de religion. Habit de religion. Mademoiselle X., en religion soeur sainte Geneviève, soeur Angèle.
Mettre une fille en religion, La faire religieuse. Entrer en religion, Se faire religieux ou religieuse.
RELIGION se disait absolument de l’Ordre de Malte. Ce chevalier avait servi tant d’années la religion. Les galères de la religion.
RELIGION se dit encore d’un Sentiment très scrupuleux, d’une obligation rigoureuse qu’on se fait. Se faire une religion d’une chose, s’en faire un point de religion. Il se fait une religion de tenir sa parole.
La religion du serment, Le respect scrupuleux du serment.
Surprendre la religion de quelqu’un, Abuser quelqu’un par des subterfuges, par des sophismes.
éclairer la religion des juges, la religion d’un tribunal, Les renseigner.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- religions — pluriel — /ʁəliʒjɔ̃/
- religion — singulier — /ʁəliʒjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée religion#52747.