réaction

réaction

nom, féminin, /ʁɛaksjɔ̃/ ou /ʁeaksjɔ̃/

Définitions

  1. Manière de répondre à un événement, à une action ou à une sollicitation.

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  2. Transformation résultant de l'interaction entre des substances chimiques.

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  3. Attitude politique ou sociale opposée au progrès, favorable au retour à un ordre antérieur.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de physique. Action opposée à une autre ; résistance active à un effort quelconque. C'est par réaction que le corps élastique comprimé rebondit à la hauteur d'où il est tombé, et qu'un corps choqué frappe un autre corps avec le même intensité qu'il a été frappé lui-même.

    Il faut faire attention à ce principe certain, que la réaction est égale à la résistance que trouve l'action, ou qu'un corps qui en choque un autre, souffre dans ses parties la même compression qu'il produit dans l'autre — Malebranche (1638-1715)

    C'est une loi générale de la nature, que la réaction est égale et contraire à l'action — Laplace (1749-1827)

  2. Effort qui est suscité, en retour, par une action. Fig.

    Dans les mouvements physiques, l'action est toujours suivie d'une réaction — Montesquieu (1689-1755)

    L'action de ce feu [le feu central] est si grande, la force de l'explosion est si violente, qu'elle produit, par sa réaction, des secousses assez fortes pour ébranler et faire trembler la terre — Buffon (1707-1788)

  3. Terme d'équitation. La secousse plus ou moins forte que le cheval en action fait éprouver au cavalier qui le monte. Réactions douces. Réactions dures.

  4. Terme de chimie. La manifestation des caractères distinctifs d'un corps, provoquée par l'action d'un autre corps. Phénomènes entre des corps agissant les uns sur les autres.

    Les réactions générales qui ont lieu entre les métaux et les acides — Fourcroy (1755-1809)

  5. En physiologie et en pathologie, l'action organique qui tend à contre-balancer l'influence de l'agent morbifique par lequel elle a été occasionnée. Quelquefois aussi l'action par laquelle un organe irrité détermine l'activité normale ou morbide d'un autre organe qu'on dit alors irrité sympathiquement.

  6. En science sociale, action contraire suscitée par une action antécédente.

    Il en est [des parties d'un État] comme des parties de cet univers, éternellement liées par l'action des unes et la réaction des autres — Montesquieu (1689-1755)

    Il y a entre les puissances européennes une action et une réaction qui, sans les déplacer tout à fait, les tient dans une agitation continuelle — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  7. Il se dit de l'ensemble des actes d'un parti opprimé qui devient le plus fort. Plus particulièrement, le parti conservateur considéré comme s'opposant à l'action de la révolution. Après la chute de Robespierre, la réaction royaliste fut très violente dans le midi de la France.

Étymologie : Ré...., et action.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Physique — Action d’un corps sur un autre qui agit ou vient d’agir sur lui. La réaction est toujours égale à l’action.

  2. En termes de Chimie, il désigne des Modifications d’ordre chimique résultant de l’action d’un corps sur un autre.

  3. En termes de Physiologie, il désigne une Action de l’organisme en réponse à une excitation quelconque.

  4. RÉACTION se dit, dans le langage courant, d’une émotion que provoque un reproche, une menace, une nouvelle heureuse ou fâcheuse, etc. Il manque de sang-froid, ses réactions sont violentes. Je croyais l’affliger en lui apprenant cette nouvelle : sa réaction a été faible, a été nulle.

  5. Il se dit encore d’un Mouvement d’opinion qui agit dans un sens contraire au mouvement qui a précédé. Réaction politique, religieuse, philosophique, littéraire. La réaction contre le naturalisme, contre le positivisme.

  6. Il se dit particulièrement de l’Action d’un parti politique qui s’efforce de rétablir l’état de choses antérieur. La réaction thermidorienne.

  7. Il se dit plus particulièrement encore, et par ellipse, de ce Parti lui-même. Combattre la réaction, les menées de la réaction. L’opposition accusait les conservateurs de favoriser la réaction.

  8. Il se dit spécialement d’une Réaction dans le sens conservateur.

  9. En termes d’équitation, il désigne Chacun des mouvements plus ou moins vifs et brutaux d’un cheval, et chacune des secousses que ces mouvements font éprouver au cavalier. Ce cheval a les réactions dures.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • réactions — pluriel — /ʁeaksjɔ̃/ ou /ʁɛaksjɔ̃/
  • réaction — singulier — /ʁeaksjɔ̃/ ou /ʁɛaksjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée réaction#54564.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.