rame
nom, féminin · /ʁamə/
Usage : d'usage courant (7.96 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Ensemble de wagons ou de voitures attelés formant une unité de circulation, notamment dans un métro ou un train
Longue pièce de bois utilisée pour faire avancer et diriger une embarcation
« Qui a donné aux oiseaux et aux poissons ces rames naturelles, qui leur font fendre les eaux et les airs ? »Bossuet (1627-1704)
« Mme d'Aiguillon assiste-t-elle dans un de nos ports ces misérables forçats qui, dans leurs prisons flottantes, gémissent sous le travail de la rame.... »Fléchier (1632-1710)
Paquet de cinq cents feuilles de papier
« Quelques-uns me pourraient objecter que les livres publiés en langage allemand sur ce sujet [la rose-croix] surpassent en hauteur plus de deux rames de papier »Gabriel Naudé (1600-1653)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- rames : pluriel · /ʁamə/
- rame : singulier · /ʁamə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 4 · 1 sens
s. f.
Terme de rubanier. Nom des ficelles qui traversent les lisserons et dont le jeu est le principal artifice de tout le travail de la rubannerie.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 5 · 1 sens
s. f.
Nom d'un convoi de bateaux, sur certains canaux.
La navigation s'y effectue [dans les souterrains du canal Saint-Quentin] par rames ou convois dont le nombre de bateaux est d'ailleurs illimité ; ils sont traversés chaque jour par trois de ces rames, dont deux suivent la direction de ParisE. GRANGEZ
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 1 · 3 sens
s. f.
Petit branchage que l'on plante en terre pour soutenir des plantes grimpantes, et, en particulier, les pois, les haricots.
Les quenouilles du maïs étant destinées à servir de tuteurs ou de rames au légume grimpantChateaubriand (1768-1848)
Instrument pour sécher et tendre les pièces de drap.
La rame est un long châssis, ou un très grand assemblage de bois aussi large et aussi long que les plus grandes pièces de drap,
Outil de faïencier pour remuer la terre dans les baquets.
Étymologie : Bourg. rain ; picard, raime ; prov. ram, ramp ; ital. ramo ; du lat. ramus, branche, qui avait donné raim, et, par altération de genre, raime ou rame.
Historique : XIIIe s. Quatre-vingt milliers de reime La batoit d'un rain d'aiglentier ....moult a dur cuer qui n'aime, Quant il ot [entend] chanter sur la raime As oisiaus les dous chans piteus XVe s. Comme deux raims en une tige XVIe s. La palme et raim de louenge immortelle Vous mettrés les olives dans des pots, avec force sel menu, dispersant le fruit et le sel par littées, avec du fenouil en rame parmi
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 3 · 3 sens
s. f.
Mesure usitée en papeterie et qui est de vingt mains de papier. La rame de papier contient cinq cents feuilles. Mettre à la rame, se disait autrefois pour mettre au pilon, en parlant d'un livre.
Quelques-uns me pourraient objecter que les livres publiés en langage allemand sur ce sujet [la rose-croix] surpassent en hauteur plus de deux rames de papierGabriel Naudé (1600-1653)
Terme de tapissier. Vingt rouleaux de papier de tenture.
Réunion de deux porses de la cuve, dans une papeterie.
Étymologie : Espagn. et portug. resma ; ital. risma ; dan. riis ; suéd. ris ; angl. ream ; holl. riem. D'après Souza, ce mot vient de l'arabe rizma, paquet d'habits. M. Dozy, Gloss. p. 333, a mis hors de doute cette étymologie, montrant que rizma signifiait ballot en général, et, en particulier, ballot de papier, rame. Dans le passage en Occident, l's s'est perdue en plusieurs langues. À l'objection de Diez qu'il est contre la vraisemblance que l'Europe eût reçu ce mot des Arabes, il oppose que le papier de coton, qui précéda le papier de chiffon, avait en Espagne des fabriques renommées, d'où les chrétien
Historique : XIVe s. Pour quatre raymes de papier pour escrire lettres closes XVIe s. Si je te voulois instruire et t'informer de tous les preceptes qui appartiennent à la poesie heroique, il me faudroit une rame de papier
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 2 sens
s. f.
Longue pièce de bois avec laquelle on fait marcher une embarcation. Fig. Chez les anciens, navire à deux rangs de rames, à trois rangs de rames, à quatre rangs de rames, à cinq rangs de rames, dit birème, trirème, quadrirème, quinquérème ; on ne sait plus comment les rames y étaient disposées. Il y avait même des navires à vingt, à quarante rangs de rames.
Sa Majesté veut qu'il fasse donner à l'avenir des rames aux vaisseaux qui seront armés contre les corsaires de SaléSEIGNELAY
Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos ramesJean Racine (1639-1699)
Dans le moyen âge on se servait de galères qui allaient à la rame, et dont l'usage a subsisté jusque dans le XVIIIe siècle ; les rames y étaient mues par des forçats. Tirer à la rame. Tirer la rame. Mettre à la rame, condamner aux galères. Mariniers de rames, dits aussi bonnes-voglies (bonnes volontés ; prononcez volle, ll mouillées), se disait autrefois, sur les galères, de ceux qui se louaient pour servir pendant un certain temps, par opposition aux forçats. Être à la rame, être rameur. Fig. Être à la rame, tirer à la rame, travailler beaucoup, être dans un emploi très pénible. J'aimerais autant être à la rame, tirer à la rame, se dit lorsqu'on est dans une servitude fâcheuse, ou qu'on est appliqué à un travail fort pénible.
Mme d'Aiguillon assiste-t-elle dans un de nos ports ces misérables forçats qui, dans leurs prisons flottantes, gémissent sous le travail de la rame....Fléchier (1632-1710)
La révocation de l'édit de Nantes mit nobles, riches, vieillards, gens aisés, faibles, délicats, à la rame et sous le nerf très effectif du comiteSaint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Provenç. rem ; espagn. et ital. remo, du lat. remus ; comparez le grec ἐρετμὸς et le sanscr. aritra, qui meut. On a contesté cette étymologie, et dit que remus aurait fait rein ; mais il a fait rein en effet, comme on voit à l'historique.
Historique : XIIe s. Ne nos est remis [resté] quirs ès mains De l'angoisse de traire as reins XVe s. Dieu merci, à bon port venimes Par vent, par singles et par rimes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens
n. f.
Pièce de bois en forme de pelle qui sert à manoeuvrer une embarcation. Il s’emploie surtout en parlant de la Navigation sur les rivières, les lacs; pour la navigation sur mer, on emploie de préférence son synonyme AVIRON. Le plat ou la pale d’une rame. Le manche d’une rame. Manier la rame. Les galères étaient des bâtiments à rames. Galère à trois rangs de rames. Faire force de rames. Lever les rames.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée rame#51879.