rachat

rachat

nom, masculin, /ʁaʃa/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de racheter. À peine avait-il vendu sa maison, que, se ravisant il en proposa le rachat à l'acquéreur. Terme de jurisprudence. Faculté ou pacte de rachat, faculté stipulée par le vendeur, de recouvrer la chose vendue, en remboursant dans un certain délai à l'acquéreur le prix ainsi que les frais et loyaux coûts que celui-ci a payés. On dit aussi faculté ou pacte de réméré. Le rachat d'une rente, d'une pension, le payement d'une certaine somme pour amortir, pour éteindre une rente, une pension. On dit de même : le rachat d'une servitude. Rachat de marchandises, payement d'une certaine somme, pour obtenir la restitution des marchandises capturées en mer par un corsaire.

    L'acquéreur à pacte de rachat ne peut user de la faculté d'expulser le preneur, jusqu'à ce que, par l'expiration du délai fixé pour le réméré, il devienne propriétaire incommutable

    Nous sommes sur le point d'en voir une bien cruelle [une vérité], qui est le rachat de nos rentes sur un pied qui nous envoie droit à l'hôpital ; l'émotion est grande, mais la dureté l'est encore plus — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Délivrance, rédemption. Le rachat du genre humain, la rédemption opérée par Jésus-Christ.

    On était convenu de part et d'autre que le prix du rachat des prisonniers serait, par tête, de cinq cents livres pour une personne libre, et de la moitié pour un esclave — Rollin (1661-1741)

    Les Thébains accordent la faculté du rachat aux captifs que le sort des armes fait tomber entre leurs mains, à moins que ces captifs ne soient nés en Béotie ; car alors ils les font mourir — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  3. En matière féodale, somme à laquelle était estimé le revenu d'une année du fief qui devait le droit de relief.

Étymologie : Re..., et achat.

Historique : XIIIe s. Li tiers cas, si est que nus fiés [nul fief] qui vient en descendant ne doit racat au segneur XVe s. Le comte commanda que l'on ardist tout, si des rachats à argent les herauts n'avoient leur devoir [II] le ferit si que il luy perça l'escu et le haulbert, et luy fist son glaive passer parmy le gros du cueur, et l'abatit mort sans rachapt XVIe s. Rachapt est le revenu d'une année choisie en trois immediatement précedentes, le dit [l'arbitrage] des pairs, ou une somme de deniers pour une fois, au choix du seigneur

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action de racheter. Vendre avec faculté de rachat, à condition de rachat. Le rachat des chemins de fer par l’état. Le rachat d’une rente, d’une pension, Le paiement d’une certaine somme pour l’amortissement, pour l’extinction d’une rente, d’une pension. On dit de même Le rachat d’une servitude.

  2. RACHAT signifie aussi Délivrance, rédemption. Le rachat des captifs. Notre-Seigneur a donné son sang pour le rachat du genre humain.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • rachats — pluriel — /ʁaʃa/
  • rachat — singulier — /ʁaʃa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rachat#51531.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.