rabattre
verbe, /ʁabatʁə/
Définitions
Replier quelque chose ou le faire descendre contre une surface.
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Retrancher une somme d'un prix, consentir une diminution.
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Diriger le gibier ou des personnes vers un endroit déterminé.
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Voir aussi : donne se rabattre
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (20 sens) — Académie 1935 (21 sens)
Littré (1873)
v. a.
Mettre plus bas, faire descendre. Le vent rabat la fumée. Rabattre le collet de son habit.
Je mis un chapeau dont je rabattis le voile — Mme de Genlis (1746-1830)
On sait que quelques fleurs radiées rabattent pendant la nuit leurs fleurons extérieurs — DE CANDOLLE
Terme d'escrime. Rabattre un coup, le parer en rabaissant le fer de son ennemi. Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens qui se querellent. Ils se disputaient avec violence ; je fis tout ce que je pus pour rabattre les coups. Rabattre les coups, se dit aussi des bons offices que l'on rend auprès d'un homme puissant en faveur de quelqu'un contre qui il était prévenu. Le préfet était indisposé contre vous, mais votre ami a rabattu les coups. Enfin, rabattre les coups signifie préserver de périls, de mauvaises affaires.
Et, s'il s'obstine à suivre un injuste courroux, Nous saurons, ma princesse, en rabattre les coups — Pierre Corneille (1606-1684)
Le parlement d'Angleterre nous hait fort ; mais le roi rabat les coups — BUSSY
Aplatir. Rabattre les plis. Rabattre une couture, faire un léger rempli à un des côtés de l'étoffe restée au-dessus de la couture, par exemple le côté droit, le plier à plat sur le côté gauche, et l'assujettir par un point d'ourlet de manière que la coupure de l'étoffe ne se voie ni ne se défile. Populairement et fig. Rabattre les coutures à quelqu'un, le frapper sur le dos ou sur les épaules, et, en général, sur les parties du corps recouvertes d'un vêtement. Terme de labourage. Rabattre les avoines, faire passer un rouleau dessus, lorsqu'elles sont déjà levées. Rabattre les ornières, les sillons, y rejeter la terre qui est sur le bord et les remplir
Terme de jardinage. Rabattre un arbre, le couper jusqu'à la naissance des branches ; le but de cette opération est de le rajeunir en le forçant à pousser de nouvelles branches. Rabattre une branche, la raccourcir.
Dégrossir le marbre avec le rabot. Couper en biseau la sertissure d'un bouton. Abaisser les côtes trop marquées d'une pièce d'orfévrerie. Former la tête d'un clou. Terme de serrurerie. Synonyme de parer. Effacer à petits coups les inégalités que le marteau a laissées sur une pièce de serrurerie. Se dit de l'action du maréchal qui frappe sur le fer rouge qu'il forge. Rabattre en premier, se dit lorsqu'il y a trois frappeurs à l'enclume. Rabattre en second, se dit lorsqu'il y en a quatre. Rabattre court, frapper le plus promptement possible après le premier frappeur. Terme de tonnelier. Rabattre un fût, en resserrer les ais.
Terme de manége. Rabattre les courbettes, forcer un cheval qui travaille à courbettes, de poser à terre, en un seul et même temps, les deux pieds à la fois. Absolument. Ce cheval rabat bien, il rabat bien ses courbettes. Terme de manége. Le cavalier rabat l'impétuosité d'un cheval, lorsqu'il parvient à le subjuguer.
Terme de chasse. Rabattre le gibier, battre la campagne pour forcer le gibier à aller à l'endroit où sont les chasseurs. Absolument.
On ne me vit jamais prodigue de louanges ; Mais ils ont rabattu comme de petits anges — Collin d'Harleville (1755-1806)
Terme de jeu de quilles. Abattre des quilles du lieu où s'est arrêtée la boule qui, lancée du but, a abattu des quilles À la longue paume, rabattre, renvoyer la balle à la partie adverse, le plus près de terre qu'il est possible.
Terme de palais. Le juge rabat un défaut quand, à l'audience, il révoque le défaut qu'il avait donné contre une des parties, faute par elle d'avoir comparu.
Fig. Mettre au-dessous. Réprimer, humilier, rabaisser. Familièrement. Rabattre le caquet, Voy. RABAISSER.
Quelques philosophes, entre autres Descartes et Malebranche, ont voulu rabattre la puissance animale au-dessous de la végétale — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Je saurai bien rabattre une humeur si hautaine — Pierre Corneille (1606-1684)
Faire quelque réduction sur le prix d'une chose qu'on veut vendre. Il n'en rabattrait pas un sou. Faire quelque réduction sur le prix d'une chose qu'on veut acheter ou qu'on paye. Il rabattit tant sur la facture. Absolument. Offrir moins que le marchand ne veut vendre. Absolument. Diminuer un impôt, une charge. Il se dit aussi d'une retenue qu'on fait. Fig. Fig. Rabattre une chose à sa juste valeur, la réduire à ce qu'elle vaut effectivement. Ne rien rabattre, ne rien diminuer, amoindrir. Il n'y a rien à rabattre, il faut prendre la chose telle qu'elle est. N'en vouloir rien rabattre, ne vouloir rien diminuer de ses prétentions. J'en rabats beaucoup, se dit d'une personne qu'on vient à estimer moins qu'on ne faisait auparavant. On a dit dans le même sens : j'en rabats la moitié, j'en rabats de moitié. J'en rabats quinze, j'ai perdu beaucoup de l'estime que j'avais pour lui.
Ceux qui voudront acheter tâcheront de rabattre sur tous ces profits ; et ils rabattront avec d'autant plus de facilité, que les marchands, en plus grand nombre, seront plus pressés de vendre — CONDIL.
Nous avons affaire de lui ; ne lui rabattez rien — Dancourt (1661-1725)
Diminuer un nombre quelconque. Retrancher. Fig.
Elle le répéta vingt fois [qu'il y avait eu douze cents volailles servies à une noce], et n'en voulut jamais rabattre un seul poulet — Mme de Sévigné (1626-1696)
Votre monsieur d'Aix a une abbaye de six mille livres de rente.... il vous dira qu'elle en vaut douze ; rabattez la moitié — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de teinturier. Corriger une couleur trop vive. Terme de tanneur. Mettre les peaux dans un plain-mort, de huit en huit jours pour les ramollir.
....[Pour les couleurs d'olives] étant passés en couleur de vert, seront rabattus avec suie de cheminée ; et, selon l'œil qu'il leur faut, le teinturier leur donnera le rabat
V. n. Rabattre de, ne pas conserver à un même degré. Rabattre de l'estime qu'on avait pour quelqu'un, ne plus l'estimer autant. Il en faut rabattre, on ne peut plus conserver les mêmes prétentions.
De moment en moment, son âme plus humaine Abaisse sa colère et rabat de sa haine — Pierre Corneille (1606-1684)
Les Athéniens, depuis la perte des deux batailles de Délie et d'Amphipolis, avaient beaucoup rabattu de leur fierté — Rollin (1661-1741)
Se détourner tout d'un coup de son chemin pour en prendre un autre. Vous rabattrez à main droite. Fig.
En ce cas je pourrais rabattre sur la veuve, La comtesse sa sœur — Regnard (1655-1709)
Se rabattre, v. réfl. Être rabattu. Les nuages chargés de pluie se rabattent. Le col de cet habit se rabat sur les épaules.
Se détourner tout d'un coup d'un chemin pour passer dans un autre. L'armée, après divers mouvements, se rabattit sur la ville. Fig.
Dans l'hiver elles se rabattent sur les rivières et les fontaines chaudes ; elles y vivent de cresson et de cerfeuil sauvage — Buffon (1707-1788)
En me rabattant ensuite sur ma gauche, je me rendis à Bowood — MORELLET
Fig. Changer tout à coup de propos dans la conversation. Il se rabattit sur les nouvelles du jour.
Pour me rabattre au sujet dont il s'agit, il suffira de savoir qu'aux entrées, il y a eu souvent des disputes entre les duchesses et les princesses étrangères pour la préséance — Saint-Simon (1675-1755)
Se borner, se restreindre.
On se rabat à un genre de vie plus à portée des sens — Massillon (1663-1742)
Il se rabattit à demander qu'au moins il eût le commandement... — Rollin (1661-1741)
Terme de chasse. Un limier se rabat lorsqu'il donne quelque connaissance à celui qui le mène (Almanach du chasseur).
Étymologie : Re..., et abattre ; wallon, rabatt
Historique : XIIIe s. Se il sont au marchié en tele maniere que on rabatist un denier, ou plus ou mains.... Se li sergans requiert à son segneur qu'il rabate de ses rechoites [recettes] aucuns paiements ou aucunes depenses XIVe s. Toutes autres choses reffusées et rabattues Donnons en mandement à nos amez et feaux les gens tenans nostre parlement, qu'il facent rabattre [biffer] de nos registres le ban.... Au Liegeois pour aller.... quatre sols le jour et ses frais, rabatut ce que on rent à.... Vous contés sans rabatre, si ait m'ame pardon XVe s. Tel compte haut qui après en rabat Portoit chascun d'eux une …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Rabaisser, faire descendre. Rabattre ses cheveux sur son front. Le vent rabat la fumée. La fumée se rabat. Un col de chemise qui se rabat sur les épaules.
Rabattre les plis d’une robe, Les aplatir.
Couture rabattue, Celle sur laquelle on a rabattu le bord de, l’étoffe.
Col rabattu, Col qui se replie et se rabat sur lui-même. Des cols droits et des cols rabattus.
En termes d’Escrime, Rabattre un coup, Le détourner, le rompre en rabaissant le fer de son ennemi. On lui porta un coup d’épée, et il le rabattit.
En termes de Labourage, Rabattre les avoines, Faire passer le rouleau sur les avoines déjà levées, pour aplanir la terre.
Rabattre les ornières, les sillons, Les remplir de la terre qui s’est élevée au bord.
Rabattre un arbre, Le couper de manière qu’il ne soit plus aussi élevé. On dit de même : Rabattre une branche, La couper afin que la partie conservée produise un rameau plus vigoureux.
RABATTRE s’emploie figurément et signifie Abaisser, réprimer. Rabattre l’orgueil, la hauteur, le ton, la fierté de quelqu’un.
Fam., Rabattre le caquet de quelqu’un, à quelqu’un, Le faire taire.
RABATTRE signifie aussi Diminuer, retrancher de la valeur d’une chose, du prix qu’on en demande. Il faut rabattre beaucoup du prix que vous demandez. Un marchand qui vend sa marchandise sans en rien rabattre. Il n’en rabattrait pas un sou. Fig., Rabattre de l’estime qu’on avait pour quelqu’un. Il y a beaucoup à rabattre de ce qu’il dit. Il faut en rabattre de moitié.
Il n’en veut rien rabattre se dit d’un Homme qui, dans une affaire, ne veut rien diminuer de ses prétentions.
Fig. et fam., J’en rabats beaucoup, se dit en parlant d’une Personne qui a donné lieu de l’estimer moins qu’on ne faisait auparavant.
Fig. et fam., Il faut bien en rabattre, Il faut bien revenir sur ce que l’on pensait, sur ce qu’on avait espéré, sur ce que quelqu’un a dit.
Tout compté, tout rabattu ou Tout bien compté et rabattu, Tout bien examiné.
En termes de Procédure, Rabattre un défaut, se dit lorsque, à l’audience, le juge révoque le défaut qu’il avait donné contre une des parties, faute par elle d’avoir comparu.
RABATTRE signifie encore Ramener vivement vers un endroit. Le général rabattit l’ennemi sur ses positions. L’armée ennemie se rabattit sur telle place. Les perdrix se sont rabattues dans cette pièce de blé.
En termes de Chasse, Rabattre le gibier, Battre la campagne pour pousser le gibier vers des filets ou des panneaux tendus, ou vers la ligne des chasseurs. Il s’est fait rabattre le gibier. On lui a rabattu le gibier.
RABATTRE est aussi intransitif, et alors il signifie Quitter un chemin et se détourner tout d’un coup pour passer dans un autre. Quand vous serez en tel lieu, vous rabattrez à main droite. Il faut rabattre par tel endroit.
SE RABATTRE se dit aussi au figuré, de Celui qui, après avoir parlé de quelque matière, change tout d’un coup de propos. Après avoir parlé quelque temps de choses indifférentes, Il se rabattit sur la politique.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (51)
- rabattrions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatʁijɔ̃/
- rabattrais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁabatʁɛ/
- rabattriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabatʁije/
- rabattrais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁabatʁɛ/
- rabattraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatʁɛ/
- rabattrait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /ʁabatʁɛ/
- rabattons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatɔ̃/
- rabattez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabate/
- rabats — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁaba/
- rabattrons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatʁɔ̃/
- rabattrai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁabatʁe/
- rabattrez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabatʁe/
- rabattras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /ʁabatʁa/
- rabattront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatʁɔ̃/
- rabattra — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /ʁabatʁa/
- rabattions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatjɔ̃/
- rabattais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁabatɛ/
- rabattiez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabatje/
- rabattais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /ʁabatɛ/
- rabattaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatɛ/
- rabattait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /ʁabatɛ/
- rabattîmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatimə/
- rabattis — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁabati/
- rabattîtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabatitə/
- rabattis — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /ʁabati/
- rabattirent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatiʁə/
- rabattit — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /ʁabati/
- rabattons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatɔ̃/
- rabats — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁaba/
- rabattez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabate/
- rabats — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁaba/
- rabattent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatə/
- rabat — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /ʁaba/
- rabattre — infinitif — /ʁabatʁə/
- rabattues — participe passé pluriel féminin — /ʁabaty/
- rabattus — participe passé pluriel masculin — /ʁabaty/
- rabattue — participe passé singulier féminin — /ʁabaty/
- rabattu — participe passé singulier masculin — /ʁabaty/
- rabattant — participe présent — /ʁabatɑ̃/
- rabattissions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatisjɔ̃/
- rabattisse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁabatisə/
- rabattissiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabatisje/
- rabattisses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /ʁabatisə/
- rabattissent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatisə/
- rabattît — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /ʁabati/
- rabattions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /ʁabatjɔ̃/
- rabatte — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /ʁabatə/
- rabattiez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /ʁabatje/
- rabattes — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /ʁabatə/
- rabattent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /ʁabatə/
- rabatte — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /ʁabatə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée rabattre#51441.