refuser
verbe, /ʁəfyze/
Définitions
Ne pas accepter ce qui est proposé ou offert.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Ne pas accorder à quelqu'un ce qu'il demande ou réclame.
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Ne pas admettre quelqu'un à un examen, à un emploi ou dans un lieu.
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Voir aussi : donne se refuser
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (16 sens)
Littré (1873)
v. a.
Ne pas accepter ce qui est offert, présenté. Refuser une offre. Il a refusé de se servir de mon bras. Il se dit des pièces de théâtre que les auteurs présentent, et que les comédiens ne veulent pas jouer.
J'aurais refusé également la religion de Mahomet et celle de la Chine.... par cette seule raison que l'une n'ayant pas plus de marques de vérité que l'autre.... — Pascal (1623-1662)
Les Juifs le refusent [Jésus], mais non pas tous ; les saints le reçoivent, et non les charnels — Pascal (1623-1662)
Ne pas consentir à ce qui est demandé, ordonné. Il a refusé son consentement. Refuser obéissance. Absolument. Refuser la porte à quelqu'un, ne pas lui permettre l'entrée de quelque lieu. Il se présenta pour entrer au bal, on lui refusa la porte.
Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droit trop clair ? — Bossuet (1627-1704)
On ne se trompe pas quand on attribue tout à la prière ; Dieu, qui l'inspire, ne peut lui rien refuser — Bossuet (1627-1704)
Refuser quelqu'un, ne pas l'accepter. Ce domestique a été refusé. On lui présenta des commis ; il les refusa. Refuser une fille en mariage, veut dire qu'on la refuse à l'homme qui la demande, ou que l'homme à qui on la propose la refuse. On dit de même, en parlant de mariage : Cet homme a refusé un bon parti ; Cette fille a refusé un parti avantageux ; On lui a refusé la main de cette jeune personne.
En parlant des personnes, ne pas leur accorder ce qu'elles demandent. Refuser quelqu'un de quelque chose, ne pas lui accorder cette chose.
Ce n'est pas toujours jeu sûr de refuser de plus grand que soi — Cardinal de Retz (1613-1679)
Ne les pressez point tant, ces dieux qui vous refusent ; Ils savent mieux que nous d'où dépend notre bien — Philippe Quinault (1635-1688)
Ne pas accorder, sans idée que rien soit demandé. Ne pas consentir à, ne pas accepter. Refuser avec que et le subjonctif. Ne pas laisser aller à.
Ma voix, depuis dix ans qu'il commande une armée. A-t-elle refusé d'enfler sa renommée ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Si mon cœur prévenu refuse de vous croire ? — Hauteroche (1617-1707)
Fig. Il se dit des choses auxquelles on attribue en quelque sorte un refus. La nature a refusé la vigne aux contrées équatoriales.
[Le vieillard] Inhabile aux plaisirs dont la jeunesse abuse, Blâme en eux les douceurs que l'âge lui refuse — Boileau (1636-1711)
Des déserts que le ciel refuse d'éclairer — Jean Racine (1639-1699)
Se priver de.
Passer ses jours dans le repos et dans le plaisir, ne rien refuser à sa sensualité et à ses désirs — Bourdaloue (1632-1704)
Se refuser une chose, la refuser à soi, s'en priver, ne pas se l'accorder. Familièrement. Il ne se refuse rien, il se donne tout ce qui lui est agréable.
Ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées ?... et que se peut refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout ? — Bossuet (1627-1704)
Il ne se refusait aucune dépense — Montesquieu (1689-1755)
Terme de guerre. L'ennemi refusa sa droite, il évita de l'engager.
V. n. Il ne refuse à rien, il se charge de toutes les besognes.
Terme de manége. Ce cheval refuse, il ne peut pas ou ne veut pas obéir.
En termes de métier, on dit d'un outil (mouton, couteau, charrue), qu'il refuse, quand il ne peut enfoncer, pénétrer, couper. Terme de marine. En parlant du vent, changer de direction, de manière à rendre impossible la continuation d'une route commencée au plus près. Refuser de virer, se dit d'un navire qui n'a pas exécuté le mouvement qui devait, portant sa proue dans le lit du vent, le faire virer ainsi vent devant.
À six heures et demie, les vents refusant de plus en plus, et la marée contraire étant assez forte.... — Bougainville (1729-1811)
Se refuser, v. réfl. Être refusé, n'être pas accepté. De pareilles propositions ne se refusent pas. N'être pas donné.
Achèverai-je d'accabler ton pauvre cœur, ou t'offrirai-je des consolations qui se refusent au mien ? — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Se refuser à une chose, ne pas vouloir la faire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu'on exige de lui. Il ne se refuse à rien, il est prêt à tout faire.
Se refuser à une chose, ne pas s'y livrer, ne pas s'y rendre. Fig. Se refuser se dit de choses qui n'accomplissent pas leur office. La plume se refuse à décrire de pareilles horreurs. Le temps se refuse à cela, les circonstances s'y refusent, le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense. Tel refuse qui après muse, ou qui refuse muse, c'est-à-dire on se repent d'avoir refusé ce qui était offert. À Genève on dit : qui refuse n'use.
Cependant à leurs vœux votre âme se refuse, Tandis qu'en ses liens Célimène l'amuse — Molière (1622-1673)
Lorsqu'on se voit tout d'un coup élevé aux places les plus importantes.... on ne se possède plus.... c'est aux hommes vulgaires un trop grand effort, que celui de se refuser à cette éclatante beauté qui se donne à eux — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Provenç. refusar, refudar, refuidar ; espagn. rehusar ; ital. rifiutare. Mot incertain. L'italien rifiutare vient du latin refutare qui avait pris de bonne heure dans la basse latinité le sens de refuser. Mais le changement du t en s ne s'explique ni dans l'espagnol rehusar, ni dans le français refuser. Diez suppose qu'il y a eu confusion entre le latin recusare et refutare, et qu'il en est résulté un verbe mixte où se trouvent l'f et l's. Cette conjecture est ingénieuse, sans être tout à fait sûre. Recusare avait donné reüser.
Historique : XIe s. Qui dreite lei et dreit jugement refusera XIIe s. Et mes fins cuers [cœur] me fait d'une amorete Si douz present que [je] ne l'os refuser Par sainte obedience [il] a mandé [à] saint Thomas, Que s'il puet faire pes, qu'il ne la refust pas Mais altrement font ces choses li ellieu [les élus] et altrement li renfuseit [les refusés] XIIIe s. Et cil [l'aiglon] qui les oils [yeux] remue [en face du soleil], est refusez et gitez dou nif comme bastars La vie contemplative refuse le monde, et se delite [délecte] en Dieu seulement Il oï parler de la grant carité de l'hospital d'Acre, et oï dire qu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Rejeter une demande, ne pas accorder ce qui est demandé; Ne pas vouloir faire ce qui est exigé, prescrit, ordonné. On lui a refusé la grâce qu’il demandait. Il ne peut rien refuser à ses amis. Il a refusé son consentement. Il a refusé de me prêter de l’argent. Refuser obéissance. Il refuse de payer, de travailler.
Il s’emploie absolument dans la même acception. Il refuse si poliment qu’on ne peut pas se fâcher. Je me vois dans la nécessité de refuser. Il refusa net.
Refuser la porte à quelqu’un, Ne pas lui permettre l’entrée de quelque lieu, de quelque maison, etc. Il s’est présenté pour entrer au bal, on lui a refusé la porte.
En termes de Manège, Ce cheval refuse l’obstacle, il refuse à l’obstacle, On ne peut pas l’obliger à franchir l’obstacle.
En termes de Marine, Le vent refuse, Le vent devient contraire.
REFUSER se dit aussi en parlant des Personnes auxquelles on refuse, ou dont on ne veut pas. Cet homme refuse ses meilleurs amis, quelque chose qu’ils lui demandent. Il a déjà refusé tous ceux qui l’en ont prié. Il refuse tout le monde. J’ai offert de servir, mais j’ai été refusé.
Refuser sa fille en mariage, Ne pas vouloir donner sa fille en mariage à quelqu’un qui la demande. Refuser une jeune fille en mariage se dit aussi de Celui qui ne veut pas épouser une jeune fille qui lui est proposée en mariage. On dit également : Cet homme a refusé un bon parti; cette jeune fille a refusé un parti avantageux; on lui a refusé la main de cette jeune fille. On peut dire encore dans le même sens et d’une manière absolue : Refuser, être refusé. Il désirait épouser cette jeune fille; il en a été refusé. Il m’a proposé sa fille; je l’ai refusée.
REFUSER signifie aussi Rejeter une offre, ne pas accepter ce qui est offert. On lui a offert un bon prix de cette terre, de ces meubles, mais il l’a refusé. Refuser des présents. Refuser des offres. Refuser un emploi. Refuser des conditions avantageuses. J’ai refusé d’aller chez lui.
Absolument et proverbialement, Tel refuse, qui après muse, ou Qui refuse, muse, Celui qui refuse ce qui lui est offert perd souvent une occasion qu’il ne retrouvera pas.
REFUSER signifie encore Ne pas admettre. On a refusé du monde à la porte. Il a été refusé à son examen. La pièce a été refusée.
Il s’emploie aussi au figuré; et alors il signifie simplement Ne pas donner, ne pas accorder. La nature lui a refusé la beauté. La nature ne lui a refusé aucun de ses dons. On ne peut refuser son assentiment à une vérité si évidente. Je ne puis refuser mon admiration, mon estime à une telle conduite.
En termes de Tactique, il signifie éviter d’engager, ne pas avancer. L’ennemi refusait sa droite.
SE REFUSER, avec un complément direct, signifie Ne pas se permettre, se priver de. C’est un avare qui se refuse le nécessaire, jusqu’au nécessaire. C’est un homme charitable qui se refuse tout pour faire plus de bien aux pauvres. Il est très prodigue et ne se refuse rien. C’est un homme qui ne s’est jamais refusé un bon mot, une plaisanterie.
Avec un complément indirect, il signifie Ne pas vouloir faire une chose. Je me refuse à croire. Il se refuse à travailler. Il se refuse à tout ce qu’on lui demande, à tout ce qu’on exige de lui. Il ne se refuse à rien pour obliger. On dit de même, familièrement : Il ne se refuse à rien.
Se refuser à une chose, Ne pas s’y livrer, ne pas s’y rendre, y résister. Il se refuse aux plaisirs les plus innocents. Il est impossible de se refuser à la force de ses raisons. Ce serai se refuser à l’évidence.
Le temps se refuse à cela, les circonstances s’y refusent, Le temps, les circonstances ne le permettent pas. On dit de même : Ma fortune se refuse à une si grande dépense.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (51)
- refuserions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzəʁjɔ̃/
- refuserais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyzəʁɛ/
- refuseriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzəʁje/
- refuserais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzəʁɛ/
- refuseraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzəʁɛ/
- refuserait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzəʁɛ/
- refusons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzɔ̃/
- refusez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyze/
- refuse — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
- refuserons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzəʁɔ̃/
- refuserai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyzəʁe/
- refuserez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzəʁe/
- refuseras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzəʁa/
- refuseront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzəʁɔ̃/
- refusera — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzəʁa/
- refusions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzjɔ̃/
- refusais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyzɛ/
- refusiez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzje/
- refusais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzɛ/
- refusaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzɛ/
- refusait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzɛ/
- refusâmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzamə/
- refusai — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyze/
- refusâtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzatə/
- refusas — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyza/
- refusèrent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzɛʁə/
- refusa — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyza/
- refusons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzɔ̃/
- refuse — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
- refusez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyze/
- refuses — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
- refusent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzə/
- refuse — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
- refuser — infinitif — /ʁəfyze/
- refusées — participe passé pluriel féminin — /ʁəfyze/
- refusés — participe passé pluriel masculin — /ʁəfyze/
- refusée — participe passé singulier féminin — /ʁəfyze/
- refusé — participe passé singulier masculin — /ʁəfyze/
- refusant — participe présent — /ʁəfyzɑ̃/
- refusassions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzasjɔ̃/
- refusasse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyzasə/
- refusassiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzasje/
- refusasses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzasə/
- refusassent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzasə/
- refusât — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyza/
- refusions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzjɔ̃/
- refuse — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
- refusiez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzje/
- refuses — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
- refusent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʁəfyzə/
- refuse — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /ʁəfyzə/
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