rejeter
verbe · /ʁəʒəte/
Usage : fréquent (36 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Refuser d'accepter, ne pas admettre quelque chose ou quelqu'un.
Le conseil a rejeté la proposition à l'unanimité.
Synonyme : refuser.
« Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant ; L'esprit rassasié le rejette à l'instant »Boileau (1636-1711)
« Comme il [Charles Ier] n'a jamais refusé ce qui était raisonnable, étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif »Bossuet (1627-1704)
Renvoyer ou jeter de nouveau un objet reçu.
Reporter une chose vers un autre lieu ou un autre moment.
« Ah ! l'homme en vain se rejette en arrière, Lorsque son pied sent le froid du cercueil »Béranger (1780-1857)
« Les femmes qui se rejettent au fond de leurs loges quand elles voient la coupe sanglante d'Atrée tomber et se répandre sur le théâtre »D'Alembert (1717-1783)
Faire porter sur quelqu'un la responsabilité d'une faute.
Il rejette la faute sur ses collègues.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : donne se rejeter
Grammaire et formes (51)
- rejetterions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtəʁjɔ̃/
- rejetterais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtəʁɛ/
- rejetteriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtəʁje/
- rejetterais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtəʁɛ/
- rejetteraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtəʁɛ/
- rejetterait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtəʁɛ/
- rejetons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətɔ̃/
- rejetez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒəte/
- rejette : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
- rejetterons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtəʁɔ̃/
- rejetterai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtəʁe/
- rejetterez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtəʁe/
- rejetteras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtəʁa/
- rejetteront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtəʁɔ̃/
- rejettera : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtəʁa/
- rejetions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətjɔ̃/
- rejetais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒətɛ/
- rejetiez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətje/
- rejetais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒətɛ/
- rejetaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətɛ/
- rejetait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒətɛ/
- rejetâmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətamə/
- rejetai : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒəte/
- rejetâtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətatə/
- rejetas : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒəta/
- rejetèrent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətɛʁə/
- rejeta : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒəta/
- rejetons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətɔ̃/
- rejette : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
- rejetez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒəte/
- rejettes : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
- rejettent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtə/
- rejette : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
- rejeter : infinitif · /ʁəʒəte/
- rejetées : participe passé pluriel féminin · /ʁəʒəte/
- rejetés : participe passé pluriel masculin · /ʁəʒəte/
- rejetée : participe passé singulier féminin · /ʁəʒəte/
- rejeté : participe passé singulier masculin · /ʁəʒəte/
- rejetant : participe présent · /ʁəʒətɑ̃/
- rejetassions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətasjɔ̃/
- rejetasse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒətasə/
- rejetassiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətasje/
- rejetasses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒətasə/
- rejetassent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətasə/
- rejetât : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒəta/
- rejetions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətjɔ̃/
- rejette : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
- rejetiez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒətje/
- rejettes : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
- rejettent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /ʁəʒɛtə/
- rejette : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /ʁəʒɛtə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 13 sens
v. a.
Jeter de nouveau. Rejetez-moi ce livre que vous m'avez déjà jeté. Rejeter les yeux sur, porter de nouveau les regards sur.
Bonsoir, encore une fois ; si je rejette les yeux sur votre lettre, adieu le reste de la nuitDiderot (1713-1784)
Repousser, renvoyer. Rejeter une balle.
On lui jeta force dards qu'il rejetait tous contre les ennemisVaugelas (1585-1650)
Marchons, et dans son sein rejetons cette guerre Que sa fureur [de Rome] envoie aux deux bouts de la terreJean Racine (1639-1699)
Jeter un objet dans l'endroit d'où on l'avait tiré. Il rejeta le poisson dans l'eau.
Et des enfants du nord la horde ensanglantée Aux fers dont je sortais m'a soudain rejetéeVoltaire (1694-1778)
Jeter dehors, faire sortir hors de soi. Rejeter du pus, et, absolument, rejeter, se dit d'une plaie qui suppure de nouveau. La plaie, qui avait semblé se fermer, rejette. Il se dit aussi de ce que la bouche, l'estomac jette hors de soi. Ce malade rejette tout ce qu'il prend. Fig.
La mer rejette sur les rivages une infinité de choses qu'elle apporte de loin, et qu'on ne trouve jamais qu'après les grandes tempêtesBuffon (1707-1788)
Je savais que les chenilles doivent rejeter la membrane fine et transparente qui revêt intérieurement le canal intestinal, et que cette rejection était un des préliminaires nécessaires à la transformation en chrysalideCharles Bonnet (1720-1793)
En parlant des arbres, produire des pousses, repousser. Cet arbre a rejeté beaucoup de branches. Absolument. Cet arbre rejette par le pied.
Reporter ailleurs une chose qu'on a ôtée d'un endroit. Les ouvriers rejetèrent la terre du fossé dans le champ voisin. Le poëte a rejeté ce mot d'un vers sur l'autre, pour produire un effet déterminé. Dans l'ancienne administration, rejeter une taxe sur une ville, faire une réimposition pour achever le payement d'une taxe qui n'a pu être payée entièrement.
Hernandez donne des espèces comme étant du genre canard, dont nous ne pouvons que rejeter ici en notes les noms mexicainsBuffon (1707-1788)
Fig. Faire que ce qu'on éprouvait soit éprouvé par d'autres. Rendre responsable, attribuer. Rejeter une faute, un crime sur quelqu'un, l'en accuser pour se disculper.
La victoire attachée au progrès de ses armes Sur nos fiers ennemis rejeta nos alarmesPierre Corneille (1606-1684)
Seigneur, il est trop vrai que le peuple murmure, Qu'il rejette sur vous sa funeste aventurePierre Corneille (1606-1684)
Ne pas admettre, rebuter, repousser. Absolument.
Il vaut mieux la priver du rang qu'elle rejettePierre Corneille (1606-1684)
Quoique mon cœur rejette un doute injurieuxThomas Corneille (1625-1709)
Il se dit aussi des personnes qu'on repousse et condamne.
Vous avez rejeté la parole du Seigneur ; le Seigneur vous a rejeté, et il ne veut plus que vous soyez roiLemaistre de Sacy (1613-1684)
Le grand pontife [Jésus-Christ] nous a absous ; il a voulu lui-même être rejeté, afin que par lui nous fussions reçusBossuet (1627-1704)
Écarter, éloigner. Cela nous rejette bien loin de notre sujet. Remettre à un temps éloigné.
Il en arrivera.... comme des six mille francs que je devais toucher à Nantes : il est sorti une chicane du fond de l'enfer, qui me rejette je ne sais oùMme de Sévigné (1626-1696)
Se rejeter, v. réfl. Se porter en arrière. Fig.
Les femmes qui se rejettent au fond de leurs loges quand elles voient la coupe sanglante d'Atrée tomber et se répandre sur le théâtreD'Alembert (1717-1783)
Ah ! l'homme en vain se rejette en arrière, Lorsque son pied sent le froid du cercueilBéranger (1780-1857)
Par extension, être reporté. [Chez les Romains] ce langage licencieux se rejeta dans les noces, où il se saisit de toutes les choses qui pouvaient être susceptibles de traits vifs et malins, Hist. des Vestales, dans DESFONTAINES.
Fig. Parler de nouveau d'une chose déjà traitée ; s'éloigner du sujet principal de la discussion, pour s'étendre sur des accessoires. S'excuser. Ne sachant plus que dire, il se rejeta sur les circonstances qui l'avaient accablé.
Mme de Chaulnes est si surprise de tout cela [ce qu'on fait pour la ville de Rennes], qu'elle se rejette à Rome, et fait fort bienMme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Re..., et jeter ; wallon, rigeté, ressuer, rendre son humidité ; prov. regetar ; port. rejeitar ; ital. rigettare.
Historique : XIIIe s. Et si ot molt parfont fossés, Trestot de novel regetés XIVe s. L'iver fait mourir les porées ; mais en fevrier les racines regettent nouvelle et tendre porée Choux, percil et autres telles verdures qui regettent [poussent des rejetons] XVIe s. Conseil, raison, esperance et remede, Comme ennemis mon esprit vous rejette Il fault rejecter [renvoyer] tousjours chascun à son gibbier Pour ne nous desconforter [par la vue de notre intérieur], nature a rejecté bien à propos l'action de nostre veue au dehors Des sagettes si longues qu'à les reprendre à la main on les pouvoit rejecter à la mode…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 12 sens
v. tr.
Jeter de nouveau. Vous n’avez pu prendre la balle quand je vous l’ai jetée; renvoyez-la-moi, je vous la rejetterai.
Il signifie aussi Repousser, renvoyer. On lui avait jeté la balle, il la rejeta avec la même force.
Il signifie encore Jeter une chose dans l’endroit d’où on l’avait tirée. Comme il n’avait pris que du petit poisson, il le rejeta dans l’eau.
Il signifie également Jeter dehors, pousser hors de soi. La mer a rejeté sur ses bords les débris du naufrage. Cet homme a l’estomac malade, il rejette tout ce qu’il prend, Il le vomit.
En termes d’Agriculture, il se dit des Arbres qui repoussent après avoir été coupés. Depuis qu’on a étêté cet arbre, il a rejeté beaucoup de branches. Absolument, Cet arbre rejette par le pied.
Il signifie encore Mettre une chose en un endroit, après l’avoir ôtée de celui où elle était. Il faut rejeter l’eau de ce bassin dans cette cuve, la terre de ce fossé sur cette couche. Rejetez tous ces détails dans les notes de votre ouvrage. Rejeter les notes à la fin du volume.
REJETER s’emploie aussi figurément dans un sens analogue et signifie Faire retomber. Rejeter un tort sur quelqu’un. Il a rejeté sa faute sur cet homme, qui en était bien innocent. On a tout rejeté sur lui.
Il signifie encore, figurément, Repousser, ne pas admettre, ne pas vouloir recevoir. J’ai rejeté bien loin les propositions qu’il m’a faites. Il a rejeté les offres qu’on lui faisait. Sa requête a été rejetée. La Cour de Cassation a rejeté le pourvoi de ce condamné. La Chambre a rejeté la loi proposée. On a rejeté son offre, sa proposition, ses prières, sa demande. On a rejeté ses avis, ses conseils.
Dans le style biblique, et quelquefois par analogie dans le style ordinaire, il se dit des Personnes qui sont repoussées, condamnées. Le Seigneur l’a rejeté. Il fut rejeté même de ses plus anciens amis.
Il signifie encore écarter, éloigner. Cela nous rejette bien loin de notre sujet. Nous voilà rejetés bien loin. Nous voilà fort éloignés de notre but.
SE REJETER signifie Se reculer, se porter en arrière. Il se rejeta au fond de sa voiture. Il se rejeta en arrière.
Il signifie aussi, au figuré, Se reporter, faute de mieux, sur une autre chose. Ne sachant plus que dire pour sa justification, il se rejeta sur les services qu’il prétendait avoir rendus. La lecture m’étant interdite, je me rejette sur les auditions de T. S. F.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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