récompensé · récompense

récompensé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. À qui on a donné récompense. Ironiquement.

    C'est en servant l'État qu'il est récompensé — Voltaire (1694-1778)

    La Virginie, nommée ainsi en l'honneur de la reine Élisabeth, peuplée d'abord par les soins du fameux Raleig, si cruellement récompensé depuis par Jacques Ier — Voltaire (1694-1778)

  2. Pour quoi on a donné récompense.

    Ce qu'elle a fait pour vous est mal récompensé — Pierre Corneille (1606-1684)

    Si près de voir mon feu récompensé, ô Dieu ! l'étrange peine ! En cet affront mon père est l'offensé, Et l'offenseur le père de Chimène ! — Pierre Corneille (1606-1684)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • récompensées — pluriel féminin
  • récompensés — pluriel masculin
  • récompensée — singulier féminin
  • récompensé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée récompensé#102036.

récompense

nom, féminin, /ʁekɔ̃pɑ̃sə/ ou /ʁɛkɔ̃pɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ce qu'on donne à quelqu'un qui a bien fait, ou en reconnaissance d'un service. En récompense de son dévouement.

    Ce bâton [de maréchal] qui fait la récompense de tous les autres services — Mme de Sévigné (1626-1696)

    La gloire est souvent donnée à ceux qui la désirent ; mais en cela ils ont reçu leur récompense, dit le Fils de Dieu, ils ont été payés selon leurs mérites — Bossuet (1627-1704)

  2. En un sens contraire, châtiment. Recevoir la récompense de son crime.

    Ton insolence, Téméraire vieillard, aura sa récompense — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tu le verras, méchant, plus tôt que tu ne penses, Attends, attends de lui tes dignes récompenses — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Dédommagement, compensation. Pour récompense de ses sacrifices, on lui accorda une pension. Terme de jurisprudence. Compensation pécuniaire due soit à la communauté par un des époux, soit à l'un des époux par la communauté, lorsqu'on liquide cette communauté après la dissolution.

    Il n'est pas possible de leur faire prendre récompense d'une chose, quand elle est perdue ; ils veulent le même, non le semblable — Guez de Balzac (1597-1654)

    On sut que Mme de Clérembault avait donné sa démission de la charge de dame d'honneur de Madame, et Monsieur la donna à Mme la duchesse de Ventadour gratis, et promit 40000 écus de récompense à Mme de Clérembault — Dangeau (1638-1720)

  4. En récompense, loc. adv. En revanche, par une sorte de compensation.

    L'on mange peu, l'on boit en récompense — La Fontaine (1621-1695)

    .. que, si Vasquez n'oblige pas les riches de donner l'aumône de leur superflu, il les oblige en récompense de la donner de leur nécessaire — Pascal (1623-1662)

Étymologie : Voy. RÉCOMPENSER ; wallon, reskonpeinss. L'ancienne langue a eu recompensation.

Historique : XVe s. Quant le roi Boort le veit à terre, il le regarda et dist : traystre desloyal, tant ay ores poure recompense du dommaige que tu m'as faict XVIe s. Toute la justice des hommes assemblée en un monceau ne suffiroit pas à la recompense d'un seul peché Elle [la loi divine] nous appelle à soy ainsi faultiers et detestables comme nous sommes.... mais encores, en recompense, la faut il regarder de bon œil

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Bien qu’on fait à quelqu’un, en reconnaissance d’un service ou en faveur de quelque bonne action. Promettre, donner, refuser une récompense. Recevoir, obtenir récompense. Mériter récompense. Décerner des récompenses. Récompense proportionnée au mérite. La vertu est à elle-même sa récompense. Il espère récompense. Il n’attend de récompense, sa récompense que de Dieu. C’est une récompense due à son mérite. On lui a donné ce poste en récompense de ses services. Il a reçu ce livre en récompense. C’est ce qu’il a eu comme récompense. Voilà toute la récompense que j’en ai eue.

  2. Il s’emploie souvent par antiphrase. C’était un méchant homme, il a eu la récompense qu’il méritait.

  3. Il signifie aussi Compensation ou dédommagement. On lui donna tant pour récompense des pertes qu’il avait faites. Il faut lui accorder quelque récompense pour le dommage qu’il a souffert. Pour récompense, on lui donna une pension. Il vieillit dans cette acception.

  4. Il désigne particulièrement, en termes de Jurisprudence, l’Indemnité ou le remploi dû lorsqu’on fait des liquidations de communautés conjugales ou de successions. Récompense due à la communauté par les époux, aux époux par la communauté.

  5. EN RÉCOMPENSE

  6. loc. adv.

  7. Par une sorte de compensation, en retour. Je vous prie de me rendre ce bon office, et en récompense je ferai pour vous telle chose.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • récompenses — pluriel — /ʁekɔ̃pɑ̃sə/ ou /ʁɛkɔ̃pɑ̃sə/
  • récompense — singulier — /ʁekɔ̃pɑ̃sə/ ou /ʁɛkɔ̃pɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée récompense#54713.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.