refus

refus

nom, masculin, /ʁəfy/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de refuser. Au refus de telle personne, telle personne refusant, quand telle personne refuse. Avoir une chose au refus d'un autre, ne l'avoir qu'après qu'un autre l'a refusée. Faire une chose au refus de quelqu'un, la faire après qu'un autre a refusé de s'en charger. Familièrement. Cela n'est pas à votre refus, ce n'est pas une chose qu'on vous offre, et qu'il dépende de vous d'accepter ou de refuser. Cela n'est pas de refus, cela n'est pas à refuser.

    Mais s'il faisait refus d'abandonner la tente ? — Jean Mairet (1604-1686)

    S'exposer au refus, c'est hasarder sa gloire — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Ce qu'un autre a refusé.

    Elle a trop d'un amant, et, si sa flamme heureuse Me renvoyait celui dont elle ne veut plus, Je ne suis point d'humeur fâcheuse, Et m'accommoderais bientôt de ses refus — Pierre Corneille (1606-1684)

    Est-ce vous offenser que m'offrir vos refus, Et vous doit-il un cœur dont vous ne voulez plus ? — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Refus de lait, se dit d'une mère, d'une nourrice dont le sein ne donne pas de lait.

    Ces refus de lait sont assez communs, mais ils ne sont pas tous sur le compte de la nature : les mères pour l'ordinaire y ont bonne part — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  4. Droit de refus, privilége qu'avait chacun des trois ordres, dans l'organisation des états généraux, de refuser son adhésion aux résolutions prises.

  5. Terme de chasse. Un cerf de refus, un cerf de trois ans.

  6. Terme de métier. Jusqu'à refus de mouton, jusqu'au moment où le mouton n'exerce plus d'action sur les pieux qu'il frappe. On a enfoncé ces pieux jusqu'à refus de mouton. On dit de même : Le pieu est au refus.

    Savoir si les pieux ont été chassés au refus du mouton,

Étymologie : Voy. REFUSER ; provenç. refut, refui ; catal. refus ; ital. rifiuto.

Historique : XIIe s. Obedience offristes ainz e subjectiun ; En refui de ço faites puis appellatiun XIVe s. Enquerir se il fesoient cest refus de certaine science XVe s. Le duc de Bourgogne venu en Piquardie, lui ouvrirent ceux du païs cités et villes sans nul reffus, Geste des nobles XVIe s. En un mesme jour il souffrit deux refus, ce que jamais homme n'avoit fait au paravant

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action de ne pas accorder ce qui est demandé. Opposer un refus. S’attirer un refus. Essuyer des refus. Ce qu’il vous a dit est un refus poli. Il a pris pour un refus la réponse qu’on lui a faite. Sur son refus de payer, il fut procédé à la saisie.

  2. Il se dit aussi de l’Action de rejeter, de ne pas accepter ce qui est offert. Il lui aurait bien fait cette offre, mais il n’a pas voulu s’exposer à un refus.

  3. Avoir une chose au refus de quelqu’un, Ne l’avoir qu’après qu’un autre l’a refusée. Faire une chose au refus de quelqu’un, La faire après qu’un autre a refusé de s’en charger.

  4. Fam., Cela n’est pas de refus, Je ne refuse pas, j’accepte volontiers ce que vous m’offrez.

  5. Enfoncer, battre un pieu jusqu’à refus de mouton, Jusqu’à ce que le mouton ne puisse l’enfoncer davantage. On dit de même : Ce pieu est au refus.

  6. En termes de Chasse, Un cerf de refus, Un cerf de trois ans.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • refus — forme de base — /ʁəfy/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée refus#52624.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.