relais
nom, masculin, /ʁəlɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Chevaux frais et préparés de distance en distance pour remplacer ceux qui sont fatigués. Par extension. Fig. Avoir des chevaux de relais, des équipages de relais, avoir des chevaux, des équipages en assez grand nombre pour pouvoir se servir tantôt des uns, tantôt des autres. Fig. Avoir des habits, des meubles de relais, avoir des habits, des meubles de rechange. Fig. Être de relais, n'avoir point d'occupation présente.
Comme j'avais quarante relais placés entre Nantes et Paris, je serais arrivé infailliblement le mardi avant la pointe du jour — Cardinal de Retz (1613-1679)
Sa Majesté va demain voir Ath, sans la reine ni les dames, en relais de calèche, pour revenir le soir — Pellisson (1624-1693)
Terme de chasse. Chiens qu'on poste à la chasse du cerf ou du sanglier. Donner le relais, lâcher après la bête les chiens postés en relais. Fig. Donner le relais, lâcher quelqu'un pour qu'il agisse, fasse impression. Relais volant, celui qui suit la chasse.
Nous avions, comme il faut, séparé nos relais — Molière (1622-1673)
Quand le loup est détourné, on amène les lévriers qui doivent le chasser ; on les partage en deux ou trois laisses ; on n'en garde qu'une pour le lancer, et on mène les autres en avant pour servir de relais — Buffon (1707-1788)
Lieu où est le relais de voyage ou de chasse. Au premier relais. Au second relais. Il se dit particulièrement des stations de poste. Il y a tant de relais d'ici à tel endroit.
Distance fixe que parcourt chaque ouvrier transportant des terres à la brouette.
Terme de fortification. Ancien synonyme de berme (c'est un espace qui est laissé).
Le terrain que laisse à découvert une eau courante qui quitte une rive pour se porter à l'autre. Il se dit aussi des terrains que la mer abandonne entièrement. Les lais et relais de mer.
Terme de manufacture. Les ouvertures que l'ouvrier laisse dans une tapisserie, quand il change de couleur et de figure.
Étymologie : Relaisser ; Berry, relais, repos, relâche ; ital. rilascio ; bas-latin, relaxus. Ces formes ne laissent aucun doute sur l'origine ; l's y est radicale et non adventice, malgré relayer (voy. ce mot). Relais veut dire proprement : ce qui est laissé, relaissé : XIe s. Nului ne toille à son seignor son dreit service par nul relais [arriéré] que il li ait en arere XIIe s. K'ainc puis ne fu un jur u nuit qu'il eüst pes, Que il ne fust batuz cinc feiz u quatre adès, U treiz à tut le mains, n en volt aveir relais XIVe s. À Robin Garnier, coffrier, pour deux coffres de relais, fermans chacun à deux fer
Historique : XVIe s. Les Genevois [Génois] s'efforçoient à relais [en se relayant] de gaigner la place On ne peut faire marcher ce meschant relez Le comte de Mansfeld avait partagé ses reistres en autant de relez qu'il y avoit de trouppes Ils eurent bien tost aux fesses le duc de Guise jusques à Montfort, et là il leur decoupla en rellais S. Leger ; mais ce fut en vain Les dix canons des princes n'avoient equipage que pour trois, et les falloit desgager par relaiz Ils demanderent des eschelles qu'on leur porta ; au bout de ces eschelles ils demeurerent sur un relez entre le rempart et la ruine qui estoit l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Il se dit d’Un ou de plusieurs chevaux frais, soit de selle, soit d’attelage, que l’on poste en quelque endroit pour remplacer ou renforcer ceux qui ont servi jusque-là. On a placé des relais sur la route. à la chasse, on met des relais en certains endroits. Voilà le relais. Trouver des chevaux de relais de quatre lieues en quatre lieues.
Avoir des chevaux de relais, des équipages de relais, Avoir des chevaux et des équipages en assez grand nombre, pour pouvoir se servir tantôt des uns, tantôt des autres.
RELAIS se dit aussi en parlant des Chiens qu’on poste, soit à la chasse du cerf, soit à celle du sanglier, Mettre des chiens de la vieille meute en relais.
Donner le relais, Lâcher les chiens placés en relais, après la bête que l’on court.
RELAIS désigne aussi le Lieu où l’on met les relais, soif pour les voyages soit pour la chasse. Au premier relais. Au second relais.
Il se disait, particulièrement, des Stations de poste. Il y avait tant de relais de Paris à Lyon. Ils dînèrent aux troisième relais.
En termes de Physique, il désigné la Transmission d’ondes ou de courants par postes intermédiaires. Nous avons entendu une émission de New York par relais.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- relais — forme de base — /ʁəlɛ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée relais#52693.