rançon

rançon

nom, féminin, /ʁɑ̃sɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Prix qu'on donne pour la délivrance d'un captif. Fig. Mettre à rançon, rançonner, piller. C'est la rançon d'un roi, se dit d'une somme qui paraît excessive. Il a payé cette terre six cent mille francs, c'est la rançon d'un roi.

    Je donne la liberté, sans aucune rançon, à tous les Juifs qui ont été emmenés captifs du pays de Juda — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Ses deux fils [de François 1er] furent prisonniers à sa place en qualité d'otages ; mais il les racheta pour de l'argent ; cette rançon, à la vérité, se monta à deux millions d'écus d'or, et ce fut un grand fardeau pour la France — Voltaire (1694-1778)

  2. Composition en argent au prix de laquelle un corsaire relâche un bâtiment de commerce qu'il a capturé.

    Il [Jean Bart] déclare que le 9 août, étant proche le Doggerbanc, il a pris un bâtiment hollandais, chargé de planches, et que, l'ayant gardé jusqu'au 11e, il est convenu de sa rançon avec le maître à la somme de dix mille florins argent de Hollande [en 1690],

Étymologie : Prov. reemsos, rezempto ; esp. redencion ; ital. redenzione ; du lat. redemptionem, de redimere, racheter, de re, red, indiquant retour, et emere, acheter. Rançon est une contraction de raençon.

Historique : XIIe s. Por pecheors [pécheurs] venir à raenson XIIIe s. Sire, il vous mandent et prient que vous prendés de lor signor raenchon ; et il vous en donront tant qu'il vous en venra en gré XVe s. ....Et vous laisserai venir à rançon legere et gracieuse [le roi d'Angleterre à messire Hervey son prisonnier] XVIe s. En laissant aller francs et sans payer rençon, ceulx qui y avoient esté pris prisonniers Ils [les vainqueurs chez les sauvages d'Amérique] ne demandent à leurs prisonniers aultre rançon que la confession et recognoissance d'estre vaincus

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Prix exigé pour la délivrance d’un captif ou d’un prisonnier de guerre. Mettre à rançon. Payer rançon. Payer la rançon d’un captif. Exiger une rançon. Prendre à rançon.

  2. Il s’est dit aussi de la Somme d’argent, moyennant laquelle un vaisseau de guerre ou un corsaire relâchait un bâtiment marchand ennemi qu’il avait capturé.

  3. Il se dit au figuré d’un Inconvénient par lequel on paie un avantage, un plaisir, un honneur. La goutte est souvent la rançon des plaisirs de la table. La rançon de la gloire, des honneurs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • rançons — pluriel — /ʁɑ̃sɔ̃/
  • rançon — singulier — /ʁɑ̃sɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rançon#51973.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.