refuge
nom, masculin, /ʁəfyʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Lieu où l'on s'enfuit, où l'on se retire pour être en sûreté. Lieu où se rendent des gens qui ne sont guère reçus ailleurs.
Mais chercher ton asile en la maison du mort ! Jamais un meurtrier en fit-il son refuge ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Il [Dieu] sera votre juge : Vous ne trouverez point devant lui de refuge — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Appui, soutien, en parlant des personnes qui servent de refuge. Il se dit aussi des choses.
Tous nos maux en ce monarque Ont leur refuge et leur secours — Malherbe (1555-1628)
Ce lion ayant été contraint pour quelques raisons d'État de sortir de Libye avec toute sa famille.... je crois que vous ne trouverez pas indigne de vous d'être le refuge des lions affligés — Voiture (1597-1648)
Fig. Prétexte pour s'excuser, raison apparente dont on cherche à se couvrir. On l'a poursuivi dans tous ses refuges.
Vous voulez dire que la cour ne se connaît pas à ces choses ; et c'est le refuge ordinaire de vous autres messieurs les auteurs — Molière (1622-1673)
C'était le dernier refuge des manichéens — Bossuet (1627-1704)
Maison de refuge ou, simplement, refuge, maison d'asile pour les indigents, ou de correction pour des femmes qu'on veut retirer du désordre.
Je me trouve fort offensée de la proposition de ce milieu entre le monde et le refuge — Mme de Maintenon (1635-1719)
Ordre du refuge, ordre de religieuses fondé à Nancy en 1617 et établi pour la retraite des femmes et des filles dérangées.
Chez les Hébreux, refuges ou villes de refuge, villes où se retiraient ceux qui avaient commis un meurtre involontaire.
Étymologie : Provenç. refug, refuy, refuch, refut ; espagn. refugio ; ital. rifugio ; du lat. refugium, de refugere (voy. REFUIR). On remarquera les deux formes refui et refuge.
Historique : XIIe s. E faiz est li sires refuges al povre Pur ceo vos requerum merci, De defendement suffraitus, Et de refuge besoignus Ne il ne poent contre lui Aver defense ne refui Pur ço est France franche, par les sainz ù je fui, Que cil ki mestier unt i viengent à refui Il est mis escudz [mon bouclier] e ma salveted ; il me eslieved, e il est mun refui XIIIe s. Sont en terre establi li juge Por estre deffense et refuge à cel cui li monde forfet XIVe s. Il cuident et tienent que en tel cas le seul et singulier refuge c'est à ses amis XVe s. Il connoissoit bien les adreces et les refuges du pays, comme…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Asile, retraite, lieu où l’on cherche un abri. Refuge assuré. Lieu de refuge. Chercher un refuge. Sa maison est le refuge de tous les malheureux.
Maison de refuge ou simplement Refuge, Nom de certaines maisons d’asile pour les indigents, et quelquefois pour les filles repenties.
REFUGE se dit encore d’un Terre-plein au milieu de la voie publique où les piétons peuvent se garer des voitures.
Il se dit, figurément, de Ceux dont on attend, dont on implore la protection, le secours. Dieu est mon unique refuge. Vous êtes mon seul refuge, Il est le refuge des misérables. Voilà mon dernier refuge.
Il se dit aussi des Choses. Les lois sont le refuge du faible.
Il se dit encore, figurément, des Prétextes, des raisons apparentes sous lesquelles l’erreur ou la mauvaise foi cherche à se mettre à couvert. Quel misérable refuge que ce prétexte! La dénégation est son refuge ordinaire. On l’a poursuivi dans tous ses refuges.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- refuges — pluriel — /ʁəfyʒə/
- refuge — singulier — /ʁəfyʒə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée refuge#52621.