reconnaissance

reconnaissance

nom, féminin, /ʁəkonɛsɑ̃sə/ ou /ʁəkɔnɛsɑ̃sə/

Définitions

  1. Sentiment de gratitude envers quelqu'un pour un bienfait reçu.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Action de retrouver dans sa mémoire l'idée ou l'image d'une personne ou d'une chose déjà connue.

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  3. Action d'identifier automatiquement une personne, un son ou une image grâce à un dispositif technique.

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  4. Action militaire consistant à examiner un terrain ou les positions de l'ennemi.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (11 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de reconnaître, de se remettre en l'esprit l'idée, l'image d'une personne ou d'une chose. La reconnaissance des meubles qui lui avaient été volés. Se dit de certaines péripéties des ouvrages épiques ou dramatiques, surtout dans les dénoûments.

    Bientôt vous le verrez [votre père Ulysse], et vous le connaîtrez, et il vous connaîtra ; mais maintenant les dieux ne pouvaient permettre votre reconnaissance hors d'Ithaque — Fénelon (1651-1715)

    Leurs adieux furent aussi tendres que l'avait été leur reconnaissance — Voltaire (1694-1778)

  2. Terme de féodalité. Reconnaissance d'héritage, déclaration que l'on passait au terrier d'un seigneur pour les héritages que l'on tenait de lui à cens.

  3. Examen, vérification de certains objets pour en constater le nombre, l'espèce, etc. Faire la reconnaissance des lieux.

  4. Terme de guerre. Action d'examiner un terrain, la position de l'ennemi. Pousser une reconnaissance. Soldats qui vont faire une reconnaissance.

  5. Action d'explorer une contrée. On a fait diverses reconnaissances du pays tant par terre que par mer.

    Dans une reconnaissance dont il fut chargé avec M. Lefèvre, ingénieur des ponts et chaussées, il eut la satisfaction de retrouver une branche du Nil ignorée jusque-là des voyageurs — DELAMBRE

  6. Terme de marine. Action de reconnaître, en naviguant, des côtes, des rades, etc. qui n'étaient pas connues. Nom donné à toute marque ou balise par laquelle est indiqué un danger, l'entrée d'une rivière, une passe, etc. Signaux de reconnaissance, signaux à l'aide desquels se reconnaissent des vaisseaux qui se rencontrent en mer.

    La reconnaissance de ces plages au delà du 70e degré est une entreprise digne de l'attention de la grande souveraine des Russies — Buffon (1707-1788)

  7. Écrit par lequel on déclare ou l'on reconnaît avoir reçu telle valeur en espèces ou en marchandises. Prêter à quelqu'un contre une reconnaissance. Dépôt fait moyennant reconnaissance. Reconnaissance du mont-de-piété, écrit par lequel un mont-de-piété déclare avoir reçu un gage et avoir prêté une certaine somme sur ce gage.

    Dans le commerce, celui qui prend des marchandises pour les payer dans un terme convenu, reconnaît par écrit qu'il payera telle somme ; et cette reconnaissance, entre les mains de celui à qui il la fait, se nomme créance, parce qu'elle est un titre, sur lequel on doit croire qu'on sera payé — CONDIL.

    Le portefeuille rempli de reconnaissances du mont-de-piété — Louis-Benoît Picard (1769-1828)

  8. Reconnaissance de promesse ou d'écriture, acte par lequel un homme reconnaît qu'une promesse est de lui. Faire la reconnaissance d'un billet, vérifier si un billet qu'un homme nie être de lui en est réellement. Reconnaissance d'enfant, acte par lequel on reconnaît être le père ou la mère d'un enfant naturel.

    La reconnaissance d'un enfant naturel sera faite par un acte authentique, lorsqu'elle ne l'aura pas été dans son acte de naissance

  9. Action de reconnaître un gouvernement, un culte. La reconnaissance de la République française par le roi de Prusse. La reconnaissance légale de la liberté des cultes.

  10. Action d'avouer, de reconnaître un fait. Confession d'une faute.

    En 1644, vous avez reconnu qu'elle [une certaine maxime] est détestable ; et en 1656, vous avouez qu'elle est du P. Bauny ; cette double reconnaissance me justifie assez — Pascal (1623-1662)

    Lorsqu'on vit dans le milieu de cette lettre [écrite par Condé mourant à Louis XIV] ces fautes dont le prince faisait une si sincère reconnaissance — Bossuet (1627-1704)

  11. Souvenir affectueux d'un bienfait reçu, avec désir de s'acquitter en rendant la pareille. Il se dit quelquefois au pluriel.

    Quelle reconnaissance, ingrate, tu me rends Des bienfaits répandus sur toi, sur tes parents ! — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ce qui fait le mécompte dans la reconnaissance qu'on attend des grâces que l'on a faites, c'est que l'orgueil de celui qui donne, et l'orgueil de celui qui reçoit, ne peuvent convenir du prix du bienfait — La Rochefoucauld (1613-1680)

  12. Récompense accordée pour un bon office (sens aujourd'hui peu usité). Il a fait votre commission avec zèle ; cela mérite une légère reconnaissance.

    S'il me fait part de sa toute-puissance, Ce sera moins un don qu'une reconnaissance — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Reconnaissant ; bourguig. recogneussance ; wallon, riknohanss ; prov. reconaissensa, regonoyssensa ; port. reconhecença ; ital. riconoscenza.

Historique : XIe s. Montjoie [il] escrie pur la reconnuissance [pour se faire reconnaître] XIIe s. Il vest l'osberc sur la reconoisance [blason] Mais de ce traïtor qui m'a fait tel pesance, Ne pui-je donc avoir nulle reconoisance [reconnaître, punir ce que m'a fait ce traître] ? En la lei fud cumanded que se l'um anumbrast le pople, que chascuns de ces ki fust anumbrez feist recunuissance à nostre seignur Hauz sont les murs, et la tor grant et ample, Et le palès et les reconnoissances XIIIe s. Reconnoissance est quant li hom ne nie ne ne deffent pas le fait, mais il demande que l'om li pardoint Et pour sa …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action par laquelle on retrouve dans sa mémoire l’idée, l’image d’une chose ou d’une personne quand on vient à la revoir. Une lettre fut cause de leur mutuelle reconnaissance. Il reconnut les meubles qu’on lui avait volés; et, après que la reconnaissance qu’il en fit eut été vérifiée devant le juge, ils lui furent délivrés.

  2. En termes de Marine, Signaux de reconnaissance, Signaux convenus faits entre deux navires, ou entre un navire et la terre, pour se reconnaître.

  3. RECONNAISSANCE Se dit aussi de l’Action d’examiner en détail et avec soin certains objets pour en constater l’espèce, le nombre, etc. Faire la reconnaissance des lieux, des meubles, des papiers. La reconnaissance sera longue.

  4. Il se dit encore d’un Acte par lequel on reconnaît qu’on a reçu quelque chose, soit par emprunt, soit en dépôt, ou pour reconnaître qu’on est obligé à quelque chose. Il me donna ses pierreries en garde, je lui en donnai ma reconnaissance. Il m’a passé une reconnaissance de la rente, de la pension qu’il me doit. Une reconnaissance de dette. Une reconnaissance du Mont-de-Piété.

  5. Reconnaissance de promesse ou d’écriture, Acte par lequel un homme reconnaît qu’une promesse est de lui, que l’écriture qu’on lui présente est de sa main. Il avait fait une promesse sous-seing privé, et il en a passé reconnaissance, sa reconnaissance par-devant notaires.

  6. Reconnaissance d’enfant, Acte par lequel on reconnaît être le père ou la mère d’un enfant naturel. Il n’y eut de reconnaissance que de la part du père.

  7. RECONNAISSANCE signifie encore Aveu, confession d’une faute. Cette prompte reconnaissance de sa faute lui en a mérité le pardon.

  8. En termes de Diplomatie, il se dit de l’Action de reconnaître, d’admettre comme légal un gouvernement étranger. La reconnaissance de ce gouvernement par l’Angleterre ne se fit point attendre.

  9. Il signifie aussi Gratitude, souvenir des bienfaits reçus. Reconnaissance émue. Avoir de la reconnaissance. Témoigner sa reconnaissance. Il a des droits à ma reconnaissance. Vous pouvez compter sur ma reconnaissance. Il a fait cela par reconnaissance. Il m’a rendu de grands services, j’en aurai, j’en conserverai une éternelle reconnaissance. Il manque de reconnaissance envers son bienfaiteur. Je suis pénétré de reconnaissance pour toutes vos bontés. Recevez ce présent en reconnaissance de ce que vous avez fait pour moi.

  10. En termes de Guerre, il désigne l’Action d’examiner la position, la nature d’un terrain et les dispositions de l’ennemi. Le général a envoyé un détachement faire une reconnaissance. Opérer une reconnaissance. Cette troupe est allée en reconnaissance. On les a envoyés en reconnaissance.

  11. En termes de Marine, il se dit de l’Action d’apercevoir, de découvrir, d’explorer des côtes, des rades, etc., en naviguant. Il fit la reconnaissance d’une baie qui avait échappé à tous les autres navigateurs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • reconnaissances — pluriel — /ʁəkɔnɛsɑ̃sə/ ou /ʁəkonɛsɑ̃sə/
  • reconnaissance — singulier — /ʁəkɔnɛsɑ̃sə/ ou /ʁəkonɛsɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée reconnaissance#52392.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.