rebours

rebours

adjectif, /ʁəbuʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873) — entrée 2

adj.

  1. Terme familier. Qui est à contre-poil, revêche, peu traitable. Humeur rebourse.

    Maître Isaac Gripon, d'une âme fort rebourse, Ferme, depuis un an, les cordons de la bourse — Voltaire (1694-1778)

    Demandez à vos agréables s'il est aisé d'étaler son caquet avec un esprit aussi rebours que celui-là — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Cheval rebours, cheval qui s'arrête, recule, ou rue, en dépit des corrections.

  3. Bois rebours, ou de rebours, bois qui est rempli de nœuds, et dont les fibres ne sont pas droites, de sorte qu'on a de la peine à le travailler.

    Le bois du tronc dont la croissance est beaucoup retardée, devient noueux, rebours, et presque impropre à toute autre chose qu'à brûler — BOSC

Étymologie : Rebours 1.

Historique : XIIe s. Vus querez la metlée, s'od arme i alez [si vous y allez avec arme] ; Vostre espée est reburse [émoussée], ses brans est acerez ; S'il traist sur vus s'espée, sustenir nel purrez XIIIe s. Qui donne benefice pour epargnier sa bourse, Je di que ceste paie est parverse et rebourse, Et si pert Dieu et s'ame qui tel avoir embourse XVe s. Mais il n'estoit point bien content De mettre sovent main en bource ; L'hostesse n'estoit point rebource, Et dist : ne vous en souciez ; Dieu merci j'ay argent assez XVIe s. Cestuy Taurus fut homme rebours et mal gratieux Les plus rebours poulains sont ceulx…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (3)
  • rebours — masculin — /ʁəbuʁ/
  • rebourses — pluriel féminin — /ʁəbuʁsə/
  • rebourse — singulier féminin — /ʁəbuʁsə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rebours#52291.

rebours

nom, masculin, /ʁəbuʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Le contre-poil des étoffes. Prendre le rebours d'une étoffe pour la mieux nettoyer.

  2. Fig. Le contre-pied, le contraire de ce qu'il faut.

    Le P. Castel a peu de méthode dans l'esprit ; c'est le rebours de l'esprit de ce siècle — Voltaire (1694-1778)

  3. À rebours, loc. adv. à contre-poil. Vergeter du drap à rebours. En sens contraire. Lire à rebours. Fig.

    Un homme d'esprit de ma connaissance voudrait qu'on étudiât et qu'on enseignât l'histoire à rebours, c'est-à-dire en commençant par notre temps et remontant de là aux siècles passés ; cette idée me paraît très juste et très philosophique — D'Alembert (1717-1783)

    Tout ce que vous avez été durant vos jours, C'est-à-dire un esprit chaussé tout à rebours — Molière (1622-1673)

  4. Au rebours, loc. adv.

    Au contraire, au contre-pied Le vrai secret pour avoir de la santé est que le corps soit agité et que l'esprit se repose.... pour l'ordinaire il nous arrive tout au rebours : lorsque nous pensons nous reposer, nous nous travaillons le plus — Voiture (1597-1648)

    Car je doute à présent si vous aimez Lucrèce, Et vous vois si fertile en semblables discours [mensonges], Que, quoi que vous disiez, je l'entends au rebours — Pierre Corneille (1606-1684)

  5. À rebours de, au rebours de, loc. prép. Contrairement à.

    Tout au rebours de la bonne donzelle — La Fontaine (1621-1695)

    Je sortirai d'une maison où tout va au rebours du sens commun — Diderot (1713-1784)

Étymologie : Bourg. rebor ; bas-lat. reburrus, rebursus, hérissé. D'après Diez, ce mot vient de re et de l'allem. Borste, poil, soie, dont le radical se trouve dans brosse, broussaille.

Historique : XIIe s. Qar issir [sortir] les ferai de lor paix à rebors [je les ferai écorcher] XIIIe s. U il aura hastif securs, U li esteut [il lui faut] vivre à reburs Trestout me vient arrebours, Tout adès sui esmaiiés, Que tous jours sui pourlongniés [éloigné] De joie avoir et secours On doit plaindre, et s'est honte à tous bons trouveours, Quant bonne matere est ordenée à rebours Dont evient que là où la lune est l'an prime, elle sera l'an après xj jors plus arrieres au rebours dou calendrier Ainsi se departi la cours ; Cele feste fu à rebous, Il i ot plus ploure que ris Et demeure li cuers [le cœur] …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sens contraire de ce qui est ou de ce qui doit être. Il se dit principalement du Contre-poil des étoffes. Prendre le rebours d’une étoffe pour la mieux nettoyer.

  2. Il s’emploie au figuré et désigne le Contre- pied, le contraire de ce qu’il faut. Vous n’expliquez pas bien cela, c’est tout le rebours de ce que vous dites. Il faut prendre tout le rebours de ce qu’il dit. Tout ce qu’il fait est le rebours du bon sens.

  3. à REBOURS, AU REBOURS

  4. loc. adv.

  5. En sens contraire, il s’emploie au propre et au figuré. Marcher à rebours. Brosser du drap à rebours. Il prend tout au rebours.

  6. à REBOURS DE, AU REBOURS DE, loc prép. à l’envers de, contrairement à. Au rebours, à rebours du bon sens. Il fait tout à rebours, au rebours de ce qu’on lui dit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • rebours — forme de base — /ʁəbuʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rebours#52290.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.