relevé · relève

relevé

adjectif, /ʁələve/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Remis debout. Dressé, droit. Régnier a dit : relevé de moustache pour portant moustache relevée : Quand un jeune frisé, relevé de moustache, Sat. VIII.

    Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre ; Je puis, en moins de temps que les Grecs ne l'ont pris, Dans ses murs relevés couronner votre fils — Jean Racine (1639-1699)

    Le bourbier de Vincennes est desséché et relevé, on n'y versera plus — La Bruyère (1645-1696)

  2. Sur pied, après des couches.

    Le roi donna une fête à Marly à Mme la duchesse de Bourgogne, alors relevée — Saint-Simon (1675-1755)

  3. Terme de manége. Les airs relevés, la pesade, le mésair, la courbette, la croupade, la ballottade, la cabriole, le pas et le saut. Dans un sens analogue. Terme de danse. Pas relevé ou neuf, celui qu'on fait lorsque, après avoir plié au milieu du pas, on se relève en le finissant.

    Il marchait d'un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette — La Fontaine (1621-1695)

  4. Terme de sculpture et de broderie. Ouvrages relevés en bosse, ouvrages de relief qui sont attachés à un fond.

    Judith voyant Holopherne assis sous son pavillon qui était de pourpre en broderie d'or, relevé d'émeraudes et de pierres précieuses — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Une tapisserie relevée d'or — La Fontaine (1621-1695)

  5. Qui a obtenu de ne pas accomplir son vœu, son serment, etc.

    L'abbé de Vertot, qui, emporté dans sa jeunesse par une fièvre de dévotion, avait commencé par se faire capucin, et qui, relevé de ses vœux, devint membre de l'Académie des belles-lettres et un de nos historiens les plus estimés — D'Alembert (1717-1783)

    Si vous me cachez jamais les moindres circonstances de vos aventures, je me tiens, en conscience, relevée du serment de fidélité que je vous ai fait — Comte de Caylus (1692-1765)

  6. Une sauce relevée, sauce d'un haut goût. Par extension.

    On tombe dans le défaut de répandre un peu trop de sel, et de vouloir donner un goût trop relevé à ce qu'on assaisonne — Fénelon (1651-1715)

    Il ne manquerait pas.... de vous parler.... de perdrix relevées d'un fumet surprenant — Molière (1622-1673)

  7. Fig. Qui est remis en un état plus haut, meilleur.

    Que ne puis-je révéler les secrets de sa charité ?... là, un mérite naissant qu'aurait accablé le poids de sa mauvaise fortune, relevé par ses libéralités.... — Fléchier (1632-1710)

  8. Fig. Noble, fier.

    Sa mine relevée [de Salomon] le faisait aimer ; mais sa justice le faisait craindre — Bossuet (1627-1704)

  9. Fig. Qui est rehaussé, rendu plus remarquable.

    Et la science relevée par l'éclat de l'autorité — Pascal (1623-1662)

    Il [Royer] joint l'esprit de Lulli à la science de Rameau, le tout relevé de beaucoup de modestie — Voltaire (1694-1778)

  10. Qui a de l'élévation morale ou intellectuelle. Dans un sens défavorable. Être d'une condition relevée, être de grande qualité. Dans un sens analogue.

    Tes écrits.... Qu'ils soient pleins, relevés, et graves à l'oreille — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Les conceptions de vos lettres.... sont conformes au sens commun de ceux qui ont le jugement relevé — Guez de Balzac (1597-1654)

  11. S. m. Action de relever. Le clin d'œil renferme trois points successifs : l'acte de la volonté qui le commande, l'abaissement de la paupière, et son relevé.

  12. Terme de maréchal. Se dit en parlant d'un fer qui, bon encore, mais déformé ou ayant perdu plusieurs clous, est entièrement détaché par le maréchal, qui le passe au feu, le bat au besoin, et l'applique chaud, au moyen de clous neufs, sur la corne parée à cet effet.

  13. Terme de cuisine. Un nouveau service, ou un nouveau plat qui en remplace un autre. Un relevé de potage.

  14. Terme de vénerie. Temps où la bête sort de son gîte.

  15. Tableau, état. Relevé de la dépense. Les relevés officiels. Extrait des articles d'un registre, d'un compte, etc. Faire le relevé de toutes les fautes d'un ouvrage, en faire une liste.

    C'est ce qu'on a calculé sur les relevés des registres de nos plus grandes villes — Voltaire (1694-1778)

  16. Relevé de déchéance, acte qui relève de sa déchéance une compagnie qui n'a pas accompli les stipulations établies dans le marché.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • relevées — pluriel féminin — /ʁələve/
  • relevés — pluriel masculin — /ʁələve/
  • relevée — singulier féminin — /ʁələve/
  • relevé — singulier masculin — /ʁələve/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée relevé#52736.

relevé

nom, masculin, /ʁələve/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (5 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Extrait des articles d’un compte, d’un inventaire, d’un registre, qui sont relatifs à un même objet. Faire un relevé de compte. J’ai fait le relevé des sommes qui vous sont dues. Faire le relevé des meubles compris dans l’inventaire général d’une succession. Le relevé des naissances, des mariages, etc., est fait d’après les registres de l’état civil.

  2. Il signifie aussi Liste, état. Faire le relevé de toutes les fautes de grammaire d’un ouvrage, de tous les passages remarquables d’un auteur, etc.

  3. RELEVÉ désigne encore l’Ouvrage que fait un maréchal en levant le fer d’un cheval et en le rattachant. Un fer neuf n’est pas nécessaire, il ne faut qu’un relevé.

  4. En termes de Chasse, il désigne le Moment où la bête sort du lieu où elle a passé le jour pour aller repaître. Guetter, épier le relevé.

  5. En termes de Cuisine, Relevé de potage se dit d’un Mets léger qui suit le potage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • relevés — pluriel — /ʁələve/
  • relevé — singulier — /ʁələve/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée relevé#52735.

relève

nom, féminin, /ʁəlɛvə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1877 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré — Supplément (1877)

s. f.

  1. Action de relever des hommes qui travaillent. Hommes de relève, hommes qui se relèvent les uns les autres, qui se relayent.

    Vers six heures et demie du matin, après avoir fait une relève des travailleurs, le capitaine commandant a fait commencer le déblaiement

    Avec le poids de quatre hommes employés à faire tourner l'hélice [d'un aérostat], et de quatre hommes de relève, il serait facile de construire une machine motrice d'une force bien plus considérable

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Remplacement d’une troupe de soldats, d’une équipe d’ouvriers par une autre troupe, une autre équipe équivalente. L’heure de la relève. La relève de l’équipe de nuit par l’équipe de jour.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • relèves — pluriel — /ʁəlɛvə/
  • relève — singulier — /ʁəlɛvə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée relève#52774.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.