rébus
nom, masculin, /ʁebys/ ou /ʁɛbys/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Jeu d'esprit qui consiste à exprimer, au moyen d'objets figurés, ou d'arrangements, les sons d'un mot ou d'une phrase entière, qui reste à deviner, par exemple : pir vent venir un vient d'un représente un sous pir, vient sous vent, d'un sous venir, qui s'explique par : un soupir vient souvent d'un souvenir. Deviner un rébus.
Qui n'avait jamais rien lu que les étrennes mignonnes et les rébus que l'on voit sur les écrans — CARACCIOLI
Équivoque, mot pris en un autre sens que celui qui est naturel. Un vieux rébus.
Cela fit le conseil résoudre D'envoyer vers Monsieur Phébus, Qui ne parle que par rébus — Scarron (1610-1660)
Obligé d'être attentif à toutes les sottises qui se disent et à tous les compliments qui se font, et de fatiguer incessamment ma minerve pour ne pas manquer de placer à mon tour mon rébus et mon mensonge — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Mauvais jeu de mots, mauvaise plaisanterie.
Ceux qui les traitent [les femmes] avec moins de rigueur, les comparent aux mules et aux chèvres, et font exactement convenir leurs humeurs capricieuses aux fougues de ces extravagants animaux ; à quoi ils ajoutent une multitude de rébus et de proverbes autant ridicules qu'ils sont indignes des femmes — MARG.
Elle qui, dans son enjouement, Sans être obscure ni caustique, Saurait bien faire une réplique Aux rébus de vos campagnards, Qu'on voit à leur style rustique, N'avoir rien lu que des Ronsards — Chaulieu (1639-1720)
Écriture in rebus (on prononce in' ré-bus', comme en latin), écriture dans laquelle on exprime par des figures les choses qu'on veut dire. Certaines peuplades sauvages se servent d'une écriture in rebus.
Étymologie : Tiré, dit Ménage, de pièces satiriques que les clercs de Picardie composaient tous les ans à l'époque du carnaval, et qui, roulant sur les affaires du temps, étaient dites de rebus quae geruntur.
Historique : XVIe s. Sur toutes les folastres inventions du temps passé, j'entends depuis environ trois ou quatre ans en ça, on avoit trouvé une façon de devise par seules peinctures qu'on souloit appeler des rebus Car en rebus de Picardie Une faux, une estrille, un veau, Cela fait estrille fauveau Ces choses faictes, devotement se transpourtoyent en la saincte chapelle, ainsy estoyt en leurs rebus nommée la cuisine claustrale Ceux de la ville d'Arras en Artois ont esté de grands causeurs de tout temps, et font des rencontres qu'on appelle des rebus d'Arras
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Jeu d’esprit qui consiste à représenter un mot, un nom ou une phrase par des figures d’objets dont les noms offrent à l’oreille une ressemblance avec ce mot, ce nom, cette phrase. Deviner des rébus.
Il signifie, par extension, énigme. Cette phrase est obscure, c’est un vrai rébus.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- rébus — forme de base — /ʁebys/ ou /ʁɛbys/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rébus#54626.